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ILTVSW pilot crush : The Grinder

18 Oct

FRA/ENGLISH

Lorsqu’il gèle dehors et qu’il ne devrait pas puisque Paris, France, a la réputation mondiale d’être une ville au climat tempéré et que Noël est encore loin, on ne peut compter que sur une valeur sûre. On peut prendre un thé. Ou, on peut prendre un thé, de la mythologie et un beau gosse aux yeux bleus. Pour une étrange raison, je recommande la seconde option. L’objet de mon récent pilot crush The Grinder.

Il arrive que les titres fonctionnent comme des promesses. Ce n’est pas le cas de celui-là. Sauf, si on prête l’oreille à sa petite musique : « The Griiiiiiinder ». Elle provoquera forcément un sourire. Et ce sera une bonne chose puisque c’est précisément ce que l’on attend de nous. Je sens que certains d’entre vous s’impatientent déjà. Alors, alors, la mythologie et le beau gosse aux yeux bleus (hein @Astiera01 @Nathalie_Lenoir @Christel_Pavard) ? OK.

Donc The Grinder est une série à propos de deux frères qui s’aiment mais ont emprunté des chemins séparés. Si vous pensez à Abel et Cain, gagné ! Comme il s’agit d’une comédie, les choses vont tourner moche mais pas moche-moche entre beau gosse aux yeux bleus… Rob Lowe et son frangin, Fred Savage. Le premier est une future ex star de la téléréalité qui gagne des procès parce qu’il parle et passe bien à la télé. Le second est un vrai avocat qui gagne des procès même s’il ne parle pas bien mais parce qu’il a étudié à la faculté de droit, ce qui peut aider. Comme la TV est une drogue, the grinder-Rob Lowe est persuadé qu’il peut devenir un grand pro du barreau et décide de squatter la vie de son frère. Ce qui provoque bientôt chez cet heureux père de famille des pulsions de nature meurtrière.

D’accord, la formule n’a rien de nouveau mais la série fonctionne. Sûrement car sur le terrain de l’intime, elle résonne familièrement. Team Abel ou team Cain ? Et, probablement, aussi car The Grinder, nous rappelle que nous sommes tous des victimes potentielles du miroir déformant qu’est la télé.

La semaine prochaine sur ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Rob Lowe & Fred Savage © Fox

 

TItre/Title : The Grinder
Créateurs/Creators : Andrew Mogel, Jarrad Paul
Cast : Rob Lowe, Fred Savage, Mary Elizabeth Ellis, William Devane
Maths : 1 saison/season
Chaîne/Network : Fox

 

When it is freezing outside and it shouldn’t be because Paris, France, is world known as a temperate climate city and that it is not even Christmas, you need to rely on strong values to survive. You can have a tea. Or you can have a tea plus mythology plus a blue-eyed pretty face. And for some strange reason I do recommend the second option. The subject of my latest pilot crush : The Grinder

Sometimes titles work like little promises. But the one does not. Except, if we just consider the music of saying out loud : « The Griiiiiiinder ». And then we smile. Which is a good thing because it is exactly what is expected from us. I can tell that some of you are starting to get impatient (yes you @Astiera01 @Nathalie_Lenoir @Christel_Pavard). What about the mythology and the blue-eyed pretty face ? Okay. 

So The Grinder is a show about two brothers who like each other but went separate ways. If you think of Abel and Cain you are right. But as it is a comedy, yes things are going to turn ugly but not ugly ugly between the blue-eyed pretty face… Rob Lowe and his bro, Fred Savage. The first one is a soon to be forgotten reality TV star who wins trials just because he is good at talking on TV. The second one is an actual lawyer who wins despite he is no good at talking but went to law school, which helps.

Because TV is a drug, the grinder-Rob Lowe is convinced that he can become an amazing professional, decides to stick around and to stay at his brother’s house. An happily married good guy who cannot believe that he suddenly has some kind of Abel and Cain type of pulsions. 

The formula has nothing new though it works well because on an intimate level, well, we all have these pulsions we try so hard to hide. And also because The Grinder reminds us that we are all potential casualties of the fake mirror of TV.

Next week on ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

ILTVSW guest star: Bruno Gaccio

24 Mai

FRA/ENGLISH

Bruno Gaccio, auteur et découvreur de talents à la tête de La Fabrique pour Canal Plus, a accepté l’invitation de ILTVSW à l’occasion du lancement de la saison 3 de Hard. De la naissance des projets, à son rapport avec les scénaristes, en passant par le lien étroit entre la dramaturgie et le golf, jusqu’au miracle que constitue une série réussie, il se livre dans une interview fleuve et gastronomique.

To my readers, exceptionally ILTVSW will only be French speaking this week. Bruno Gaccio, the French writer & producer for Canal Plus, where he helped to reveal new writers, is the guest star of the blog today. But as soon as next week things will be back to normal meaning French & English.

