Tag Archives: Série-thérapie

Ta #série, toi et nous : La Casa de Papel

9 Mai

Parce que c’est l’un des derniers endroits qui nous rassemble. Parce que nous avons plus que jamais besoin d’être ensemble. Et parce que… nous allons passer beaucoup de temps sur le canapé, voici « Ta série, toi et nous ».

Je reçois ici un (e) invité (e) dont j’aime l’écriture, la voix et/ou le regard à partager sa relation avec l’héroïne ou le héros de sa vie. Merci infiniment à Murielle Magellan d’avoir accepté mon invitation

Murielle Magellan, auteure, scénariste et réalisatrice

Dernier roman paru : « Changer le sens des rivières » aux éditions Juillard

Qui est le seul personnage qui peut quelque chose pour toi ?
El Profesor de La Casa de Papel (l’auteur s’amuse, les acteurs jubilent. C’est une série qui exagère, et c’est ça qui me plait.) Il possède une qualité que je n’ai pas du tout : il voit loin. Il sait tout envisager. Le meilleur et le pire. Quand je fais des provisions pour huit jours, il en fait pour un an. Tout est prévu. Entièrement absent du présent, il ne regarde que l’avenir. Il me sortira ainsi de mille situations compliquées, parce qu’il les aura déjà considérées, évidemment. J’ai une capacité de projection très réduite, le passé m’ennuie, le futur m’angoisse, je ne regarde que ce qui est là, ou vraiment pas loin. El Profesor est un héros, puisqu’il est l’opposé de qui je suis.

D’accord il a changé ta vie mais comment ?
L’urgence dans laquelle il met ses acolytes au moment de l’action est un shoot d’intensité contagieux. Il change la vie puisque dans sa lenteur de concepteur, il nous rappelle que, quand les choses ont lieu, tout s’accélère, et même le battement de nos cœurs. El Profesor est, comme Phèdre qui vient voir le soleil « pour la dernière fois », un générateur d’extrême et d’absolu. Plus émotionnel que politique, plus intime qu’idéologique, il réveille. Et comme tout le monde je pense, ma vie change quand on me réveille !

 

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Et il pourrait quoi pour la nôtre ?
Je ne me permettrai pas de m’immiscer dans vos besoins fictionnels… Mais peut-être que ce que je vous en ai dit plus haut vous conduira à vous intéresser à lui de plus près. Quizas, quizas, quizas ?

Ta #série, toi et nous : Kaamelott

28 Avr

Parce que c’est l’un des derniers endroits qui nous rassemble. Parce que nous avons plus que jamais besoin d’être ensemble. Et parce que… nous allons passer beaucoup de temps sur le canapé, voici « Ta série, toi et nous ».

Je reçois ici un (e) invité (e) dont j’aime l’écriture, la voix et/ou le regard à partager sa relation avec l’héroïne ou le héros de sa vie. Merci infiniment à Maxime Pambet d’avoir accepté mon invitation

Maxime Pambet, comédien 

Qui est le seul personnage qui peut quelque chose pour toi ?
C’est loin d’être le seul mais s’il en faut un, je dirais, Perceval le Gallois, joué par Franck Pitiot dans Kaamelott. Faut faire attention à ne pas se tromper hein, parce que dans le Languedoc les gens l’appellent Provencal (ouais il s’est gouré une fois en disant son nom), mais pour la Bretagne, au sud c’est le Gros Faisan, et au nord c’est juste ducon.
On a facilement tendance à le prendre pour un débile, du fait de ses nombreuses bourdes, conneries et erreurs de langage, mais la série révèle au fur et à mesure un personnage tendre, fidèle, pas dénué d’un certain courage, brillant sous certains aspects, et bougrement attachant. Loin d’être un imbécile, Perceval est plus certainement un naïf, qui vit dans un rapport immédiat et sans filtre avec le monde. Pas d’ironie chez lui ni de second degré, les angles de la carte sont d’abord les quatre coins du papier avant d’être un peuple figuré par des cailloux. On le pense souvent efflanqué de son ami Karadoc, mais je crois qu’au fond son véritable partenaire c’est le Roi Arthur. Son double inversé disons : à la lucidité parfois déprimée de ce dernier s’oppose la joie et l’enthousiasme de Perceval, toujours curieux, désireux d’apprendre, même quand il ne comprend rien. Ils forment à eux deux les deux faces d’une même pièce où se joue toute notre humanité. Pour en revenir à lui, c’est bon vivant, buveur et mangeur, amateur de jeux de sociétés compliqués, passionné par l’astronomie et peu enclin au malheur, jovial par nature, honnête, droit, avec un grand cœur. Un type plutôt agréable à fréquenter donc…

