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ILTVSW guest star: Bruno Gaccio

24 Mai

FRA/ENGLISH

Bruno Gaccio, auteur et découvreur de talents à la tête de La Fabrique pour Canal Plus, a accepté l’invitation de ILTVSW à l’occasion du lancement de la saison 3 de Hard. De la naissance des projets, à son rapport avec les scénaristes, en passant par le lien étroit entre la dramaturgie et le golf, jusqu’au miracle que constitue une série réussie, il se livre dans une interview fleuve et gastronomique.

To my readers, exceptionally ILTVSW will only be French speaking this week. Bruno Gaccio, the French writer & producer for Canal Plus, where he helped to reveal new writers, is the guest star of the blog today. But as soon as next week things will be back to normal meaning French & English.

 

 

ILTVSW. Vous avez longtemps été à la tête de La Fabrique de Canal Plus, chargé de découvrir et d’aider de nouveaux talents à éclore. Hard, dont la saison 3 débute dans huit jours, est l’une des séries qui y est née. Existe-t-il un processus de création idéal ?
Bruno Gaccio. Le processus de création idéal n’existe pas. Dans l’industrie de la télévision, la création peut venir de n’importe où. De l’intuition de quelqu’un qui pense qu’un sujet peut intéresser un public, par exemple. Dans le cas de Hard, cela naît d’un échec. Nous avions fait Les interminables avec Gilles Galud (producteur à la tête de La Parisienne d’Images, NDLR). C’était une série avec que des vieux. Des vieux qui étaient condamnés à mort s’ils n’avaient pas de quoi gagner leur vie. Donc, les personnages faisaient à peu près n’importe quoi y compris du cinéma porno. La série traitait de la mort, de la pauvreté, de l’impossibilité de s’en sortir. C’était déprimant donc elle n’a pas fonctionné. Avec Gilles, le lendemain des résultats, on était déprimé, on buvait du café, on fumait des cigarettes dans son bureau et on rigolait en se disant : « Le prochaine fois, on ne met que des nanas de 20 ans à poil. Puisque c’est ce qu’ils veulent, on va leur donner et on fera un succès ». Et puis, en réfléchissant au pourquoi on s’était planté, j’ai dit : « Pourquoi, on ne fait pas une comédie romantique qui se passerait dans l’univers du porno ? ». Voilà comment un producteur et une chaîne peuvent trouver une idée.

 

Un auteur doit tout te donner

 

ILTVSW. Cela n’aurait pu rester qu’un concept, comment êtes-vous parvenus à lui donner l’épaisseur et la fantaisie qui caractérisent, en plus, la série ?
Bruno Gaccio. Nous nous sommes dits qu’un acteur porno n’était pas qu’une machine à baiser, c’était un être humain. Ce type ou cette femme pouvait donc tout à fait être amoureux de quelqu’un, rentrer le soir chez lui épuisé, se poser devant la télé comme on le fait tous quand on est crevé sans réfléchir à rien. La question que nous nous sommes ensuite posée est : comment vit-on cette situation ? On ne peut pas créer pour rien, on crée pour une chaîne. Cette chaîne est la première à avoir diffusé du porno donc elle était tout à fait légitime pour produire une série comme Hard sans que cela soit incongru. Le support était le bon, l’idée n’était pas mauvaise, nous avions une structure pour le faire, qu’est-ce qui nous en empêchait ? Nous avons lancé un appel à projets. Nous en avons reçu 110. Très vite, nous nous sommes dits que nous aimerions retenir celui d’une femme car si nous ne mettions que des mecs autour d’une table, cela serait une catastrophe. Nous en avons retenu deux celui de Cathy Verney et celui d’un autre scénariste. Elle a été la mieux disante notamment parce qu’elle vient d’un milieu bourge et que sa façon de traiter les à-côtés, les verrines, la vallée de Chevreuse … était bien meilleure. Elle ne connaissait rien au porno, c’est nous qui l’avons alimentée.

