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ILTVSW Pilot crush: The Affair

12 Oct

FRA/ENGLISH

Il arrive que deux personnes bien prennent de mauvaises décisions. Ne fuyez pas, loin de moi l’idée de vous infliger une leçon de morale dans ce petit billet. Pour la simple raison que si le storytelling devait être jugé selon ce critère, eh bien nous préférerions escalader l’Everest pendant une tempête de neige plutôt que de nous vautrer sur un canapé en oubliant jusqu’à l’existence du reste du monde pour regarder deux étrangers se lancer dans ce qui demeure l’expérience ultime pour tout être humain: l’amour.

Confession de la semaine, je suis sur le point de craquer pour deux personnes sur le point de s’aimer. Et je n’en ai même pas honte. Parce que la dernière née des séries Showtime,The Affair, dès mardi sur Canal Plus séries, fait quelque chose d’inédit. Oubliez les violons, Cendrillon et sa version low cost AKA The Bachelor. La série met en scène Eve et Adam IRL. Elle propose un examen clinique du chemin personnel qui conduit deux inconnus – une femme et un homme dans la série, mais une autre combinaison serait possible tant l’écriture puissante lui confère une portée universelle – à se reconnaître l’un dans l’autre. Au point que leur rencontre va faire imploser toutes leurs croyances, effacer leur passé et détruire les gens qui comptaient jusque-là pour eux. Peut-être même, les pousser au crime.

C’est ce qui arrive à Alison et Noah. Deux personnages savamment créés par Sarah Treem et Hagai Levi. Deux scénaristes qui parviennent à restituer les mensonges que l’on se raconte à soi-même comme rarement à la TV. Dans la lignée de leur travail dans  In Treatment série imaginée par le second. Alison et Noah, deux personnages incroyablement interprétés par Ruth Wilson et Dominic West qui transcendent les choses du quotidien. Deux êtres humains tout à fait recommandables. C’est-à-dire pas des serial lovers névrosés. Tous les deux sont mariés. Lui, apparemment, plus harmonieusement qu’elle. Il est prof et écrivain. Il a quatre enfants et une femme qui l’aime. Elle est serveuse et tente de tenir debout après un drame. Pour des raisons différentes, tous les deux sont perdus dans une solitude. Témoins passifs de leur existence. Jusqu’à cette rencontre qui va tout bouleverser.

The Affair semble être un objet télévisuel prometteur car elle dit quelque chose d’important d’un domaine délicat, celui de l’intime. Ce qui est toujours très risqué car beaucoup plus difficile à manipuler que les grands thèmes comme « la corruption en politique, c’est mal ». Même si nous sommes tous d’accord pour reconnaitre qu’évidemment, l’enjeu n’a pas la même portée. La série pourrait bien dire que non les histoires d’amour, à la TV, ne comptent pas pour rien. Et que oui, on va souffrir car l’amour est quelque chose de bien réel et non un simple fantasme. Que chacun y cherche et y trouve quelque chose de différent. Et, ça, c’est sacrément fascinant à observer.

 

 

The Affair (2014 – )
Créateurs/Creators: Sarah Treem & Hagai Levi
Cast: Ruth Wilson (Alison Bailey), Dominic West (Noah Solloway), Maura Tierney (Helen Solloway), Joshua Jackson (Cole Lockhart).
Maths: 10 episodes
Chaîne: Showtime, Canal Plus séries (France)

 

Sometimes two good people can do bad things. Do not worry this is not going to be a morally charged piece of writing. For the simple reason that if TV storytelling had to be greenlighted under this criteria, well we would rather climb the Everest during a snow storm than seat on a coach unaware of the rest of the world just to watch two strangers engaging in what still is the ultimate human being experience: love. Confession of the week, I am about to fall for two people falling in love. And I am not ashamed. Not a bit. Because Showtime last show The Affair is doing something new. Forget about the violins, Cinderella and the low cost version of it AKA The Bachelor. The show is about about Eve and Adam IRL. It is a clinical exploration of the personal path that leads to perfect strangers a woman & a man in the show, but It could be another combination because of the universal power of the writing, to recognize themselves in each other. Up to the point that their encounter is going to crash all their beliefs, erase their past and destroy their loved ones. And maybe even end up by a crime.