D’accord il a changé ta vie mais comment ?
Je suis de la génération Kaamelott, ces personnages, autant que les Nuls et les Inconnus sont constitutifs d’un imaginaire et d’un certain type d’humour qui a véritablement eu valeur d’éducation pour mes ami.e.s et moi. Ce sont presque des figures familiales ; Perceval c’est tout à la fois un oncle, un frère et un pote dont on se moque avec tendresse, mais qu’on aime follement pour tout ce qu’il est, qualités et défauts compris.
S’il a changé ma vie c’est tout d’abord par les rires qu’il m’a offert. On ne compte plus les phrases et répliques cultes qu’il nous reste de ce dernier, on parle quand même d’un mec qui « connait une technique pour tuer trois hommes en un coup rien qu’avec des feuilles mortes » ! Ensuite ce serait via son rapport à l’enfance, la naïveté de ce dernier est presque une sorte de catharsis inversée pour moi : en étant constamment dans un rapport premier aux choses comme aux mots, il nous invite à déconstruire nos idées reçues et nos grands principes, pour nous en purger nous même par le rire. Une fois commencée cette remise en question, on en vient même à ce se demander s’il ne serait pas au fond le plus intelligent de tous ? Sans aucun doute le plus sensible en tout cas. Comme il le dit lui même : « c’est pas moi qui explique mal, c’est les autres qui sont cons ».

 

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Et il pourrait quoi pour la nôtre ?
Ce sont là des poncifs mais je crois sincèrement que le rire est un des plus beau cadeau que l’on puisse faire à son prochain. Par lui on dédramatise les douleurs de l’existence, et on allège un peu la vie.  Perceval peut tout autant donner à rire qu’à penser, ce qui n’a rien de contradictoire d’ailleurs. Depuis l’antiquité comique et critique ont toujours marché main dans la main. Avec lui on entame une réflexion sur le langage, sur nos lieux communs, nos expressions toutes faites, tous ces moments où nous ne pensons plus véritablement, mais où le langage nous pense et parle à notre place. Enfin par le regard neuf qu’il pose sur le monde et la vie, Perceval nous offre une certaine forme de poésie, qui va de l’étonnement à l’émerveillement, et dont la joie serait le salaire. Par les temps qui courent, garder une âme d’enfant pourrait s’avérer salvateur pour chacun d’entre nous.

Ta #série, toi et nous : The Leftovers

27 Avr

Parce que c’est l’un des derniers endroits qui nous rassemble. Parce que nous avons plus que jamais besoin d’être ensemble. Et parce que… nous allons passer beaucoup de temps sur le canapé, voici « Ta série, toi et nous ».

Je reçois ici un (e) invité (e) dont j’aime l’écriture, la voix et/ou le regard à partager sa relation avec l’héroïne ou le héros de sa vie. Merci infiniment à Thibaut de Saint-Maurice d’avoir accepté mon invitation

Thibaut de Saint-Maurice, philosophe et essayiste 

Dernier livre paru « Des philosophes et des héros – petite balade en philosophie à travers nos personnages favoris »

Qui est le seul personnage qui peut quelque chose pour toi ?
Kevin Garvey, l’un des personnages principaux de « The Leftovers », une sorte d’alliage inattendue entre un chef de la police d’une petite ville américaine, tout en muscle, en certitude et en virilité et un homme blessé, aux prises avec des démons intérieurs, qui ne comprend pas grand-chose de ce qui lui arrive. Il faut dire que Justin Theroux, l’acteur qui joue ce personnage, est tellement parfait dans le rôle : un corps parfait et un visage capable de s’effondrer dans les larmes, mais aussi une douceur qui naît dans les yeux à mesure que la série progresse… Il ne comprend pourquoi sa femme l’a quitté, il ne sait pas bien qui il est, il ne comprend plus le monde dans lequel il vit, et pourtant il trouve le moyen de continuer.
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D’accord il a changé ta vie mais comment ?
Parce que pendant trois saisons, il a été celui qui m’a appris que l’on pouvait continuer de vivre, de faire son travail, de tomber amoureux et d’être là pour les autres, sans pour autant tout comprendre de ce qui nous arrive. Pour le professeur de philosophie que je suis, la pire des tentations c’est finalement de vouloir tout comprendre, tout penser et finir par trouver une raison à tout. Là, il n’y a pas de raison, il y a juste une vie à vivre et des rencontres à faire. Il m’a aussi réconcilié avec le temps qui passe et avec le fait de vieillir : nous n’avons pas qu’une seule vie. On peut toujours recommencer s’il le faut…

 

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Et il pourrait quoi pour la nôtre ?
Déjà il pourrait l’embellir, parce qu’il est beau ! Et puis il peut nous faire beaucoup de bien en nous apprenant à exprimer la vulnérabilité qui est au fond de chacun de nous et que nous avons parfois tant de mal à exprimer. Parce qu’on ne nous apprend pas à l’exprimer et à la vivre, parce que nous vivons encore dans une culture où nos fragilités intérieures sont des failles que l’on voudrait soigner à tout prix pour entretenir une certaine « normalité ». En cela, c’est un personnage très libérateur…

Ta #série, toi et nous : Kung Fu

25 Avr

Parce que c’est l’un des derniers endroits qui nous rassemble. Parce que nous avons plus que jamais besoin d’être ensemble. Et parce que… nous allons passer beaucoup de temps sur le canapé, voici « Ta série, toi et nous ».