ILTVSW. La Fabrique a accueilli de nombreux nouveaux auteurs, comment avez-vous travaillé avec eux ?
Bruno Gaccio. Pour moi, il y a des étapes. Les premières semaines, il faut dire aux auteurs : « Fais ce que tu veux. Je veux tout ce qu’il y a dans ta tête donc il y a zéro limite ». Il faut qu’ils osent tout. Il faut qu’ils rendent tout : des scènes, des notes, des dialogues, des personnages … Dans le désordre, ce qui est important, c’est de tout mettre sur la table. Un auteur doit tout te donner. Je sais que je travaille pour la télévision et qu’il devra faire 26, 52 ou 90 minutes. Il ne peut pas me donner un film de deux heures, ni un court métrage. Mais ça, je n’ai pas à lui dire. Une fois que tout sera sur la table, on fera des réunions assez longues pour voir ce qui va dans la direction qu’il a choisie. Sauf qu’il y a un support, la télévision qui a une ligne éditoriale, qui veut certaines choses et pas d’autres. Mon rôle est d’emmener l’auteur dans ce cadre sans qu’il s’en aperçoive et sans le brimer parce que s’il nous livre quelque chose qu’on ne peut pas diffuser, il aura travaillé pour rien et nous on aura perdu de l’argent. Tout le travail, c’est ça.

 

 

 

ILTVSW. Et ce désordre finit un jour par prendre du sens …
Bruno Gaccio. Ce qui nourrit l’histoire fait que le personnage naît. Et, à un moment du processus, une évidence surgit. C’était comme ça que cela devait être. C’est évident. Les auteurs reconnaissent ce moment-là et les producteurs, aussi. Ils disent : « Cette femme est comme ça, elle a tant d’enfants, elle fait ce métier-là ». Pour Hard par exemple, tout ce qu’elle fait, c’est pour nourrir sa famille. La seule chose qui la pousse, c’est d’être autonome.

ILTVSW. Si c’est évident pourquoi y-a-t-il des séries évidemment réussies et d’autres moins réussies ou même ratées ?
Bruno Gaccio. J’explique cela très facilement. C’est un peu comme au golf, si ton club est ouvert d’un degré à droite ou à gauche, à l’arrivée ta balle va être vingt-cinq mètres à droite ou vingt-cinq mètres à gauche. Dans le processus créatif, c’est pareil. Si tu rates un petit peu le début, tu construis sur du bancal et, à la fin, tu es à côté de la plaque. Nous, on a réussi, allez, je vais dire, un projet sur trois. Pour un qui était acceptable, il y en avait un réussi et un raté. Le pire, c’est peut-être l’acceptable. Le raté, c’est pas grave, tu es allé au bout et tu t’es planté. Alors que dans l’acceptable, tu es 10% à côté de tout, donc pas loin. Tu te dis l’idée est bonne mais quand tu vois l’idée, c’est trop tard. Il y a toujours quelqu’un qui voit venir ces 10%. Si ce n’est pas moi, c’est de ma faute car je n’ai pas écouté. Si c’est moi, c’est de ma faute car je n’ai pas réussi à les recadrer. Quand tu crées une série, entre  l’idée et ce qui arrive sur l’écran, il y a un nombre incroyable de filtres. Un auteur qui travaille, des dialoguistes qui vont venir aider, des script doctors qui vont mettre leur nez dedans puis un styliste qui ne voit pas la même chose … Et le producteur qui ne doit pas bouffer sa marge. Ensuite, tu as un réalisateur qui a une vision. Avec Gilles, on avait raccourci le circuit de décision. La chaîne travaillait avec les auteurs. Ce qui ne se passe jamais. Ils voient les showrunners, les producteurs, jamais les auteurs, je pense que c’est une erreur. Il faut être dans la pièce avec les auteurs. A la limite, le chef de projet devrait être le showrunner car c’est le seul moyen d’obtenir une unité.

