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ILTVSW guest star (VF) : Danny Strong co-créateur d’Empire

29 Nov

Danny Strong, le co-créateur d’Empire, était l’invité du Festival TV de Monte-Carlo au mois de juin dernier.

ILTVSW a eu la chance de le rencontrer et de discuter soap & politique.

 

© Fox

 

ILTVSW. Il me semble qu’Empire est le premier soap politique de l’histoire des séries. Avez-vous souhaité évoquer l’Amérique contemporaine dès le début du projet ?
Danny Strong. Je pense que cette dimension a été présente dès le départ pour Lee Daniels comme pour moi. Et je trouve que cette combinaison entre le soap, le drama et les questions sociales fonctionne très bien. Tous ces éléments s’équilibrent parfaitement.

ILTVSW. Pensez-vous que l’approche légère de la série lui donne plus d’impact sur les enjeux sérieux qu’elle aborde ?
Danny Strong. … Et les enjeux donnent plus de force dramatique à sa dimension soap. Oui. Ils s’équilibrent. Ils se nourrissent. Je trouve que les éléments de comédie sont très utiles au drama car ils soulignent cet aspect. Et il est plus facile de faire rire, aussi. Il n’est pas nécessaire d’être très drôle pour être drôle dans un drama. Traiter des questions de justice sociale dans une série à paillettes donne à ces questions plus de résonance. Et les paillettes de la série sont encore plus brillantes grâce à l’autre dimension de la série.

La manière dont nous regardons les séries aujourd’hui est très différente de l’époque de The Wire

ILTVSW. Malgré ces éléments sérieux la saison 1 d’Empire a été un énorme succès. The Wire, qui traitait profondément de justice sociale, de racisme, de traffic de drogue est devenue culte mais n’est jamais parvenue à toucher le grand public. Comment Empire est-elle parvenue à réunir ces deux éléments ?
Danny Strong. The Wire est l’une des séries les plus géniales de ces vingt dernières années. Je pense qu’elle rencontrerait beaucoup plus de succès si elle était lancée aujourd’hui. Notamment grâce au steaming et à la possibilité de regarder toute une saison ou une série d’un seul coup après la diffusion. Le bouche-à-oreille sur The Wire qui s’est produit autour de la saison 3 débuterait beaucoup plus rapidement. Je parie même que la série aurait explosé grâce à cela comme Mad Men ou Breaking Bad. La manière dont nous regardons la télévision aujourd’hui a beaucoup changé. En plus il était difficile de prendre une saison de The Wire en cours en raison de la narration adoptée par les auteurs. Mais regarder cette série était extrêmement gratifiant.

ILTVSW. Le public semble indifférent au fait qu’Empire ait un casting presque entièrement constitué d’acteurs noirs. Pourtant il y a eu un article dans Deadline Hollywood qui affirmait qu’il était devenu difficile pour les acteurs blancs de trouver du travail à la télé. Comment expliquez-vous cette réaction ? 
Danny Strong. Je ne pense pas que cet article soit représentatif de la position de l’industrie. Les gens qui produisent du contenu essayent juste d’obtenir du succès. Avec ScandalHow to get away with murder et Empire, il est devenu évident pour tout le monde qu’il y avait une énorme audience noire sous-représentée à la télévision qui regarde les séries dans lesquelles les personnages principaux sont noirs. Mais un public blanc, aussi. En fait, vous pouvez réunir tout le monde. C’est au-delà de la race. Mon intuition me dit que cela va se banaliser car la seule chose qui intéresse l’industrie, c’est le succès. La multiplication des opportunités pour les acteurs noirs est juste une conséquence de cela. Cet article est simplement ridicule car il y a un nombre incalculable de rôles pour les acteurs blancs. C’est tout.

ILTVSW. Quelles sont les questions sociétales que vous souhaitez aborder en saison 2 ?
Danny Strong. Lhomophobie et la sexualité, certainement. Nous aborderons aussi l’incarcération. Et nous explorerons aussi le harcèlement policier dont font l’objet les Noirs aux Etats-Unis.