That’s what happens to Alison and Noah. Powerfully designed by Sarah Treem and Hagai Levi, the show creators. Two scribes that do master the art of depicting the lies we tell ourselves. We already know that thanks to their previous work In Treatment created by Hagai Levi . Alison and Noah, two characters masterfully played by Ruth Wilson and Dominic West. The pair completely transcends the things of our daily routine. Both of them are decent people. Meaning not neurotic serial lovers. Both of them are married. He seemingly more happily than her. He is a writer and a teacher. He has four kids and a loving wife. She is a waitress and is trying to survive after a drama. But for different kind of reasons both are lost in their loneliness. Passive witnesses of their lives. Until the day they meet.

Ultimately we have the feeling that The Affair is rare because it says something important on the most difficult level, the intimate one. Which is risky business because in some ways obviously more delicate to deal with than, say, the « corruption in politics is wrong » theme even though we will agree that it is less important stuff. The Affair might be saying that no a love affair, on TV, doesn’t have to be minor. And that, yes it is going to hurt because that thing called love is not a fantasy. It actually does exist. Everyone is looking for and finding something different in it. That’s a damn fascinating thing to watch.

Un gars, une fille, des séries: Les bons, les brutes et les truands

25 Mai

Chers lecteurs

C’est l’histoire de l’Histoire qui aurait pu provoquer toute une histoire … Et oui, le débat passionné est l’une des activités de prédilection des sériephiles. Sujet de la discorde de la semaine : les séries historiques. Souvent faites de larmes, de sexe et de sang plus que de toiles d’araignées, elles sont d’une qualité très inégale. Et provoquent fréquemment des réactions épidermiques. On adore les détester. Ou, on se déteste de les adorer. Ou, simplement, on les adore. Rome, Black Sails, The Tudors, Spartacus, Vikings, Mad Men, Downton Abbey … des propositions fictionnelles souvent radicalement différentes. Avec Dominique Montay, rédacteur en chef séries du Daily Mars et scénariste, nous avons croisé nos regards sur l’un des genres à succès de ces dernières années. On s’est très sérieusement fâché pour de faux mais, surtout, nous avons longuement échangé. Les séries historiques en cinq questions.

To my readers, exceptionally ILTVSW will only be French speaking this week. The blog is hosting a TV critic battle about historical TV shows. But as soon as next week things will be back to normal meaning French & English.

 

Black Sails

Black Sails

 

ILTVSW. Les séries historiques sont condamnées à être des divertissements kitsch, c’est vrai?

Un gars. D’entrée de jeu, on ne va pas être d’accord. C’est pas beau de commencer sur un clash, il va rester quoi, ensuite ? Déjà il faudrait définir le kitsch, qu’on utilise un peu à tort et à travers. Ici, si je comprends bien, c’est plus sur le côté « mauvais goût » qu’on aborde la problèmatique. Alors oui, Spartacus n’est pas le dernier sur le sujet. Son esthétique générale est assez douteuse, surfant sur celle d’un film d’une incroyable laideur, 300. Particulièrement sur les scènes de combats, et les zooms numériques sur les projections de sang, qui donnent l’impression que les combattants n’ont pas de veines mais que des artères. C’est parfois assez risible, mais si on s’attache au récit en évacuant le visuel, c’est une série qui possède un vrai fond, un vrai discours sur la liberté et la responsabilité. Les combats et le sexe dans Spartacus, c’est un peu comme les pyjamas dans Star Trek, il faut aller au-delà pour voir ce qu’il y a de brillant. Même si ça peut être très dur.