 

 

ILTVSW. Donc, il faut admettre que le risque est toujours l’une des variables …
Bruno Gaccio. Le processus créatif ne fonctionne pas à chaque fois. Pour que ça marche, il faut un alignement de planètes formidable. Il faut que l’idée soit bonne et que le sujet soit le bon, c’est le plus important, plus que l’écriture. Ensuite, il faut trouver la bonne personne pour qu’elle l’écrive dans l’air du temps pour que les gens puissent l’accepter. Il faut après que le réalisateur comprenne qu’il n’est pas le maître du projet mais le serviteur du projet. S’il commence à vouloir faire de l’art, tu es mort. En France, la législation, lui donne le statut d’auteur et il le croit. Ces cons de techniciens ont cru qu’ils étaient des auteurs. Certains d’entre eux le sont, évidemment. Mais ils sont très rares. Dans les contrats, ils sont engagés comme techniciens mais ils n’acceptent pas de l’être. Alors cela donne des trucs comme dans une scène où un personnage est en colère, un réal qui veut que cela soit joué « tout en douceur ». Quand tu tombes sur un réal comme ça, c’est fini, tu ne peux rien faire parce que c’est son plateau et toi, tu fermes ta gueule. Tu essayes ensuite de rectifier au montage mais tu n’arrives pas à le faire car tu n’as pas les bonnes prises. Donc, tu es 10% à côté partout.

ILTVSW. Comment avez-vous choisi les auteurs qui ont fait partie de La Fabrique ?
Bruno Gaccio. Nous n’avons jamais travaillé sur un projet. Nous avons sélectionné des gens qui avaient quelque chose de particulier. Après on leur a dit : « Ton histoire de scarabée qui tombe amoureux d’une araignée homosexuelle, on n’est pas très convaincu mais si tu remplaces le scarabée par un unijambiste et qu’au lieu d’une araignée homosexuelle, tu mets un héron … » C’est selon ce que l’auteur a dans la tête que tu détermines toi, producteur, que c’est intéressant ou non de payer pour ça. Il y a une part de risques que tu limites à ta vision des choses. Si je crois en quelqu’un, je paye pour voir. Si je perds, c’est pas grave parce que j’y croyais.

 

Je sais que je vais mourir et que Dieu n’existe pas

 

ILTVSW. Vous avez souvent été les chercher sur le terrain de la comédie  …
Bruno Gaccio. Je suis personnellement profondément désespéré. Je sais que je vais mourir et je sais que Dieu n’existe pas. Ça fait deux paramètres un peu lourds. La comédie, c’est un point de vue. Je pourrais traiter les choses de façon dramatique ou intellectuelle mais je préfère les traiter en comédie parce que c’est mon point de vue. Mon travail consiste à apprendre à connaître quelqu’un, ce qu’il a en lui et, surtout, ce qu’il est capable de donner. Tu vas commencer à travailler autour d’un projet, ça dure quelques semaines et puis après, tu bois un verre. Tu demandes : « T’es marié ? Comment ça se passe ? Tu es désespéré ? Optimiste ? Pessimiste ? Qu’est-ce que tu penses de la politique ? Et ses blessures remontent. Ces blessures, elles disent la profondeur de quelqu’un et de ce qu’il est capable de te donner. Plus il va profond, plus il va te donner des choses profondes. Si c’est quelqu’un de totalement superficiel, il va te donner des choses superficielles, probablement des clichés. Il ne s’agit pas d’agiter les bras, ni de faire le malin. Tu as des gens authentiquement drôles et d’autres qui se forcent à l’être. Ça, tu le devines en discutant avec les gens.