 

 

ILTVSW. Vous avez longtemps été à la tête de La Fabrique de Canal Plus, chargé de découvrir et d’aider de nouveaux talents à éclore. Hard, dont la saison 3 débute dans huit jours, est l’une des séries qui y est née. Existe-t-il un processus de création idéal ?
Bruno Gaccio. Le processus de création idéal n’existe pas. Dans l’industrie de la télévision, la création peut venir de n’importe où. De l’intuition de quelqu’un qui pense qu’un sujet peut intéresser un public, par exemple. Dans le cas de Hard, cela naît d’un échec. Nous avions fait Les interminables avec Gilles Galud (producteur à la tête de La Parisienne d’Images, NDLR). C’était une série avec que des vieux. Des vieux qui étaient condamnés à mort s’ils n’avaient pas de quoi gagner leur vie. Donc, les personnages faisaient à peu près n’importe quoi y compris du cinéma porno. La série traitait de la mort, de la pauvreté, de l’impossibilité de s’en sortir. C’était déprimant donc elle n’a pas fonctionné. Avec Gilles, le lendemain des résultats, on était déprimé, on buvait du café, on fumait des cigarettes dans son bureau et on rigolait en se disant : « Le prochaine fois, on ne met que des nanas de 20 ans à poil. Puisque c’est ce qu’ils veulent, on va leur donner et on fera un succès ». Et puis, en réfléchissant au pourquoi on s’était planté, j’ai dit : « Pourquoi, on ne fait pas une comédie romantique qui se passerait dans l’univers du porno ? ». Voilà comment un producteur et une chaîne peuvent trouver une idée.

 

Un auteur doit tout te donner

 

ILTVSW. Cela n’aurait pu rester qu’un concept, comment êtes-vous parvenus à lui donner l’épaisseur et la fantaisie qui caractérisent, en plus, la série ?
Bruno Gaccio. Nous nous sommes dits qu’un acteur porno n’était pas qu’une machine à baiser, c’était un être humain. Ce type ou cette femme pouvait donc tout à fait être amoureux de quelqu’un, rentrer le soir chez lui épuisé, se poser devant la télé comme on le fait tous quand on est crevé sans réfléchir à rien. La question que nous nous sommes ensuite posée est : comment vit-on cette situation ? On ne peut pas créer pour rien, on crée pour une chaîne. Cette chaîne est la première à avoir diffusé du porno donc elle était tout à fait légitime pour produire une série comme Hard sans que cela soit incongru. Le support était le bon, l’idée n’était pas mauvaise, nous avions une structure pour le faire, qu’est-ce qui nous en empêchait ? Nous avons lancé un appel à projets. Nous en avons reçu 110. Très vite, nous nous sommes dits que nous aimerions retenir celui d’une femme car si nous ne mettions que des mecs autour d’une table, cela serait une catastrophe. Nous en avons retenu deux celui de Cathy Verney et celui d’un autre scénariste. Elle a été la mieux disante notamment parce qu’elle vient d’un milieu bourge et que sa façon de traiter les à-côtés, les verrines, la vallée de Chevreuse … était bien meilleure. Elle ne connaissait rien au porno, c’est nous qui l’avons alimentée.

ILTVSW. La Fabrique a accueilli de nombreux nouveaux auteurs, comment avez-vous travaillé avec eux ?
Bruno Gaccio. Pour moi, il y a des étapes. Les premières semaines, il faut dire aux auteurs : « Fais ce que tu veux. Je veux tout ce qu’il y a dans ta tête donc il y a zéro limite ». Il faut qu’ils osent tout. Il faut qu’ils rendent tout : des scènes, des notes, des dialogues, des personnages … Dans le désordre, ce qui est important, c’est de tout mettre sur la table. Un auteur doit tout te donner. Je sais que je travaille pour la télévision et qu’il devra faire 26, 52 ou 90 minutes. Il ne peut pas me donner un film de deux heures, ni un court métrage. Mais ça, je n’ai pas à lui dire. Une fois que tout sera sur la table, on fera des réunions assez longues pour voir ce qui va dans la direction qu’il a choisie. Sauf qu’il y a un support, la télévision qui a une ligne éditoriale, qui veut certaines choses et pas d’autres. Mon rôle est d’emmener l’auteur dans ce cadre sans qu’il s’en aperçoive et sans le brimer parce que s’il nous livre quelque chose qu’on ne peut pas diffuser, il aura travaillé pour rien et nous on aura perdu de l’argent. Tout le travail, c’est ça.

 

 

 

ILTVSW. Et ce désordre finit un jour par prendre du sens …
Bruno Gaccio. Ce qui nourrit l’histoire fait que le personnage naît. Et, à un moment du processus, une évidence surgit. C’était comme ça que cela devait être. C’est évident. Les auteurs reconnaissent ce moment-là et les producteurs, aussi. Ils disent : « Cette femme est comme ça, elle a tant d’enfants, elle fait ce métier-là ». Pour Hard par exemple, tout ce qu’elle fait, c’est pour nourrir sa famille. La seule chose qui la pousse, c’est d’être autonome.