Ma philosophie consiste à dire la vérité

ILTVSW. Quand vous abordez ce type de sujets vous posez-vous la question de votre responsabilité d’auteur ?
Danny Strong. Ma philosophie consiste à dire la vérité. Tant que l’on dit la vérité peu importe les conséquences. Cela dit, bien sûr que l’on veut écrire de manière responsable cependant il ne faut pas être donneur de leçon et veiller à être authentique dans l’exploration de ce type de sujets. Cela dit, rien ne me rend inconfortable. Je peux traiter de tous les sujets.

ILTVSW. Le succès d’Empire nous apprend-il quelque chose de l’existence ou non de l’Amérique post raciale ?
Danny Strong. L’Amérique post raciale n’existe pas. Les émeutes et les événements qui les ont provoquées nous montrent qu’il y a encore énormément de racisme aux Etats-Unis. Ce qui est positif, c’est que nous continuons à progresser et l’élection de Barack Obama reflète le chemin que nous avons parcouru.

 

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Danny Strong

 

ILTVSW. Et le divertissement a le pouvoir d’améliorer la situation ?
Danny Strong. Absolument. Le divertissement peut améliorer les choses et mettre la culture en avant. Moi, j’écris pour mettre la culture en avant d’une manière que j’estime positive. Il y a des gens qui pensent que ce que j’écris est horrible pour le pays. Vous savez, l’acceptation de l’homosexualité, la question de l’acception de l’autre versus le racisme… Je vois ces gens comme des ennemis de ce que j’estime être bon et vrai. Et je continuerai de pousser ce que je crois être positif, plein d’espoir, qui relève d’une théorie un peu utopique d’acceptation de l’autre, d’amour et de communion. Ce que Martin Luther King appelait The beloved community.

ILTVSW. Certains ne reconnaissent pas la force de cette écriture soap…
Danny Strong. Cela ne m’inquiète pas du tout. J’écris et je me dis que peut-être les gens regarderont. Dans le cas d’Empire, ils sont extrêmement nombreux à aimer. Certains l’interprètent mal et d’autres, par principe, n’apprécient pas les choses qui ont du succès. Cela ne peut pas entrer en ligne de compte pour moi car, au bout du compte, chacun se fait sa propre opinion. J’écris donc ce que j’ai à dire, j’écris sur ce que j’aime, ce que je pense être une bonne histoire. Ma principale récompense, c’est que j’aime écrire et c’est pour cette raison que je le fais. Quand j’ai le sentiment que j’ai atteint mon maximum, l’accueil de la série est ce qu’il est…

ILTVSW. Que pensez-vous de ceux qui affirment que la comédie n’est pas le bon genre pour traiter de sujets fondamentaux ?
Danny Strong. Ceux qui pensent cela ne connaissent rien au sujet. C’est simple. Il y a tellement de comédies qui traitent de sujets importants comme la politique, l’amour, la race… tout. La comédie est en fait la meilleure manière de les aborder car vous faites rire les gens. Ils digèrent donc mieux les thèmes et les idées que les histoires contiennent.

Titre : Empire (2015 –    )
Créateurs : Lee Daniels, Danny Strong
Cast : Taraji P. Henson, Terrence Howard
Chaînes : Fox, W9 (France)

© 2015 ILTVSW – ne pas reproduire sans autorisation préalable d’ILTVSW

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

ILTVSW guest star (VO) : Danny Strong co-creator of Empire

22 Nov

Danny Strong, the co-creator of Empire, was last June at the Monte-Carlo TV Festival.

ILTVSW was lucky enough to seat with him and talk about soap & politics.

 

© Fox

 

ILTVSW. I think of Empire as the first political soap ever, am I totally wrong or did you actually want to talk about modern America in the show from the very beginning of the project ?
Danny Strong. That was always inherent in Lee Daniels and I doing the show together. And I think the combination of doing a soap that is grounded in a drama that tackles social issues seems to work really well. They balance each other out very nicely.

