BFFF Weekly 54: Friendship can be at first sight too

22 Fév

FRA/ENGLISH

Cher Jimmy

Merci. Merci d’être honnête. La plupart du temps, la TV est obsédée par les méchants, les gentils et les circonstances extrêmes. Le déferlement Marvel cette saison sur le petit écran en est la plus récente manifestation. Avec vous Jimmy McGill, de la série Better call Saul, c’est tout le contraire qui se produit. Nous prenons conscience que, selon toute probabilité, nous allons devenir des anti héros du quotidien. Autrement dit, nous ne parviendrons pas tous au sommet. Même les petits malins qui ont choisi d’étudier le droit pour la sécurité. Car, à l’échelle de notre expérience commune, l’échec se hisse en pole position. Et, vous, Jimmy, vivez les choses comme elles sont. Sans fards. Sauf dans vos délicieuses plaidoiries. C’est pour cela qu’après trois épisodes seulement, vous êtes déjà l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine.

Votre vie craint et c’est très émouvant à regarder. Vous voir, vous, un avocat, vous battre pour joindre les deux bouts est une expérience épique et intime à la fois. Il faut, pour en prendre la mesure, avoir admis qu’on ne devient pas loser parce qu’on le mérite mais parce que l’existence adore nous jouer des tours. Du coup, les choses du quotidien relèvent d’une volonté héroïque et peuvent même finir par prendre une dimension poétique.

Lorsque nous sommes gamins, on nous raconte que si nous finissons nos épinards, tout ira bien dans la vie. Personne ne devrait pouvoir mentir ainsi impunément à un enfant. Même si, d’une certaine manière, ce mensonge est l’un des cadeaux les plus précieux que l’on puisse recevoir. Plus tôt nous prenons conscience de l’importance d’apprendre à gérer le médiocre, mieux nous serons capable de nous en sortir. Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter de rêver. Simplement que nous avons à notre disposition une représentation assez exacte de la réalité.

Voyez-vous Jimmy, vous êtes un homme brillant. Votre bagout vous permet de vous sortir des situations les plus désespérées en payant le prix minimal. Avec un tel talent, vous devriez être président, présentateur du JT ou pubard star comme un autre beau parleur prénommé Don. Pourtant, vous n’êtes rien de tout cela. Il faut reconnaître que vivre à Albuquerque ne vous simplifie pas la vie. Mais, vous êtes un homme courageux. Vous ne vous lamentez pas sans fin sur votre sort. Ce qui est remarquable compte tenu des costumes en Tergal mal coupés et des mocassins en daim défraîchis (névrose personnelle à ne pas régler, note de l’auteur) que vous portez pour vous rendre au tribunal. Vous prenez la médiocrité très au sérieux. Parvenez à en faire un art. Votre vie est un show et vous en êtes la star.

Il y a deux manières d’envisager les distributeurs, les snacks et le mauvais café. Y voir du mauvais café et des snacks. Ou y voir du mauvais café, des snacks et n’en avoir rien à faire car on continue à croire qu’un jour, la magie fonctionnera et que l’on parviendra à construire son petit rêve américain dans son coin. C’est hautement improbable. Mais cela n’a aucune importance car, entre-temps, on aura réussi à faire d’une trajectoire médiocre, un truc qui s’appelle une vie.

La semaine prochaine sur ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

PS: Ici l’interview que Vince Gilligan a accordé à ILTVSW avant le dernier épisode de Breaking Bad

 

Bob Odenkirk (Jimmy McGill/Saul Goodman)

 

 

Titre/Title : Better call Saul (2015)
Créateurs/Creators : Vince Gilligan & Peter Gould
Cast : Bob Odenkirk (Jimmy McGill/Saul Goodman)
Maths 1 : saison/season
Chaîne/Network : AMC

Dear Jimmy

Thank you. Thank you for being honest. Most of the time TV is about bad guys, good guys and extreme circumstances. This year’s massive Marvel invasion of small screens says it all. With you Jimmy McGill, from the show Better call Saul, we learn that the odds are high that we are going to be the anti heroes of our lives. In other words, not everyone is going to make it to the top. Not even those who thought they were making a safe move going to law school. In fact, failure is what we share the most. And yet TV keeps telling us that we should shoot for the moon. But you Jimmy are telling the truth and that’s why you are one of my BFFF/Best fiction friends forever after three episodes only.

Your life sucks yet it is very touching. Because watching you, a lawyer, struggling to make ends meet is both an epic & intimate experience. If we admit that losers exist not because they deserve to be but because life is playing games with us, making it through the day is actually heroic and, with you, somehow even poetic.

We are kind of always told as kids : « If you finish your spinach life is going to be OK ». No one should be able to get away with lying to a kid. Even if in some ways that lie turns out to be the most precious gift ultimately. The sooner you understand the art of mastering « average » the better your life is going to be. It doesn’t mean that you must stop dreaming, though. Just that you have the exact picture of reality.

See, Jimmy you are a brilliant man. Basically you can talk your way out of the worst situations. With such a skill you should be president, TV anchor or in the advertising business like another great speaker called Don. But you are not. Albuquerque where you live is not making things easy for sure. But you are a brave man. You don’t seat endlessly feeling sorry for yourself. Despite the Tergal suits and old suede loafers (personal neurosis not to be fixed, note from the author) you must wear to go to court. You take « average » seriously. And make it an artwork. Your life is a show. And you star in it.

There are two ways of looking at vending machines, snacks & bad coffee. You can focus on bad coffee and snacks. Or decide to see bad coffee and snacks and don’t care because you keep believing that one day magic is gonna work and that you are going to build a little American dream of your own. It probably won’t happen but, in the mean time, you will have made from an average ride, a thing called a life.

Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

PS : Here the interview Vince Gilligan gave to ILTVSW before the final episode of Breaking Bad

Retrouvez ce billet dans la sélection hebdomadaire Séries Mania

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