Une fille. OK. Allez, le clash, donc. Existe-t-il des critères qui définissent le kitsch? Je n’ai pas la réponse à cette question. En revanche, je pense que les qualités esthétiques sont plus faciles à identifier. Si on répond à la question en l’envisageant sous cet angle, je crois que l’on peut dire que certaines séries historiques sont superbes. L’un des exemples qui me vient immédiatement à l’esprit est la série Downton Abbey de Julian Fellowes. Elle pousse l’élégance jusqu’à contredire la réalité historique. Un spécialiste anglais de la question des domestiques dans les grandes maisons aristocrates anglaises a écrit un papier reprochant à la série d’esthétiser et d’idéaliser le quotidien d’employés de maison qui vivaient généralement dans des conditions misérables et, forcément donc, dans une réalité moins glamour …

 

Downton Abbey

Downton Abbey

 

ILTVSW. La violence et le sexe ne sont-ils pas qu’une manière de masquer le néant?

Un gars. C’est une tendance assez incroyable dans la fiction TV américaine : qui dit série historique dit nudité et violence. En même temps, et je reprends l’exemple de Spartacus : est-ce si éloigné de la vérité de l’époque ? Les esclaves à moitié à poil qui servent d’objet sexuel quand le maître en a envie ; les guerriers qui s’étripent dans des colisées pour sauver leur peau, gagnés par l’adrénaline des vivats de la foule… je ne vois pas d’actes qui me surprennent. Qui me choquent, oui, mais c’est normal, c’est l’effet désiré. Réduire le débat à « trop de violence et de sexe », c’est une erreur, pour moi. Plutôt que d’accumuler et de faire un décompte (un peu comme on est tenté de le faire avec les « fuck » dans un film de Scorsese), il faut prendre ces scènes une par une et évaluer la chose suivante : est-ce qu’elles racontent quelque chose ? Est-ce qu’elles sont utiles, ou est-ce un passage obligé ? Et ça arrive. Suivant la chaîne ou vous vous trouvez, il « faut » de la nudité. J’aimerais un jour faire ce genre de décompte en comparant Spartacus et une série aussi surcotée que Boss, sur la même chaîne (Starz). J’ai peu souvenir de scènes de sexe justifiées dans l’oeuvre de Farhad Safinia. Mais ça, on en parle peu. Certainement parce que la « mise en scène » est de meilleur goût. Pour en revenir au “néant”, j’ai du mal à imaginer les scénaristes se dire « mettons une scène de cul ici, parce qu’on n’a rien à dire ». Même sur True Blood ils ne fonctionnent pas comme ça. Ils écrivent une bouse, mais pas ce genre de bouse. C’est une série, pas un téléfilm playboy. Après ce qu’ils font est bon ou mauvais, nous touche ou pas. Je pense même que la profusion de sexe et de violence masque les qualités, pas les défauts. Ca en fait un objet peu recommandable, et on y revient « de mauvais goût ». Ca réduit la force d’une oeuvre. Je crois plus aux vertus masquantes d’une réalisation léchée, belle à voir, loin de l’outrance.

Une fille. Je pense moi tout le contraire. Il paraît assez évident, depuis quelques années, qu’il existe un filon de productions historiques bas de gamme que certains producteurs, créateurs et chaînes ont décidé d’exploiter. Ils rivalisent, d’ailleurs, de non imagination en repoussant toujours les limites et en proposant les scènes les plus gore possibles. On ne peut même pas dire que cela soit l’apanage des Américains puisque The Tudors est une création irlando canadienne même si elle est diffusée par Showtime ou que Canal Plus a proposé une version de Borgia qui n’était pas la définition de la subtilité. Il serait intéressant de couper toutes les scènes d’écartèlement  et que les scènes d’intimité s’arrêtent devant la porte de la chambre d’un couple qui a manifestement des projets pour occuper sa soirée. Ce n’est pas une posture moraliste, c’est simplement pour souligner que privées de ces scènes certaines séries historiques risqueraient d’avoir des difficultés pour boucler la durée d’un épisode. On peut prendre l’exemple contraire avec Mad Men. Depuis sept saisons, Don Draper est disons un homme assez actif sexuellement. Jamais pourtant Matthew Weiner ou ses auteurs ne s’aventurent sur ce terrain-là. Ce qui les intéressent c’est d’écrire le portrait d’un homme très seul, de dessiner ses faiblesses, de mettre en évidence ses limites… Et, plus largement, de proposer une définition de la masculinité dans l’Amérique des années 60. Don Draper est en partie caractérisé par sa sexualité névrotique. Comme Lucius Vorenus dans Rome, une série beaucoup plus mainstream, l’est par sa maladresse avec sa femme. Dans les deux cas, l’intimité sert de véhicule au point de vue de l’auteur. Un auteur qui a quelque chose à dire. Et cela, ça change tout.