ILTVSW. Does that approach of dealing with important issues through a joyful show is more efficient in terms of its impact ?
Danny Strong. … And the issues make the soap elements more dramatic. They balance each other out. One feeds the other. I find that comedy is so helpful in drama because it makes the drama more dramatic and it also makes it easier to get a laugh. Because you don’t have to be so funny for something to be really funny when it is in a drama. And I think having issues about social justice in a show that has a sparkle to it makes the social justice issues feel more resonant and powerful and makes the sparkle of the show sparkle even more because it is contradicting the other part of the show.

The nature of how we watch stories now is very different than when The Wire was airing

ILTVSW. Despite these serious elements Empire is a huge success. The Wire,  which was deeply addressing social justice, racism, drug dealing became cult but never was able to score big ratings. How do you explain Empire is saying so many things about the American society and still manage to be a hit show ?
Danny Strong. Well, The Wire is one of the most genius show of the last twenty years. I think it would be so much more successful today than when it started airing. Because of  streaming and because you can just go and watch all the shows at once after they have aired. The word of mouth on The Wire which really seems to happen around season 3 would have happened much faster and I bet you by season 3 The Wire, if it had aired now, would have done what say Mad Men or Breaking Bad did in their season 3 when they really blew up. The nature of how we watch stories now is very different than when The Wire was airing. It was also hard to just jump into in the middle of the season, you really had to start from the beginning because of the way the writers told the story. But if you did it was so rewarding.

ILTVSW. The audience seems not to care about the fact that Empire is an almost totally black cast show and still there was an article on Deadline Hollywood about how difficult it was now for white actors to find jobs on TV. How do you explain that reaction ? 
Danny Strong. I don’t think that that article was representative of the industry at all. I think people that make content are just trying to chase success. They just want products to be successful. With the success of Scandal and How to get away with murder and Empire, it has made crystal clear to everyone that there is a huge black audience that is under-represented in television that wants to watch shows with black leads. And simultaneously you can get a white audience too. You can get any audience. It is beyond race. My gut is you will be seing more of it because the industry is just trying to succeed.  When they started casting, they were looking for more black actors on TV shows it was merely a by-product of that. That article saying it was getting tougher out there for white actors was ridiculous because there is still an endless number of white roles. That’s all.

ILTVSW. What are the social issues you want to deal with in season 2 ?
Danny Strong. Definitely issues of homophobia and sexuality. We will be dealing with incarceration. We will also be exploring police harassment of people of color in America.

My philosophy is just tell the truth

ILTVSW. When you do that kind of writing do think in terms of your responsibility as a writer ?
Danny Strong. I have a philosophy which is : just tell the truth. As long as I tell the truth any blow back I get, I don’t care. As far as the responsibility goes when you are tackling  social issues, yeah you want to do it in a way that is responsible and truthful but also doesn’t feel preachy or spoon fed but like a genuine exploration of these issues. But I am not uncomfortable about anything. I’d talk about anything.

ILTVSW. Does the success of Empire teach us anything about the existence or the non existence of a post racial America ?
Danny Strong. There is no post racial America. These riots and everything we are having show that there is still a tremendous amount of racism in America. But was is positive is that it is moving forward, it is still progressing in such a positive way and the election of Barack Obama was such a reflexion of how far America has come.

 

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Danny Strong

 

ILTVSW. And entertainment has the power to help things get better ?
Danny Strong. I think it absolutely can make things better and can push the culture forward. Why I write is to push the culture forward in a way that I think is positive. There are people out there that would think that what I write about is horrible for the country. You know, acceptance of homosexuality, talking about race issues in a positive way as far as making people more accepting… I view those people as sort of enemies of what I believe to be good and true. And I will keep pushing what I believe to be positive, hopeful, more of an utopian type theory of acceptance, love, people coming together. What Martin Luther King called the beloved community.