ILTVSW. Si c’est évident pourquoi y-a-t-il des séries évidemment réussies et d’autres moins réussies ou même ratées ?
Bruno Gaccio. J’explique cela très facilement. C’est un peu comme au golf, si ton club est ouvert d’un degré à droite ou à gauche, à l’arrivée ta balle va être vingt-cinq mètres à droite ou vingt-cinq mètres à gauche. Dans le processus créatif, c’est pareil. Si tu rates un petit peu le début, tu construis sur du bancal et, à la fin, tu es à côté de la plaque. Nous, on a réussi, allez, je vais dire, un projet sur trois. Pour un qui était acceptable, il y en avait un réussi et un raté. Le pire, c’est peut-être l’acceptable. Le raté, c’est pas grave, tu es allé au bout et tu t’es planté. Alors que dans l’acceptable, tu es 10% à côté de tout, donc pas loin. Tu te dis l’idée est bonne mais quand tu vois l’idée, c’est trop tard. Il y a toujours quelqu’un qui voit venir ces 10%. Si ce n’est pas moi, c’est de ma faute car je n’ai pas écouté. Si c’est moi, c’est de ma faute car je n’ai pas réussi à les recadrer. Quand tu crées une série, entre  l’idée et ce qui arrive sur l’écran, il y a un nombre incroyable de filtres. Un auteur qui travaille, des dialoguistes qui vont venir aider, des script doctors qui vont mettre leur nez dedans puis un styliste qui ne voit pas la même chose … Et le producteur qui ne doit pas bouffer sa marge. Ensuite, tu as un réalisateur qui a une vision. Avec Gilles, on avait raccourci le circuit de décision. La chaîne travaillait avec les auteurs. Ce qui ne se passe jamais. Ils voient les showrunners, les producteurs, jamais les auteurs, je pense que c’est une erreur. Il faut être dans la pièce avec les auteurs. A la limite, le chef de projet devrait être le showrunner car c’est le seul moyen d’obtenir une unité.

 

 

ILTVSW. Donc, il faut admettre que le risque est toujours l’une des variables …
Bruno Gaccio. Le processus créatif ne fonctionne pas à chaque fois. Pour que ça marche, il faut un alignement de planètes formidable. Il faut que l’idée soit bonne et que le sujet soit le bon, c’est le plus important, plus que l’écriture. Ensuite, il faut trouver la bonne personne pour qu’elle l’écrive dans l’air du temps pour que les gens puissent l’accepter. Il faut après que le réalisateur comprenne qu’il n’est pas le maître du projet mais le serviteur du projet. S’il commence à vouloir faire de l’art, tu es mort. En France, la législation, lui donne le statut d’auteur et il le croit. Ces cons de techniciens ont cru qu’ils étaient des auteurs. Certains d’entre eux le sont, évidemment. Mais ils sont très rares. Dans les contrats, ils sont engagés comme techniciens mais ils n’acceptent pas de l’être. Alors cela donne des trucs comme dans une scène où un personnage est en colère, un réal qui veut que cela soit joué « tout en douceur ». Quand tu tombes sur un réal comme ça, c’est fini, tu ne peux rien faire parce que c’est son plateau et toi, tu fermes ta gueule. Tu essayes ensuite de rectifier au montage mais tu n’arrives pas à le faire car tu n’as pas les bonnes prises. Donc, tu es 10% à côté partout.

ILTVSW. Comment avez-vous choisi les auteurs qui ont fait partie de La Fabrique ?
Bruno Gaccio. Nous n’avons jamais travaillé sur un projet. Nous avons sélectionné des gens qui avaient quelque chose de particulier. Après on leur a dit : « Ton histoire de scarabée qui tombe amoureux d’une araignée homosexuelle, on n’est pas très convaincu mais si tu remplaces le scarabée par un unijambiste et qu’au lieu d’une araignée homosexuelle, tu mets un héron … » C’est selon ce que l’auteur a dans la tête que tu détermines toi, producteur, que c’est intéressant ou non de payer pour ça. Il y a une part de risques que tu limites à ta vision des choses. Si je crois en quelqu’un, je paye pour voir. Si je perds, c’est pas grave parce que j’y croyais.

 

Je sais que je vais mourir et que Dieu n’existe pas

 

ILTVSW. Vous avez souvent été les chercher sur le terrain de la comédie  …
Bruno Gaccio. Je suis personnellement profondément désespéré. Je sais que je vais mourir et je sais que Dieu n’existe pas. Ça fait deux paramètres un peu lourds. La comédie, c’est un point de vue. Je pourrais traiter les choses de façon dramatique ou intellectuelle mais je préfère les traiter en comédie parce que c’est mon point de vue. Mon travail consiste à apprendre à connaître quelqu’un, ce qu’il a en lui et, surtout, ce qu’il est capable de donner. Tu vas commencer à travailler autour d’un projet, ça dure quelques semaines et puis après, tu bois un verre. Tu demandes : « T’es marié ? Comment ça se passe ? Tu es désespéré ? Optimiste ? Pessimiste ? Qu’est-ce que tu penses de la politique ? Et ses blessures remontent. Ces blessures, elles disent la profondeur de quelqu’un et de ce qu’il est capable de te donner. Plus il va profond, plus il va te donner des choses profondes. Si c’est quelqu’un de totalement superficiel, il va te donner des choses superficielles, probablement des clichés. Il ne s’agit pas d’agiter les bras, ni de faire le malin. Tu as des gens authentiquement drôles et d’autres qui se forcent à l’être. Ça, tu le devines en discutant avec les gens.