 

Je ne suis pas sensible au concept du guilty pleasure, Dominique Montay

ILTVSW. Qu’offre donc l’Histoire comme opportunité au scénariste que le monde contemporain ne lui permet pas?

Un gars. Pas de téléphone portable. Et ça… le téléphone portable, c’est l’ennemi du scénariste et, depuis 20 ans, il doit faire avec. Quand vous voyez une scène avec quelqu’un qui n’a pas de réseau, c’est juste parce qu’à ce moment précis, le téléphone fait chier. Dans une fiction historique, le problème ne se pose pas. Et je suis TRES SÉRIEUX.

Une fille. Une immense liberté. Les scénaristes peuvent absolument s’affranchir de la réalité, vraiment qui ira vérifier? Et, ils sont finalement peu nombreux ceux qui se saisissent réellement de cet espace de jeu pour raconter des histoires. Souvent, les créateurs de séries historiques sont fiers de dire qu’un conseiller historique les a accompagnés. Et que les gens, à l’époque comme disent souvent les écoliers, ce qui est drôle et éloquent à la fois, buvaient, dormaient, marchaient vraiment comme ça. Ce « vraiment » n’a finalement aucune importance. Ce qui compte, ce qui devrait compter, c’est l’épaisseur des personnages et la puissance de fascination exercée par l’arène dans laquelle ils évoluent. Tout se passe souvent comme si l’obsession pour l’exactitude de la réalité historique exonérait le créateur de sa mission première, celle de raconter des histoires.

 

Rome

Rome

 

ILTVSW. Et la vérité historique dans tout ça, c’est important?

Un gars. Oui, et non. On s’en fout un peu, en fait. Ca dépend de votre propos au départ. Si vous voulez cadrer au plus près avec l’Histoire, il faut s’y tenir, et faire très attention à la cohérence de vos intrigues. Vous n’avez pas le droit à l’erreur. Pour Spartacus, ils sont resté proches d’une vision de l’Histoire (tous les historiens ne sont pas d’accord sur le déroulement) tout en remplissant les zones d’ombre. Bien entendu, ils ont créé des personnages, certains sont restés plus longtemps que prévu, des raccourcis ont été pris… mais ils sont surtout restés cohérents dans leur histoire. Mais, ils auraient pu la jouer « fuck it » à la Tarantino dans Inglourious Basterds et réécrire l’histoire, montrer Spartacus décapiter Jules César, puis voyager dans le temps pour cramer Hitler, mais non. Ce n’était ni le sujet, ni le propos. Encore un aspect brillant de Spartacus : quand on regarde les fictions basées à cette époque, comme Rome, tous les mecs parlent comme s’ils vivaient dans l’Angleterre victorienne, tout droit sortis d’une pièce de Shakespeare. Dans Spartacus, ils parlent un langage inventé pour l’occasion, c’est de l’anglais, certes, mais les phrases sont construites comme du Latin. En cela, je trouve Spartacus plus réaliste historiquement que Rome ou Gladiator 

Une fille. Il m’arrive d’avoir une énorme envie de réalisme. Quand c’est le cas, je fais une pause sur les séries et je me plonge dans une collection documentaire. Je pense au travail du documentariste américain Ken Burns, par exemple. Sa série documentaire The War est un travail à la fois d’une rigueur irréprochable et complètement captivant. Mais, quand je me lance dans une série, vraiment son réalisme passe au second plan. C’est pour cette raison que j’ai passionnément aimé Rome. L’idée d’un Buddy movie dans la Rome antique est géniale. Lucius Vorenus et Titus Pullo sont incroyablement humains dans les deux saisons de la série. Ils font comme ils peuvent avec leur époque mais surtout avec leurs limites, leur passé, leurs blessures … OK Freud, c’est encore dans longtemps mais ce n’est pas grave car on vit avec eux. Mon dernier coup de cœur est l’Anglaise Peaky Blinders. Elle met en scène une famille de gangsters dans le Birmingham des années 20. Les hommes sont jeunes et encore traumatisés par la première guerre mondiale. Je n’ai aucune idée du modèle des fusils dont ils étaient équipés mais je n’oublierai pas le traumatisme que j’ai pu lire dans leur regard. Ces personnages sont d’une puissante humanité. C’est tout ce qui importe.