ILTVSW. Still some people will not acknowledge the strength of this soap opera form of writing…
Danny Strong. I am not worried about it at all. I just put it out there and hopefully people dig it. It seems to me that an overwhelming number of people seems to really love the show because the show has been embraced in a very massive way. Some people are going to misinterpret it and sometimes people are just contrarian to things that are successful and have to dislike it. I can’t worry about the audience and individuals. Because everyone has a different opinion at the end of the day. I just write what I want to say, what I like, what I think is good story and put it out there. For me the rewarding quality why I do what I do is because I enjoy actually doing it. So once something feels good, like I got into a place where it is just the best I can do to be honest with you then the response is the response.

ILTVSW. What do you think of people who say that comedy isn’t the right form to deal with fundamental subjects ?
Danny Strong. Anyone who thinks it is a sin for comedy to address fundamental issues doesn’t really know what they are talking about. That’s it. There are so many comedies out there that are some of the most insightful satirical important issues addressing politics, love, race… everything. And comedy is actually the best way because you do it in a way where you get people laughing. So the themes and the ideas behind it are more easily digested for them.

Title : Empire (2015 –    )
Creators : Lee Daniels, Danny Strong
Cast : Taraji P. Henson, Terrence Howard
Networks : Fox, W9 (France)

© 2015 ILTVSW – not to be reproduced without a prior authorization from ILTVSW

Next week in ILTVSW, the French version.

ILTVSW craque aussi pour/also loves … Gomorra

25 Jan

FRA/ENGLISH

De temps en temps, la télé devrait oublier les concepts surstylisés, trop de sous-texte et même Freud et son travail. Ne vous inquiétez pas, mon deuxième post de 2015 ne sera pas l’apologie d’une écriture fade et/ou dénuée de fond. Disons que je suis d’humeur à regarder Zola. En langage moins crypté, je prends grand plaisir, ces jours-ci, à voir la réalité sur le petit écran. La réalité telle que définie par Le Petit Robert. Soit : « Caractère de ce qui existe en fait (et qui n’est pas seulement une invention, une illusion ou une apparence) ». Une définition qui prouve que les Real Housewives de n’importe quelle ville sont une imposture cathodique et pas seulement car aucun être humain ne peut survivre plus d’une journée dans de telles panoplies. Autrement dit, la téléréalité a tout de faux. Le réalisme est le vrai cadeau. Comme le démontre Gomorra mon crush sériel de la semaine. Une série sur la mafia napolitaine qui donne une troisième vie au livre de l’Italien Roberto Saviano.

Ne vous méprenez pas, je considère toujours que Tony Soprano et sa famille sont, dans leur genre, l’une des sept merveilles du monde télévisé. Mais Gomorra apporte quelque chose qui n’appartient qu’à elle. Ses scénaristes ont pris une décision très rare à la télévision. Peut-être même inédite. Aucun des personnages dans leur série n’est aimable. Le Mal est le sujet. Ses personnages l’exsudent. Contrairement au traitement de The Wire, monumentale oeuvre réaliste unique en son genre, qui offrait, malgré tout, la possibilité de s’identifier ou, au moins, de vibrer pour quelques uns d’entre eux comme Jimmy McNulty, le flic cabossé.

Dans Gomorra, il n’y a de place ni pour les sentiments, ni pour l’empathie. Stefano Bises, qui a dirigé l’écriture, a confié à ILTVSW : « Nous avons voulu faire un voyage dans le Mal. Nous ne voulions pas utiliser le Bien pour raconter le Mal. C’est le contraire de ce qui se fait d’habitude à la télévision italienne qui a peur des messages négatifs et de leur impact sur les audiences. »

Paradoxalement, ce qui est formidable dans l’écriture de Gomorra, c’est que l’écriture n’est pas une fin en soi. Le sujet est la raison d’être de la série. L’unique objectif est de montrer la Camorra comme l’entreprise qu’elle est. De mettre des images sur les rues de Scampia, l’un des quartiers les plus pauvres de Naples, rongées par la criminalité organisée. L’humaine inhumanité que ses habitants expérimentent, chaque jour, du début à la fin de leur existence. Sans aucune porte de sortie. Prisonniers de la fatalité. Regarder Gomorra, ce n’est pas les aimer. Ni même les comprendre. L’infiniment petit – les personnages – est simplement le meilleur moyen de raconter cette terrible réalité.