ILTVSW. Finalement, il y a peu de séries singulières en France et de nombreux auteurs talentueux. Comment l’expliquez-vous ?
Bruno Gaccio. Il y a beaucoup de talent en France chez les auteurs, il y en a peu chez les producteurs. Je pense que nous ne manquons pas d’auteurs mais de producteurs. De producteurs capables d’être producteurs artistiques c’est-à-dire capables d’aider quelqu’un à accoucher. J’ai rencontré des gens capables de payer un auteur pour qu’il travaille mais qui sont incapables de se mettre à table avec lui. Picoler avec lui, fumer des clopes avec lui et lui dire « tu fais de la merde » et que l’auteur ne lui en veuille pas. Je ne suis pas le producteur sur Hard mais j’ai dit à Camille Pouzol, si tu travailles toute seule dans ton coin et que tu m’envoies des textes, cela ne marchera pas. Je vais mettre huit jours à écrire la note de lecture, tu vas mettre trois jours à pleurer et à réécrire, on va perdre un temps fou. Je lui ai dit : « Dès que tu écris un truc, tu viens au bureau, on travaille. Tu n’arrives pas à faire un truc, tu viens, tu as réussi un truc et tu le trouves bien, tu viens. Tu es tout le temps là ». Nous avons travaillé un an comme ça parce que je suis auteur et que je sais coacher des auteurs. Je sais tirer d’eux ce qu’ils ont de meilleur. Nous manquons de producteurs capables de faire ça.

Titre : Hard
Créatrice : Cathy Verney
Scénariste saison 3 : Camille Pouzol
Cast : Natacha Lindinger, François Vincentelli, Charlie Dupont, Stephan Wojtowicz, Fanny Sydney, Michèle Laroque.
Chaîne : Canal Plus

© 2015 ILTVSW – La reproduction partielle ou entière de cet entretien n’est pas légale sans l’accord préalable de ILTVSW.

La semaine prochaine dans ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

BFFF Weekly 46: The bear factor

7 Sep

Chère Marin

FRA/ENGLISH

Septembre est de retour. Encore. Pour la majorité d’entre nous, l’été avait débuté plein de promesses et, pour les plus chanceux, s’est concrétisé par des rencontres quotidiennes sur la plage avec des voisins volants et affamés. Mais, septembre s’obstine à revenir. A cause de Jules César qui a inventé le calendrier. En France, on appelle cela: la rentrée. Comme l’été, c’est une période pleine d’espoirs et de voisins en colère. Particulièrement sur la ligne 13 du métro parisien. Une version ultra urbaine mais non climatisée du niveau départ de l’aéroport d’Ibiza à la fin du mois d’août.

Marin, de la série Men in Trees, vous êtes la seule capable de nous aider à échapper à cette collante réalité. C’est la raison pour laquelle, vous êtes mon premier BFFF/Personnage préféré pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine de l’année. Ce n’est pas parce que mon (bip) anniversaire a eu lieu quelque part au milieu du mois d’août que je dois arrêter de croire aux contes de fées. Même si le vôtre est beaucoup plus transgressif que le destin de Cendrillon. Imaginez notre vie dans la petite ville d’Elmo, Alaska. Drôle de début pour une série toute sucrée. Aucune femme ne rêve en effet de déménager au milieu de nulle part. Il n’y a donc que peu de femmes à Elmo et, logiquement, beaucoup d’hommes. Un point pour vous, Marin.

Peut-être est-ce la conséquence d’un niveau d’oxygène inhabituel, leur comportement est lui aussi singulier. Ils ne semblent pas pratiquer la routine masculine habituelle: Salut, un verre et nous connaissons toutes la fin de l’histoire … écraser une larme devant la télé quand finalement Columbo trouve le coupable puis demander: « Y a quoi pour le dîner? »

Les gars que vous fréquentez Marin, croient au pouvoir des aventures romantiques. Mais, c’est là que vous êtes fortiche, ils n’ont pas oublié comment chasser les ours parce qu’ils étaient trop occupés à appliquer une lotion anti âge pour le visage. Bonne nouvelle, qui peut le plus peut le moins. Et ours > moustiques. Tout cet amour a un effet magique à Elmo où vous tous occupez vos journées à vous assurer que les autres vont bien. La définition d’une rentrée idéale …

PS: malgré cette première lettre de septembre, je ne suis pas devenue une série addicte à préjugés pendant l’été. Je trouve toujours que vous êtes un gars formidable, Ari Gold!