 

Vikings

Vikings

ILTVSW. Quels barbares hirsutes et malodorants trouvent malgré tout grâce à vos yeux, et dans quelle mesure culpabilisez-vous?

Un gars. Ah mais plein ! J’adore le génie tactique de Spartacus, le sens de l’honneur de Oenomaus, la fragilité d’Agron et la jouissance communicative de Saxa, j’ai appris à aimer Gannicus, le révolutionnaire récalcitrant. J’aime beaucoup Long John Silver et Anne Bonny dans Black Sails. Après, on serait tous coincés dans un métro, je leur demanderais d’aller prendre une douche ou deux, mais sinon, je les adore. Je viens de me mettre à Vikings, donc c’est un peu compliqué de détacher des personnages, même si j’aime beaucoup Lagertha, qui a tout pour être un cliché de “femme de guerrier”, et qui est tout le contraire. Et n’étant pas sensible au concept de guilty pleasure, sachez que je ne culpabilise jamais. Spartacus est une série formidable, Black Sails n’est pas exempt de qualités, et Vikings s’annonce très bien.

Une fille. Comme il m’est impossible de me fâcher pour toute la vie avec un gars. Je vais aller dans son sens et saluer Vikings. Contrairement à ce qu’il avait fait dans la très moyenne The Tudors, Michael Hirst ne s’est pas caché derrière les fantasmes véhiculés par une époque pour faire l’économie de personnages un peu construits. Ses Vikings ont, c’est vrai, une conception de l’hygiène assez proche de celle de Néandertal mais ils ont des trajectoires personnelles touchantes et, en plus, chose assez rare, la série repose aussi sur de beaux personnages féminins.

On peut retrouver le passionnant et passionné Dominique Montay sur le Daily Mars et le suivre sur Twitter @ItsZeDom

La semaine prochaine dans ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

 

BFFF Weekly 40: Without love where would we be now ?

20 Avr

Cher Bill

FRA/ENGLISH

Bill, Bill, Bill la vie est pavée d’échecs. Essentiellement. Le succès peut surgir. De temps en temps. Mais, le plus souvent, tout demeure une question de potentiel. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître pour un scientifique à la renommée mondiale comme vous, Bill Masters, de la série Masters of Sex, vous êtes très concerné par la troisième hypothèse. C’est la raison pour laquelle vous n’êtes encore qu’éventuellement l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine, ici.

Ne prenez pas la peine d’exhiber votre diplôme de la fac de Rochester, Bill, je ne suis pas encore prête à prendre une décision définitive vous concernant. Rangez vos stats. Epargnez-moi également votre regard condescendant et n’essayez pas, non plus, de me menacer avec votre stéthoscope … Rien de tout cela ne marchera, Bill.

A cet instant, je peux vous imaginer convoquant une petite réunion d’urgence avec vos neurones. Mais, qui est donc cette fille? Pourquoi n’est-elle pas impressionnée? Pour quelle raison la magie de la blouse blanche n’opère-t-elle pas? Devrais-je essayer le regard Droopy du doc Ross? ou le sourire sarcastique du doc House? Evidemment, comme même vos neurones, et presque tout votre entourage, sont incapables de vous résister, ils répondraient en coeur: Oh Bill, comme vous voudrez, votre esprit supérieur a toujours raison, de toute façon. Et vous, de soupirer, un peu désespéré, quand même. Et eux, de lancer: Comment peut-elle donc être aussi ingrate? 

Il faut vous rappeler que c’est en tant que contemporaine du XXIe siècle que je vous écris … Une ère dans laquelle un roman signé par une romancière consacré à son choix librement éclairé de zapper l’étape sexe est devenu un best seller. Oui, c’est ça Bill, asseyez-vous. Quelle honte, quel gâchis, tout votre travail ainsi délibérément ignoré. Respirez, Bill. Tenez, prenez un verre d’eau. Et concentrons-nous, pour essayer de faire quelque chose de votre potentiel.