ILTVSW. Finalement, il y a peu de séries singulières en France et de nombreux auteurs talentueux. Comment l’expliquez-vous ?
Bruno Gaccio. Il y a beaucoup de talent en France chez les auteurs, il y en a peu chez les producteurs. Je pense que nous ne manquons pas d’auteurs mais de producteurs. De producteurs capables d’être producteurs artistiques c’est-à-dire capables d’aider quelqu’un à accoucher. J’ai rencontré des gens capables de payer un auteur pour qu’il travaille mais qui sont incapables de se mettre à table avec lui. Picoler avec lui, fumer des clopes avec lui et lui dire « tu fais de la merde » et que l’auteur ne lui en veuille pas. Je ne suis pas le producteur sur Hard mais j’ai dit à Camille Pouzol, si tu travailles toute seule dans ton coin et que tu m’envoies des textes, cela ne marchera pas. Je vais mettre huit jours à écrire la note de lecture, tu vas mettre trois jours à pleurer et à réécrire, on va perdre un temps fou. Je lui ai dit : « Dès que tu écris un truc, tu viens au bureau, on travaille. Tu n’arrives pas à faire un truc, tu viens, tu as réussi un truc et tu le trouves bien, tu viens. Tu es tout le temps là ». Nous avons travaillé un an comme ça parce que je suis auteur et que je sais coacher des auteurs. Je sais tirer d’eux ce qu’ils ont de meilleur. Nous manquons de producteurs capables de faire ça.

Titre : Hard
Créatrice : Cathy Verney
Scénariste saison 3 : Camille Pouzol
Cast : Natacha Lindinger, François Vincentelli, Charlie Dupont, Stephan Wojtowicz, Fanny Sydney, Michèle Laroque.
Chaîne : Canal Plus

© 2015 ILTVSW – La reproduction partielle ou entière de cet entretien n’est pas légale sans l’accord préalable de ILTVSW.

La semaine prochaine dans ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

ILTVSW craque aussi pour/also loves … Togetherness

18 Jan

FRA/ENGLISH

Bonne nouvelle, les gens ! Le fameux « Il n’y a pas de problème car, devinez quoi, il y a toujours une solution » n’est pas uniquement le pitch du prochain hit de Noël de Walt Disney mais, peut-être, la vérité de l’année. Ou, au moins, du mois de janvier. Et même si cela ne devait concerner que la semaine à venir, cela serait, de toute manière, positif. Prenons donc un moment pour l’apprécier.

Surtout ceux d’entre nous qui sommes à la fois tout excités par la nouvelle saison de Girls et totalement déprimés car ce retour signifie également que la série aura une fin, un jour. Et que, c’est mathématique, plus nous regardons d’épisodes plus nous nous rapprochons de l’épilogue. Constat qui subséquemment (oui, j’ai fait mes devoirs pendant les vacances de Noël) implique que nous allons devoir accepter de retourner à la réalité de notre solitaire existence bancale (*) et essayer, tant bien que mal, de survivre dans notre monde étrange. Une perspective tellement triste que des larmes de mélancolie ont noyé celles de mon rhume de saison lorsque j’en ai pris conscience.

Mais si, malgré tout (oui, le changement climatique est une chose effrayante mais ce n’est pas ce que j’ai en tête), j’ai réussi à revenir de vacances avec un grand sourire sur le visage, c’est parce que j’ai une nouvelle formidable à partager. Quand nous aurons fini de nous apitoyer sur notre sort devant une bande de futurs trentenaires, nous aurons le plaisir fou de nous plonger dans les bizarreries de quasi quadragénaires.

Grâce à Togetherness, la nouvelle série HBO, croyez-moi, il n’y aura bientôt rien de plus sexy que de fêter ses 70 ans malgré les dommages collatéraux (mon intuition me dit que l’équation seins/pesanteur est la partie positive du problème). Principalement car, avouons-le, depuis que Carrie Bradshaw a pris sa retraite sur HBO, le sexe n’est plus un truc rigolo. Pour être précis, plus un truc rigolo à pratiquer. Pour une fois, nous le héros de notre vie > le héros du petit écran. Ce qui est assez rare et enfin équitable. En gros, dans Togetherness, notre vie pourrie n’est rien à côté de la sienne. Cela fait un bien fou. Surtout, lorsque l’un des personnages principaux en question est interprété par la divine Amanda Peet.