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Anne Heche/Marin Frist

 

Titre/Title: Men in Trees (2006-2008)
Créateurs/creators: Jenny Bicks
Cast: Anne Heche (Marin Frist)
Maths: 2 saisons/seasons
Chaîne/Network: ABC

 

Dear Marin

People, September has come back. Again. For most of us, summertime has been the usual full of dreams beginning. And turned out to be, for the luckiest among us, daily meetings with voracious neighbors at the beach. But September keeps coming back because of Julius Caesar who invented the calendar. In France, we call it: la rentrée. Like summertime it is full of exciting promises and angry neighbors except they are dating on the line 13th of the Parisian subway. Which would be the ultra urban version of the Ibiza airport departure level at the end of August.

Marin, from the show Men in Trees, you are the only one who can help us to escape this sticky reality. This is why you are my first BFFF/Best Fiction Friend Forever this year. It is not because my (bip) birthday happened in the middle of august that I must stop believing in fairy tales. Even though yours is way more transgressive than Cindarella’s destiny. Imagine our lives in the little town of Elmo, Alaska. Isn’t this a strange beginning for a sweet tale? Because no woman actually dreams of moving in the middle of nowhere there are few women in Elmo & a lots of men. One point for you, Marin. 

Maybe because of the high level of oxygen they are not the regular type of guys. They do not believe in the usual routine. Hi, drink and we all know the end of the story … crying when Columbo finally finds the suspect before asking: « What’s for dinner tonight? »

The guys you hang out with Marin not only believe in the power of a more romantic journey but did not forget how to chase away bears because they were too busy applying whatever anti aging face lotion. Good news bears > mosquitoes. And all that love going on makes the people of the little town of Elmo caring for each other. Wouldn’t that be a perfect la rentrée IRL?

PS: despite this first letter of September I still am an open minded series addict. I still think you are a hell of a guy Ari Gold!

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry.

BFFF Weekly 45: Are you a character for real (2)?

15 Juin

Cher Louie (bis)

FRA/ENGLISH

Louie, de la série Louie, vous êtes là sur le petit écran de mon ordinateur pour la deuxième fois. Je n’ai pas hésité une seconde à lancer cette nouvelle invitation. Comme je vous l’ai déjà écrit, vous êtes l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine. Et dans cette aventure de blogging la dimension amicale est aussi importante que la dimension fictionnelle.

Que font les amis? Ils entretiennent ce que l’on appelle presque cliniquement une relation. Un truc qui nécessite des contacts réguliers. Donc, Louie, je vous contacte. Pour ainsi dire. Parce que j’ai quelque chose à vous demander.

Demander des choses bizarres caractérise, aussi, l’amitié. Louie ou Louis, quelque soit celui que vous avez décidé d’être finalement (en savoir plus ici), je voudrais que vous acceptiez la première des invitations à un discours de cérémonie de fin d’études qui vous parviendra. Ce n’est plus un honneur réservé aux superstars du business. Devinez qui a été invité à Harvard? Oui, les universités de la Ivy League sont les nouvelles place to be pour les showrunners. Dites coucou à Aaron Sorkin, ici. Ou, hello à Shonda Rhimes, là.

Non seulement, je souhaiterais que vous releviez ce défi. Mais, en plus, je suggère que vous vous mettiez un peu en danger en renonçant pendant 20 minutes à votre spécialité la stand up comedy. Imaginez-vous devant une foule tordue de rire avant même que vous n’ayez prononcé le moindre mot. Ensuite, effacer votre routine à la fois provocante et hilarante de votre cerveau. Et explorons de nouveaux territoires. Vous êtes un Américain donc la nouveauté est, forcément, votre truc contrairement à nous, les Européens, qui sommes obsédés par tout ce qui est un peu vieux (le vin, c’est un plus; la télévision hertzienne, c’est un moins).