La semaine prochaine sur ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Marco d’Amore (Ciro)

 

 

Titre/Title: Gomorra (2014)
Créateurs/Creators: Roberto Saviano, Stefano Bises, Giovanni Bianconi, Leonardo Fasoli, Ludovica Rampoldi.
Cast: Marco d’Amore, Fortunato Cerlino, Maria Pia Calzone, Salvatore Esposito, Marco Palvetti, Domenico Balsamo, Enzo Sacchettino, Elena Starace.
Maths: 12 épisodes/episodes
Chaîne: Sky Cinema en France Canal Plus

 

From time to time, TV should forget about highly stylized concepts, too much subtext and even about Freud and his work. Do not worry my second post of 2015 is not going to be an apology for tasteless and/or meaningless writing. Let’s just say that I am in a Zola mood. In less cryptic words, I feel like watching reality on small screen these days. Reality as in the Oxford dictionary. « The world or the state of things as they actually exist, as opposed to an idealistic or notional idea of them ». A definition that makes Real Housewives of whatever town a total fraud not only because no one could survive more than one day dressed like that. Reality TV is totally missing the point. Realism is the real treat. As demonstrates my this week TV crush Gomorra.

A mafia show from Roberto Saviano’s book. Don’t get me wrong I still think of Tony Soprano’s family as one of the Seven Wonders of the TV world in its genre. But Gomorra brings something of its own. Its writers have made a very rare decision on TV if not a premiere. None of the characters in the show are likable. Evil is the subject. So devilish the characters are. Unlike in The Wire, the major and unique realistic show, in which we still could relate on some level to, say, a broken man as Jimmy McNulty. Or at least feel for him. In Gomorra there is just no room for feelings or empathy.

Stefano Bises, who directed the writing, told ILTVSW : « The show is a trip to Evil. We didn’t want to use the Good to tell the evil. We wanted to do the opposite of what is usually shown on Italian TV where the message must be positive in order to preserve the ratings. »

Paradoxically, the great thing in Gomorra‘s writing is that the writing is not the point. The subject is the point. Mafia as a company is the point. The streets of Scampia one of Naples’s poorest neighborhood are the point. The human inhumanity that people experience over there every day from the beginning to the end of their life is the point. With no exit possibility. Prisoners of fate. Watching Gomorra is not about liking them. Not even about understanding them. The small – the characters – is just the best way to draw the terrible big picture.

Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

Retrouvez ce billet dans la sélection hebdomadaire Séries Mania

BFFF Weekly 11: one hell of a bad guy

9 Juin

Mr Bell

FRA/ENG

Dire ce que l’on a sur le coeur, il paraît que cela fait du bien. Dans mon cas particulier, je n’en suis pas certaine mais je suis partante pour essayer. Avis aux lectrices et lecteurs de ILTVSW : je dois vous dire un truc. Cette semaine, je ne sais plus très bien où j’en suis. En fait, je ne sais plus du tout où j’en suis. J’ai pour habitude de commencer ma petite lettre hebdomadaire amicale par un : « Cher personnage » mais avec vous Stringer Bell de la série The Wire, c’est tout bonnement impossible.