Peut-être, devriez-vous reconsidérer vos relations extra professionnelles avec les femmes. Dans la vie de tous les jours, vous n’êtes plus docteur Love mais un c ****** de classe internationale. Avec la femme que vous aimez comme avec celle que vous avez épousé. Et si vous tentiez un instant de connaître les choses du coeur comme vous maîtrisez celles du corps? C’est une proposition folle, je sais, Bill. Mais, ce n’est pas cela la définition de la science, la vraie?

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Michael Sheen/Bill Masters – Lizzy Caplan/Virginia Johnson

 

Titre/Title: Masters of Sex (2013-    )
Créateur/creator: Michelle Ashford
Cast: Michael Sheen (Bill Masters)
Maths: 1 saison
Chaîne/Network: Showtime

Dear Bill

Bill, Bill, Bill life is a lot about failure. Sometimes about success. And most of the time about potential. And, as amazing as it sounds for a worldwide known scientist, Bill Masters from the show Masters of sex you belong to the third category. For me you are a possible BFFF/Best fiction friend forever. 

Do not even bother to show me your Rochester Med School diploma, Bill, I am not yet ready to change my mind. No stats either. And do not even give me your bossy look. Or try to frighten me with your stethoscope…. It is not going to work Bill.

I can picture you calling a meeting with your neurones. And asking: who is this damn girl? Why isn’t she impressed? Why isn’t the white blouse magic working? Should I try the droopy dr Ross look or the sarcastic smile of dr House? And your neurones would spontaneously answer: Oh Bill, whatever, your decision will be perfect. That’s because they can’t resist you. Very few people can, we won’t blame them. And you would sigh, a bit discouraged. And they would go on: How can she be that ungrateful? 

Man, remember, I am writing as a woman of the 21th century … An era where a novel about a woman writer deliberate choice not to have sex became a best seller. Yes, sit down, Bill. Breath. What a shame, what a waste of the work of a lifetime … Have a glass of water, Bill. And, let’s focus on the best way to do something valuable with your potential.

Maybe you should reconsider your out of the lab relationships with women. In every day life you are no more doctor Love but a world class ass ****. Both with the one you are in love with and the one you are married to. What if you decided to understand the love as in feelings as you understand the love as in sex? I know it sounds crazy. But isn’t science all about that?

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry.

BFFF Weekly 27: Yes she can

12 Jan

Chère Virginia

FRA/ENG

Une nouvelle année doit être une promesse excitante. Quel est l’intérêt d’un nouveau départ si à J + 1, on a le sentiment qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. Donc, me voilà en 2014 de retour devant mon clavier pour écrire mon cher blog. Et, en train de chercher un BFFF/Personnage préféré pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine, capable d’enchanter la page blanche de mon écran. Ce n’est pas un truc facile car, comme tous les gens normaux, je déteste janvier. Il faut le dire, c’est le mois barbant de l’année.

Virginia de la série Masters of Sex vous êtes ma BFFF car vous êtes une pionnière. Grâce à vous des milliers de femmes ont découvert une nouvelle raison de passer du temps dans un lit avec leurs maris. Quand je vous regarde, je pense: « Elle peut le faire, d’ailleurs elle l’a fait. » Et, même si je n’ai aucune compétence en matière de logique, mon cerveau m’envoie immédiatement un message très intéressant. « Si elle l’a fait, je le ferai aussi ». C’est-à-dire exactement le genre de musique qui fait du bien à entendre au petit matin du 1er janvier.

Mon cerveau m’envoie alors un autre message, une image mentale de quelques uns d’entre vous lecteurs affichant un grand sourire. Ce qui est supposé être agréable pour moi sauf pour ceux qui se méprennent sur le sens de ce courrier. Tout le truc « Elle peut, je peux » n’a rien à voir avec ma vie privée, il était prudent de le préciser. Il est relatif à votre capacité, Virginia, à poursuivre la plus sexy des promesses américaines : la poursuite du bonheur. Comme elle figure dans votre Constitution. Votre trajectoire en est une parfaite illustration.