La meilleure nouvelle apportée par la série est qu’en dépit de la tristesse inhérente (les devoirs, aussi) à l’âge adulte, nous avons toujours l’opportunité d’expérimenter des petits plaisirs de la vie dont nous n’imaginions même pas l’existence. Comme celui de shooter dans une canette vide sur une pelouse entourés de nos amis sous Prozac (ou bientôt) et sans les enfants.

Il faut que tout change pour que rien ne change. Cette réplique célèbre d’un film inoubliable ne doit être vraie qu’envisagée à grande échelle. Car, du point de vue de l’intime, inutile de nous fatiguer à essayer. Toute tentative n’aura aucun effet, positif ou négatif, sur ce qu’est intrinsèquement (😉) l’expérience humaine. Grâce à Togetherness et aux frères Duplass, ses créateurs, nous savons que les truc pourris du quotidien sont la chose que nous avons en commun à 20, 33 ou 42 ans. Rien ne changera cela. Mais cela n’est pas forcément une mauvaise nouvelle car, au bout du compte, c’est aussi cela qui nous rassemble.

La semaine prochaine dans ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

(*) Chéri, pour mon premier post de l’année 2015, je tente la figure de style. Il s’agit là d’une hyperbole. Elle se classe dans la catégorie des amplifications. Rien de personnel, donc.

 

Togetherness © HBO

 

 

Titre/Title: Togertherness (2015)
Créateurs/creators: Jay Duplass & Mark Duplass
Cast: Amanda Peet, Melanie Lynskey, Mark Duplass, Steve Zissis
Maths: 8 épisodes/episodes
Chaîne/Network: HBO, OCS en France

Good news, people ! The « there is no such thing as a problem because guess what, there is always a solution » is actually not only the pitch of the Walt Disney next Chrismas hit but maybe the truth of the year. Or at least of the month. Anyway, it is good news even if just for the week to come so let’s appreciate it. 

For all of us who are both totally excited by the new season of Girls and totally depressed because it means that the show is going to end one day. And mathematically the more episodes we watch, the closer we get to its end. Which subsequently (yes, I did some homework during Christmas break) means that we are going to go back to our fucked up people loneliness (*) trying to make it through the day in our weird world. And that is such a sad perspective that tears of melancholia drowned the tears from my cold when I realized it. 

But if, despite of everything (yes climate change is very frightening but, no, it is not that), I managed to comeback from my vacation with a large smile on my face, it’s because I have an awesome news to share. When we will be done feeling sorry for ourselves in front of a bunch of twenty close to thirty something, we will have the insane pleasure to dive into the forty something weirdness. Thanks to Togetherness, the new HBO show, believe me there will soon not be sexier perspective than the one of reaching 70 despite the collateral damages (my intuition tells me that the boobs issue is the best part of the problem). Mainly because let’s face it on HBO since Carrie Bradshaw retired sex is not anymore a funny fun thing. Meaning it is still funny to watch. Not to experience. And that’s only fair that for once we the heroes of your own life > the hero of the small screen. Meaning that our shitty life is nothing compared to his. It feels great. Especially when one of the characters is played by the absolutely perfect Amanda Peet. 

The best news is that despite the inherent (homework too) sadness of the adult experience we still get to enjoy small things in life that we do not even imagine. Like shooting in a can on a lawn with depressed (or soon to be) friends and without the kids. 

Things need to change in order that nothing changes. A powerful line in an unforgettable movie. Well, that must be a large scale truthness. Because on the intimate level don’t bother to make a change, man. It will have zero effect good or bad on what is intrinsically (😉) the human experience. Thanks to Togetherness and the Duplass brothers, its creators, we now know that this all daily shit is the one thing we have in common at 20, 33 or 42. Nothing is going to change that. But it doesn’t have to be bad news because, at the end of the day, it’s what brings us together. 

Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

(*) Darling, in 2015, I am trying something new. It’s a stylistic device called an hyperbole. The point is to exaggerate. It is not to be taken personally. 

ILTVSW guest star: Greg Poehler (VF)

2 Nov

FRANÇAIS

Greg Poehler, le créateur et showrunner deWelcome to Sweden était à Fontainebleau, en juillet dernier, invité par le festival des scénaristes français Série series. ILTVSW a eu la chance de le rencontrer et de discuter avec lui de comédie, d’écriture, de coproduction et de comédies romantiques.

Alors qu’Arte diffuse en ce moment Lilyhammer, une autre série qui raconte le quotidien d’un autre Américain qui a déménagé dans le Nord de l’Europe, il nous a semblé intéressant d’explorer les défis artistiques que représente une aventure de ce genre.