Comment pourrais-je débuter une lettre à un tueur sans pitié comme vous de cette façon? Je ne devrais probablement même pas vous appeler Monsieur, Mr Bell. Soyons clair : vous n’êtes pas l’un de mes amis mais vous êtes l’un de mes amis, pire l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine. Vous voyez. Je vous avais prévenu. Je ne sais plus où j’en suis. Vous êtes bien plus qu’une méchante personne. Vous êtes presque l’incarnation du méchant. Vous êtes en affaire avec la mort. Vous faites régner la loi des armes et de la drogue sur une zone entière de Baltimore. Je ne devrais donc avoir aucune raison d’être perturbée.

Si je le suis, c’est parce que votre créateur David Simon est un génie. Je suis certaine qu’il détesterait l’affirmation convaincu que le génie ne peut pas s’exprimer dans une série ou sur le petit écran d’une télévision. Sans vouloir vous manquer de respect, David, je maintiens mon constat et c’est de votre faute (bientôt sur ILTVSW un personnage de Treme).

Avec les scénaristes de son équipe, David Simon a créé des gars comme vous, Stringer Bell, pour nous expliquer comment la bonne ville de Baltimore s’est désintégrée. Et comment le rêve américain peut tourner au cauchemar américain. Ils vous ont créé en chair et en os. Et pour que cela soit efficace, ils savaient qu’ils devaient vous donner une part d’humanité. Ils se sont tellement bien débrouillés que même si vous n’êtes qu’un tueur à sang froid, Stringer Bell, ben nous voilà qui nous passionnons pour le destin de votre clan, la famille Barksdale.

Peut-être parce qu’en racontant votre histoire, Stringer Bell, c’est la nôtre qu’ils déroulent sous nos yeux. Pas que nous vivions dans l’enfer quotidien des cités décrit dans la série. Mais parce qu’en tant que citoyens nous devrions faire en sorte que la démocratie l’emporte toujours sur la corruption même si le système est construit pour que cela soit impossible. Il me semble utile de préciser à ce stade que je n’envisage de me présenter à aucune élection en 2013. Euh, on va se calmer, ILTVSW, ce n’est que de la télé (ou pas).

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

 

 

Titre/Title: The Wire (2002, 2003, 2004, 2006, 2008)
Créateur/creator: David Simon
Cast: Idris Elba (Russell Stringer Bell)
Maths: 5 saisons/seasons
Chaîne/Network: HBO

Mr Bell

They say it feels good to tell what’s on our mind. In my particular case I am not sure, but I am willing to give it a try. Hey people, I need to tell you something : I am confused. Awfully confused would even be more accurate. Usually I start my weekly friendly letter on I love TV so what? by : « Dear character » but it is simply not an option with you Stringer Bell from the show The Wire.

How could I start a letter to a ruthless drug dealer like that? I should probably not even call you mister, Mister Bell. Let’s make things clear : you are not one of my friends but you are one of my friends, worse one of my BFFF/Best fiction friends forever. See. Told you. Confused. You are far worse than a bad guy. You are close to be the ultimate bad guy. You are a death businessman bad guy type. Running an entire Baltimore area by guns and drugs. So I should not be confused.

Why did I got so confused? Because your creator David Simon is a genius. He would probably hate the adjective, thinking genius has nothing to do with a television show or a television screen. No offense David but I am not giving up on the genius adjective and you are responsible for that (Treme character soon on ILTVSW).

Anyway, David Simon and the writers of The Wire created guys like you to explain to us how the good city of Baltimore fell apart. And to show us how the American dream could become the American nightmare. To do that they created you flesh and blood. And to do that effectively they knew they needed you, Stringer Bell, to exist as a human. They did sooooo well that despite the cold-blooded killer you are, here we are interested in the faith of your gang, the Barksdale family.

Maybe because telling your story, Stringer Bell, they are telling ours. Not that we actually live the devilish projects every day life described in the show. But because as citizens we should stand up and make sure democracy wins against corruption even if the political system is designed to prevent such an ambition success. Just to be clear I am not running for any kind of public office in 2013. Euh, keep calm ILTVSW, it’s only just TV (or not) .

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry

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