Louie, j’attends de vous que vous livriez quelques sérieuses vérités sur l’amour. Non seulement, j’ai la conviction que vous en êtes capable mais je sais que cela serait merveilleux. Comment puis-je en être si sûre? La saison 4 de votre série touche à sa fin et, Louie, vous avez donné une leçon de comédie romantique à Woody Allen. Vous avez réinventé le concept de la love story avec tellement de vérité et de poésie que tous les boys de Shonda Rhimes réunis ne seraient pas de taille à rivaliser avec vous. Même si McDreamy a une chevelure L’Oréal et vous, plus grand chose sur le crâne. On fait souvent référence à elle comme la scénariste des rapports humains. Mais, Louie, sans l’ombre d’un doute, à cette écriture-là, vous gagnez. Donc, quelque soit l’endroit ou l’heure à laquelle vous délivrerez votre love speech, je serai là.

 

 

Titre/Title: Louie (2010/…)
Créateur/Creator: Louis CK
Cast: Louis CK (Louie)
Maths: 4 saisons/seasons
Chaîne/Network: FX (USA) – OCS en/in France

Dear Louie (bis) 

Louie, from the show Louie, you are here on the small screen of my computer for the second time around. I did not hesitate a sec to write to you for the second time. As I told you before you are one of my BFFF/Best Fiction Friends Forever. And the friendship dimension of my blogging experience is as important as the fictional one. 

What do friends do? They are in a relationship. Which implies contacts on a regular basis. So I am contacting you. Sorta. Because I want to ask you something. Asking silly things is also an essential component of friendship. Louie or Louis, who ever you finally decide you are, both options are OK for me, I want you to accept whatever university invitation you will receive for doing a commencement speech. Not only business moguls do that these days. Guess who made it to Harvard? Yes, Ivy League schools are the new showrunners places to be. Say hi to Aaron Sorkin, here. Or hello to Shonda Rhimes, here.

Not only I want you to accept that challenge but I suggest you do not stay in your obvious safe zone which is stand up comedy. Pretty logical for a stand up comedian. Picture yourself standing alone in front of a crowd laughing even before you get started. Than erase your provocative and hilarious routine from your brain. And let’s explore a new territory. You are an American, so the all exploring new stuff is totally your thing as opposed to we, Europeans, crazy attachement to whatever version of old (from wine that’s a pro, to network TV that’s a con).

Louie, I would like you to do some serious love talking. Not only I know you can but you are wonderful at that. How can I be so sure? Season 4 of your show is ending and, man, you gave a romantic comedy lesson to Woody Allen. You reinvented the love story concept with such a poesy and truthness that all the Shonda Rhimes’s boys cannot even think of competing with you. Even though McDreamy has the L’Oreal kind of hair and you do not have much left. She is often referred to as a relationships writer but on this one you win. So, whenever or wherever you decide to do the love speech, I will be there. 

BFFF Weekly 38: Start smiling that’s what friends are for

6 Avr

Chère Cristina

FRA/ENGLISH

Je peux le faire. Je peux y arriver. Je vais le faire. Cristina de la série Grey’s Anatomy vous êtes supposée me venir en aide car vous êtes l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine. C’est cela, l’amitié. Si vous êtes circonspecte, arrêtez de lire et suivez ce lien. LIEN. Maintenant, prenez tout le temps dont vous avez besoin pour vous remettre. J’ai conscience que l’expérience n’a pas été facile pour vous. Toutes ces émotions en quatre petites minutes seulement. La définition de la lose d’une perspective scientifique. Et la science est la seule chose dont nous avons besoin. Les Beatles n’auraient pas dû l’ignorer. Respirez, il n’y aura pas de second lien.