 

 

 

ILTVSW. Dans quelle mesure une comédie doit-elle trouver sa source dans une expérience personnelle pour bien fonctionner?
Greg Poehler. Je ne sais pas si une comédie a besoin d’être personnelle pour fonctionner. Je pense que l’on peut écrire une bonne comédie sur un sujet qui n’a rien à voir avec sa propre vie ou expérience. Cela dit, je pense que c’est plus facile quand c’est un sujet que l’on connaît. Je fais de la stand up comedy en Suède et aux Etats-Unis et en tant que comédien, on apprend rapidement que plus on est authentique, plus on s’inspire de sa propre vie, plus on est apprécié par le public parce que l’on est plus drôle. Je pense également que lorsqu’il s’agit de soi, on est plus concerné et cela rend ce que l’on écrit meilleur à long terme car on est plus vigilant que si l’on écrivait juste une histoire parmi d’autres.

ILTVSW. L’authenticité est donc le facteur le plus important?
Greg Poehler. Je ne sais pas si c’est le facteur clé. Je sais que je voulais créer une série qui donnait une impression de réalité. Quand je regarde la télévision en général, et les comédies en particulier, l’une des choses que je n’aime pas, c’est lorsque l’on sacrifie l’authenticité au profit du rire. Je décroche. Je ne suis pas adepte du style blague après blague. J’apprécie lorsqu’au contraire, on privilégie la réalité, on freine un peu sur la comédie, même si c’est moins drôle, parce que la vie n’est pas une succession de blagues. On peut espérer cependant qu’à long terme, les téléspectateurs s’attachent plus à une série comme ça. Dans les sitcoms classiques, il y a peu de possibilités d’attachement émotionnel, on peut louper un épisode. C’est un autre type de séries et d’expérience pour les téléspectateurs.

 

Le plus souvent, votre série n’existera pas si ce n’est pas vous qui l’écrivez

 

ILTVSW. La plupart des bonnes comédies à la TV sont créées par des comédiens-auteurs, cela apporte-t-il quelque chose de plus?
Greg Poehler. Je suis convaincu que si vous écrivez pour vous même, vous connaissez vos points forts et donc vous écrivez quelque chose qui sera plus drôle pour vous car de la manière dont vous l’interpréterez réellement. Il est quelque fois difficile quand l’on raconte les blagues de quelque d’autre de le faire de manière authentique. De ce point de vue, c’est un considérable avantage de revendiquer un dialogue et de le trouver drôle. Mais cela peut aussi très bien fonctionner avec un scénario très bien écrit par des auteurs très drôles. Peut-être un peu moins bien, quand même (sourire).

ILTVSW. Vous connaissez vos points forts mais également vos faiblesses et peut-être que vous refuserez de vous aventurer sur ce terrain et que cela sera dommage …
Greg Poehler. Effectivement, je ne suis pas certain que l’on ait envie de cela devant la caméra. Le danger serait de ne pas écrire quelque chose qui repousse nos limites. Cela serait peut-être le seul point négatif, effectivement.

ILTVSW. Comment expliquez-vous le fait qu’il y ait autant de comédiens-auteurs dans le domaine de la comédie et si peu dans le domaine du drama?
Greg Poehler. Les gens qui sont dans la comédie ont tendance à être des auteurs qu’il s’agisse de sketchs ou de stand up. Cela va ensemble. Je pense que le plus souvent, et certainement dans mon cas, votre série ne verra pas le jour si vous ne l’écrivez pas. Et vous ne jouerez pas dedans si vous ne l’écrivez pas. Du coup, on voit de plus en plus de gens qui écrivent leurs trucs pour se voir donner une chance. C’est d’ailleurs, le conseil que je donne à quelqu’un qui voudrait se lancer. Ne comptez pas sur les autres. C’est très rare que quelqu’un écrive le rôle parfait pour vous. En plus, quand on a écrit quelque chose dans lequel on veut aussi jouer, c’est plus difficile de nous dire non. Il faut vraiment être très mauvais pour que l’on nous dise non. (rires).

ILTVSW. La comédie n’est pas un genre facile parce que l’humour est quelque chose d’assez subjectif, comment avez-vous surmonté cela dans Welcome to Sweden
Greg Poehler. Nous avions des scénaristes suédois dans la writing room. Les blagues devaient être jugées drôles par nous tous avant de sortir de la pièce.  Cela dit je ne crois pas que l’on puisse trouver une blague ou une série qui fonctionne partout. Il y a peut-être quelques exceptions à cette règle. Au mieux 70% des gens vont l’aimer. 20% la détester. Et 10% dire qu’elle est OK.  C’est le pronostic le plus optimiste. Nous avons essayé d’écrire des trucs drôles qui fonctionnaient sur les Suédois et les Américains de la pièce en espérant que cela marcherait aussi dans d’autres pays.