Je reçois ici un (e) invité (e) dont j’aime l’écriture, la voix et/ou le regard à partager sa relation avec l’héroïne ou le héros de sa vie. Merci infiniment à Philippe Beyvin d’avoir accepté mon invitation

Philippe Beyvin, auteur

Dernier roman paru « Les photos d’un père » aux éditions Grasset

Qui est le seul personnage qui peut quelque chose pour toi ?
Kwai Chang Caine dans la série des années 1970 « Kung Fu ». C’est un métis sino-américain qui a été élevé en Chine dans le temple Shaolin où il est devenu moine. Après avoir vengé la mort de son maître qui le surnommait Petit Scarabée, il part aux États-Unis pour retrouver son demi-frère. D’épisode en épisode, il traverse à pieds le Grand Ouest américain, recherché pour le meurtre qu’il a commis en Chine. Il est toujours d’un calme imperturbable, mais derrière cette apparente impassibilité se cache un être qui, de par ses connaissances, est capable de tuer autant avec ses poings qu’avec ses paroles. C’est une sorte de vagabond céleste.
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D’accord il a changé ta vie mais comment ?
J’ai regardé la série quand j’étais enfant. J’’étais plutôt chétif et la série montrait un garçon frêle, un peu ignorant, devenant fort et sage une fois devenu adulte – il y a beaucoup de flash-backs qui montrent sa formation. Même si je ne comprenais pas toutes les leçons des maîtres du jeune Caine, c’était une forme de leçon de vie. C’est peut-être aussi le personnage qui m’a donné le goût des voyages comme des paysages américains.

 

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Et il pourrait quoi pour la nôtre ?
Vous apporter de la sagesse. Deux citations : « La peur est notre ennemi, la confiance est notre armure. » et « L’amour est harmonie, même dans la discorde. »

Ta #série, toi et nous : Parks and Recreation

19 Avr

Parce que c’est l’un des derniers endroits qui nous rassemble. Parce que nous avons plus que jamais besoin d’être ensemble. Et parce que… nous allons passer beaucoup de temps sur le canapé, voici « Ta série, toi et nous ».

Je reçois ici un (e) invité (e) dont j’aime l’écriture, la voix et/ou le regard à partager sa relation avec l’héroïne ou le héros de sa vie. Merci infiniment à Renan Cros d’avoir accepté mon invitation

Renan Cros, professeur d’histoire du cinéma et spécialiste de la comédie

Qui est le seul personnage qui peut quelque chose pour toi ?
J’aurais dû mal à dire un seul personnage. Je dirais plutôt un groupe de personnages. Ce que j’aime dans les séries c’est la façon dont les gens apprennent à vivre entre eux. C’est pour ça que j’aime autant les sitcoms, autant la comédie. C’est le genre qui raconte le mieux ce que c’est que de vivre avec les autres. Evidemment, il y a eu « Friends » – pour moi la série la plus consolatoire parce qu’elle imagine une vie d’adultes totalement libre, dénuée de contraintes sociales. Mais de manière plus réaliste, j’ai un amour fou pour Leslie Knope et la bande de « Parks and Recreation ».
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D’accord elle a changé ta vie mais comment ?
Je ne sais pas si Leslie Knope a changé ma vie mais elle m’a prouvé qu’on peut faire rire, faire de la grande série, de la grande comédie avec juste des sentiments positifs. C’est l’histoire d’un personnage qui veut que tout se passe bien, un personnage optimiste, aimant… Autant dire pas vraiment un personnage de comédie, au départ. Mais la série fait de son énergie, de sa façon de voir le monde toujours par le haut une rage souriante aussi hilarante que contagieuse. C’est beau un personnage qui se demande juste, constamment, comment devenir meilleur, comment être quelqu’un de bien et qui transmet ça aux autres.

 

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Et elle pourrait quoi pour la nôtre ?
Je crois que Leslie Knope et la bande de « Parks and Recreation » sont un remède au cynisme. Au fond, la série et ce personnage nous disent que c’est facile de ne pas croire, c’est facile de tout dénigrer, de tout mettre à distance. Mais la vraie force, la vraie beauté des choses c’est d’y croire malgré tout. C’est vraiment une grande série morale pour ça. La façon dont ce personnage surmonte l’absurdité du monde par sa bienveillance folle, sa façon de croire et de compter sur les autres, de les aimer comme tels, sa façon de douter aussi parfois d’elle, ça vaut pour moi de grandes leçons de philosophie.

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