Coincée dans les années 60, vous auriez pu vous marier à un honnête homme, vous contenter de sourire et d’applaudir à chacune de ses réussites. Vous ne l’avez pas fait. Mais, emprunté le chemin le plus difficile pour une mère célibataire. Vous avez décidé de vous offrir un destin. Vous y êtes parvenue grâce à votre cerveau, votre volonté et, oui, votre charmant sourire a aidé. Vous avez agi avec classe. Vous avez agi avec l’ouverture d’esprit et la tolérance qui caractérisent les authentiques scientifiques. Ce qui vous a permis de faire des découvertes passionnantes.

Alors que je travaille encore sur la liste de mes bonnes résolutions pour 2014, je vais m’inspirer de vous, Virginia. Je promets de donner une chance à tous les nouveaux personnages de 2014. Je promets que je n’élèverai jamais la voix quand mes obligations professionnelles m’obligeront à passer du temps avec des personnages paresseux et/ou stupides. Je jure (croisé compte, principe de précaution) de ne jamais LOL quand un scénariste ou, pire, un producteur tentera de me vendre sa série comme s’il s’agissait d’un chef d’œuvre alors que jamais, ils ne passeraient plus de trois minutes devant un truc pareil (message pour la brune derrière l’écran, oui je partage des souvenirs communs mais SVP ne laisse aucun message embrassant dans les commentaires, merci). Bref, Virginia, je ferai tout à votre manière. Du moins, j’essayerai.

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

PS: Si j’étais vous, Virginia, dans la saison 2,  je choisirai … Zut, j’ai promis de ne pas juger!

 

Lizzy Caplan/Virginia Johnson

 

Titre/Title: Masters of Sex (2013-?)
Créateur/creator: Michelle Ashford
Cast: Lizzy Caplan (Virginia Johnson)
Maths: 1 saison
Chaîne/Network: Showtime

Dear Virginia

A new year must be an exciting promise. What’s the point of a new beginning if from D + 1 it already feels like same old same old. So here I am in 2014 back to my dear blog and looking for the one BFFF/Best fiction friend forever able to bring the enthusiasm on the blank page of my computer screen. This is a tough mission because like every regular person I hate January. 

Virginia, from the show Masters of Sex, you are my BFFF because you are a pioneer. Thanks to you ten of thousands of women discovered a good reason to be in bed with their husbands. When I look at you I think: « Yes she can, yes she did » And even though I have no skills in logic my brain sends immediately a very interesting message: « If she can, I can. If she did, I will too ». Exactly the kind of feel good music you wanna listen to on the first day of January.

Then my brain again sends me another message, a mental picture of some of you readers with a big smile on your face. Which is supposed to be nice except for those who are smiling because they are misunderstanding my letter. The all « She did, I can too » thing has nothing to do with private matters, they are called private for a reason, but to your ability, Virginia, to pursue the sexiest American promise: the happiness one. As it is written in the American constitution. And you, Virginia Johnson, you embody it so perfectly.

Stucked in the Sixties, you could have wisely married a decent man, applauded and smiled to each and every accomplishment of his. But you did not. You chose the most difficult path for a single mum of two. You made the decision to have your own destiny. You did so with your brain, your will and, yes, your charming smile did help. You did so with an absolute classy attitude. And with the open mind and tolerance of an authentic scientist. And you made incredible discoveries.

So as I am still working on my good resolutions list, I promise myself that I will not succumb to nostalgia and give a fair chance to all the new TV comers of 2014. I also promise that I will never raise my voice when on duty I will have to spend time with lazy or/and stupid characters. Never LOL when a screenwriter or, more difficult, a producer will try to sell me his show as if it is an important piece of work (you the dark haired girl behind the screen, yes I am sharing common memories but please do not leave an embarrassing comment for me, thanks) perfectly aware it is only crap. Virginia, I will do it your way. At least, I will sincerely try.

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry.

PS: If I were you, Virginia, in season 2, I would choose… Damn, I said I would not be judgmental anymore! 

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