ILTVSW. Il semble essentiel de savoir jeter des éléments qui nous sont chers pour écrire une bonne comédie, l’avez-vous fait?
Greg Poehler. Je l’ai fait. Mais, il y en avait peu dans cette première saison. Je voulais surtout qu’elle se termine d’une certaine manière mais j’étais le seul. Je me suis battu dans ce sens aussi longtemps que j’ai pu, et puis, il y arrive un moment où il faut se rendre à l’évidence, j’étais seul contre 12 personnes qui disaient toutes que c’était une mauvaise idée. C’est la limite de la confiance en soi et de la fierté, il faut admettre que peut-être les autres ont raison. Je ne sais pas, je pense toujours que j’avais une meilleure idée (rires)! Je voulais finir sur un cliffhanger. Je ne voulais pas que l’intrigue soit résolue. Pour que les téléspectateurs attendent la saison 2. C’est douloureux. Même à 12 contre 1, je me demanderai toujours si mon plan n’était pas le meilleur.

 

 

ILTVSW. Est-il possible que le processus d’écriture collectif tue de temps en temps la créativité à cause d’une règle de majorité?
Greg Poehler. Cela peut être mauvais. Regardez la bonne télévision américaine de ces dernières années. 30 Rock est vraiment la vision de Tina Fey. Louie est l’unique série contrôlée totalement par une seule personne. Et même Breaking Bad de Vince Gilligan entre dans cette catégorie. Ce sont des formats dans lesquels le contrôle du créateur qui est le seul en charge rend les séries meilleures au bout du compte. Il faut bien entendu que cette personne sache ce qu’elle fait et qu’elle ait du talent. Je dois dire que pour quelqu’un qui n’avait rien fait avant, j’ai eu plus de contrôle qu’aucun auteur dans l’histoire de la télé donc je ne peux pas me plaindre de n’avoir eu que 95% de contrôle. Si vous faites confiance aux gens avec qui vous travaillez et qu’ils disent tous la même chose, il faut prendre du recul, réévaluer et comprendre pour quelle raison ils disent non. Cela ne signifie pas que vous aimiez cela mais vous devez l’accepter. Cependant, c’est vrai, le risque existe. Plus il y a de gens impliqués, plus le risque existe. Particulièrement quand il s’agit d’une coproduction entre les Etats-Unis et la Suède. Quand différents pays sont impliqués, vous recevez de nombreuses notes contradictoires. Il faut se faire confiance et rester aussi fidèle que possible à sa vision originale. Je tenais particulièrement, par exemple, à un certain rythme pour la série. Je voulais qu’elle soit subtile. Cela n’a pas été facile mais je crois que nous y sommes parvenus.

ILTVSW. Vous avez choisi le chemin difficile de la comédie romantique …
Greg Poehler. J’ai toujours secrètement aimé les comédies romantiques. Je les regarde souvent tout au fond dans les avions quand personne ne me voit. Je suis souvent frustré, je parle de cinéma, car elles emploient toujours une formule, on voit tout de suite où elles veulent en venir. Donc, j’ai voulu créer une série qui serait une comédie romantique drôle mais qui permettrait aussi de se sentir concerné par les personnages. Cela m’a toujours guidé dans le processus créatif. Je voulais que la série soit tendre. Je suis vraiment beaucoup plus sensible que Mindy Kaling (rires)!

Titre: Welcome to Sweden (2014- )
Créateur: Greg Poehler
Cast: Greg Poehler, Josephine Bornebusch, Lena Olin, Amy Poehler
Chaînes: TV4 (Sweden)/ NBC (USA)

© 2014 ILTVSW

La semaine prochaine dans ILTVSW …  Oups, pas encore tranché, désolée.

ILTVSW guest star: Greg Poehler

26 Oct

ENGLISH

Greg Poehler, the creator and showrunner of Welcome to Sweden was in Fontainebleau last july invited by the French screenwriters festival Série series. ILTVSW was lucky enough to seat with him and talk comedy, writing, coproduction and romantic comedies.

As the French network Arte is this week airing Lilyhammer, another comedy show telling the story of another American moving to the north of Europe, the timing was perfect to explore the challenges of such an artistic adventure.

 

 

 

ILTVSW. How much does comedy need to come from a personal experience to be great?
Greg Poehler. I don’t know if it needs to be personal to be great. I think you can write a great comedy about something which has nothing to do with your life or your experience. I think it is easier if it is something you know. I do stand up comedy in Sweden and in the US and as a stand up comedian you learn pretty early on that the more stuff you can do that’s genuine and about your own life it’s better received by the audience. They appreciate it more and it turns up to be funnier. Also I think if it’s about you and your own experience, you just care more about it and maybe that makes it better in the long run because you really pay more attention than you would be if it was just a random story.

ILTVSW. The genuine factor is the most important thing in comedy writing?
Greg Poehler. I don’t know if it’s a key to comedy. The show that I wanted to make was a show that felt real. When I watch television in general and comedies especially part of the things that I don’t like if when a comedy sacrifices reality and genuineness for laughs. That loses me. I personally don’t like the « jokes, jokes, jokes all the time » style. When you do genuine and real you do have to pull back on the comedy, it becomes less funny because life is not one joke after another. Hopefully in the long run the viewers connect more with a show like that. In a regular sitcom that has jokes all the time you don’t really develop an emotional attachment to it, you don’t need to watch every episode, you can just miss one. It’s a different type of show and viewing experience.