Depuis que je vous ai rencontré Docteur Cristina Yang, moi, je ne peux pas l’oublier et c’est la raison pour laquelle je regarde d’un œil nouveau les objets contondants et les hommes, aussi. Comme dans « genre humain ». Une seule question m’obsède: serai-je capable de le faire ou non? Car vous êtes un chirurgien super talentueux du Seattle Grace Hospital ce qui implique forcément des relations humaines intenses et beaucoup de découpage.

Je peux vous imaginer en train de me dévisager pensant: « Vraiment, Frenchy, c’est ça ta vie? Aimer des gens qui n’existent même pas? » J’ai conscience que cela doit être difficile à comprendre surtout pour quelqu’un qui a rebaptisé ses subordonnés à l’aide de numéros. Je ne mériterais d’ailleurs probablement même pas le zéro et je dois avouer que c’est dur à avaler. Je peux aussi vous imaginer dire mécaniquement : « Je ne suis vraiment pas disponible pour votre pauvre, puérile, vaine activité girly, pouvez-vous dégager de mon service? »

Je comprends Cristina, vous êtes une pro. Votre vie, c’est la chirurgie cardiaque. C’est d’ailleurs un vrai paradoxe parce que la seconde fonction du cœur, les sentiments, vous est totalement étrangère. Mais, cela explique que vous n’ayez fait de place que pour un être humain. Vous lecteur, oui vous, n’envisagez même pas de déposer votre candidature. Le fauteuil est déjà pris par Meredith Grey.

Mon courrier restera lettre morte parce que même si vous existiez réellement, vous éclateriez de rire à la lecture de ma requête d’amitié. Et, ensuite, vous me détesteriez encore davantage. Parce que, vraiment, rire c’est une stupide perte de temps. Ma seule chance serait de vous impressionner. Je vais le faire. Je le fais. Je l’ai fait. J’ai découpé le poulet familial. Les yeux ouverts. Vous voyez, je peux être une personne courageuse, aussi.

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Sandra Oh/Cristina Yang

 

Titre/Title: Grey’s Anatomy (2005-      )
Créateur/Creator: Shonda Rhimes
Cast: Sandra Oh (Cristina Yang)
Maths: 10 saisons/seasons
Chaîne/Network: ABC

Dear Cristina

I can do that. I can do it. I am going to do it. Cristina from the TV show Grey’s Anatomy because you are one of my BFFF/Best fiction friends forever you are supposed to help me. That’s what friends are for. If you do not agree, stop reading and follow this link. LINK. Now take all the time you need to pull yourself together, it was not an easy experience for you. All those emotions packed in 4 little minutes. It sucks from a scientifical perspective. And Science is all we need. The Beatles should have known that. Don’t worry, no linking.

Ever since I met you Doctor Cristina Yang, I can’t forget it and that’s why I look differently at sharp objects. I also look differently at men as in mankind. The only question I keep asking myself is: will I be able to do it or not? You are a super gifted surgeon at the Seattle Grace Hospital which obviously implies at lot of intense relationships and a lot of cutting also. 

I can imagine you staring at me, thinking : « Really frenchy, that’s what your life is about? Caring about people who do not even exist? » I know it must be hard to understand especially for someone like you who calls her subordinates by numbers. I would probably not even deserve zero and it’s a kind of hard to take. I can imagine you saying mechanically : « I really have no time for your poor, childish, meaningless and awfully girly activity, would you get the hell out of my ER? » 

I get it Cristina, you are a professional. Your life is about cardiac surgery. And it really is a paradox considering that the other aspect of the heart, feelings, is not really your thing. Which explains why you only have room for one friend. You reader, yes you, do no even think of applying the seat is already taken and belongs to Meredith Grey. Your person as you call her. 

My letter is meant to be unanswered because even if you were for real, you would start laughing out loud reading my friendship request. And than, you would start hating me more. Because really laughing is a freaking stupid waste of time. My only chance would be to impress you. I am going to do it. I am doing it. I did it. I cut the family chicken. Eyes wide open. See. I can be a brave person too. 