 

 A lot of times you don’t get to make the show unless you write it

 

ILTVSW. A lot of great comedy TV shows are made by actors-writers, do you think it brings something more?
Greg Poehler. I definitely think that if you are writing for yourself you know what your strengths are and you end up writing lines that you know are funnier for you and written in a way that you would actually say them. It’s difficult sometimes when you are telling somebody else’s jokes to deliver them in a way that sounds genuine. In that aspect I think it’s a huge advantage and benefit to have all the dialogue be something that you yourself stand behind and find to be funny yourself. But if you have a script that’s really well written by really funny people I think that could work just as well. Maybe a little bit less (smile).

ILTVSW. You know your strengths but you also know your weaknesses and maybe you do not want to go there …  
Greg Poehler. I don’t know if you want to go there if you are on camera … The danger might be that you wouldn’t write something that stretches your limits, maybe something you couldn’t do. That’s maybe the only downside to it.

ILTVSW. Do you have an explanation to the fact that there are so many acting-writing people in comedy which is not the case in drama?
Greg Poehler. People who are in comedy in general tend to be writers anyway writing their own material weither it would be stand up or sketchs. It kind of goes hand and hand. Also I think, certainly in my case, a lot of times you don’t get to make the show unless you write it. And you wouldn’t be in it unless you write it. More and more you see people having to write stuff for themselves to be able to be given opportunities. That would be my advice to anyone who is trying to make it in comedy certainly is to write stuff for yourself. Don’t rely on somebody else. It is very rare that someone is going to write the perfect part for you. Also when you write something and you bring it to someone and you also want to act in it, it is tougher for them to say no. You have to be pretty bad for them to say no (laughs).

ILTVSW. Comedy is not an easy genre because people do not share the same humor, how did you deal with that with Welcome to Sweden
Greg Poehler. Our process was that we had Swedish writers in the writers room. Our test was all the jokes or scenes had to be funny for all of us before we would allow it to be sent out of that room. I don’t think you can ever find a joke or a show that works everywhere. There are probably some exception to that rule. At best you are going get 70% people liking it. 20% hating it. And 10% saying: it’s OK. That’s about as good as you can do. We tried to find jokes that worked at least for both Swedish and American in the room and hoped it would translate in every country.

ILTVSW. Killing darlings seems essential to write good comedy, did you on your show?
Greg Poehler. I did. I have very few darlings I would say in the first season. I wanted to first season to end a certain way and nobody else wanted it to end that way. I fought for it for as long as I could and then eventually there was a point where it was just me against twelve people who all said no. Your confidence in yourself and pride can only go so far eventually you have to realize OK if everybody thinks this way maybe they are right. I don’t know, I still think I was right (laughs)! I wanted it to end in more of a cliffhanger way. I didn’t wanted it to be resolved. So that season 2 people would be waiting for it. It’s totally painful. I will always wonder even though I was out voted 12 to 1 if my way would have been better.

 

 

ILTVSW. Is there a possibility that the collaborative process in TV writing sometimes kills the creativity because of some kind of a majority rule?
Greg Poehler. It can be bad. Look at the state of good American TV in the past years. You know 30 Rock was very much Tina’s vision, Louie is the only show there is where a person has total control over. Even Vince Gilligan for Breaking Bad. I think you find a format that if there is one person that’s kind of in charge and has real control over the show often times the end result is much better. As long as that person knows what they are doing and is talented. I have to say as someone who has never done anything before I probably had more control than any person ever like in the history of any show so I can’t complain that I only had 95% control. If you trust the people you are working with and they all say no, you have to take a step back and try to reevaluate and understand why they are saying no. You still hate it but you have to at least accept it. That said, there is totally a risk. The more people that are involved the more risk. Especially when you are talking about coproduction between Sweden and the U.S. With different countries involved you get so many conflicting notes and remarks. Ultimately you have to trust yourself and what you want to do and try to stay true to your vision as much as possible. I had a certain pace that I wanted the show to be. A little understated. Not so over the top. It was tough to stay true to what I wanted but I think it worked out.

ILTVSW. Not so easy the rom coms path …
Greg Poehler. I have always secretly liked romantic comedies. I usually watch them on the back of airplanes when no one else is watching and hope no one sees me but I am often frustrated by them, I am talking movies now, because they are often kind of formulaic, you see where they are going right away. So I wanted to make a TV show that was a romantic comedy that was funny but where you still had characters that you were rooting for. That was always the guide for the show. I wanted it to be sweet. I am obviously much more sensitive than Mindy Kaling (laughs)!

Title: Welcome to Sweden (2014- )
Creator: Greg Poehler
Cast: Greg Poehler, Josephine Bornebusch, Lena Olin, Amy Poehler
Network: TV4 (Sweden)/ NBC (USA)

© 2014 ILTVSW

Next week in ILTVSW …  the Greg Poelher interview in French

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