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry.

BFFF Weekly 2: Guys, the girls!!!!

17 Mar

Chers Matt et Danny

FRA/ENG

Au bout du compte, il n’y a que deux genres d’hommes. Type 1: l’homme ennuyeux. Pour une raison évidente, il n’a presque aucune chance d’entrer dans le cercle de mes BFFF/Best Fiction Friend Forever/Personnages préférés à qui j’écris chaque semaine. Type 2: l’homme compliqué. Dans cette seconde catégorie, seul l’homme très compliqué est susceptible de devenir un formidable BFFF. Et, là, il faut bien reconnaitre que Matt et Danny, de la série « Studio 60 on the Sunset Strip », vous êtes surqualifiés.

D’abord car vous appartenez à l’espèce des « amis jumeaux ». Deux corps. Mais, trois cerveaux. Évidemment, chacun d’entre vous en possède un. Additionné à celui de l’autre, il en forme un troisième. Inutile d’enquêter (je l’ai déjà fait) il n’y a aucune explication scientifique, ni de résultats de recherches Google à ce curieux phénomène. C’est une combinaison compliquée. Peut-être est-ce indispensable quand on passe ses jours et ses nuits à produire une émission à sketchs en prime time à la télévision américaine, ce que vous faites dans « Studio 60 on the Sunset Strip », une série qui se déroule dans les coulisses de la télé.

Plus compliqué encore, Matt et Danny, vous avez décidé que télé pouvait rimer avec intelligence et subtilité. Je sais, lorsque vous avez exprimé publiquement cette ambition, les gens ont eu du mal à réprimer un fou rire. Vous avez alors dû les mettre en garde: « Hey, c’est vrai, nous gagnons notre vie en écrivant des blagues mais ceci n’en est pas une. C’est super sérieux. Pourriez-vous, s’il vous plaît, arrêter de sourire? Merci. »

Vous voulez des téléspectateurs. Mais vous voulez que ces téléspectateurs demeurent des gens bien. Ce qui dans votre dialecte d' »amis jumeaux » signifie des gens capables de concevoir des phrases comportant au minimum sujet/verbe/complément et d’envisager l’existence autrement qu’en terme de bien et de mal, de temps en temps. Et cela, malgré la pub, unique source de financement de votre émission. Beaucoup plus que compliqué. Mais pas encore assez pour vous, Matt et Danny.

Alors, pour corser encore un peu les choses, dans la série, vous craquez pour les mauvaises jeunes femmes. Brillantes et charmantes, elles pourront peut-être un jour vous rendre heureux. Mais il va être long, très long le chemin vers le bonheur. Super compliqué pour vous. Délicieux à regarder pour nous. Ne baissez pas les bras, s’il vous plaît. Ni sur la télé. Ni en matière romantique. Tant que vous ne renoncerez pas, promis, nous serons là. Merci.

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranchė, désolée.

Titre/Title: Studio 60 on the Sunset Strip (2006/2007)
Créateur/Creator: Aaron Sorkin
Cast: Matthew Perry (Matt Albie), Bradley Withford (Danny Tripp)
Maths: 1 saison/season, 22 épisodes
Chaine/Network: NBC

Dear Matt and Danny

At the end of the day, there are only two kinds of guys. Type 1: the boring guys. For obvious reasons, they have very close to zero chance to become one of my BFFF/Best Fiction Friend Forever. Type 2: the complicated guys. Among them, only the very complicated ones can make great BFFF. So Matt and Danny, from the show « Studio 60 on the Sunset Strip », we have to admit that you are both overqualified.

First, we understand you are « twin friends » kind. Two bodies. Three brains. Each of you have one which added form a third one (no scientific explanation, no Google search results). This is a complicated combination. Maybe that’s what it takes to produce a show on prime time US TV because that’s what you spend your days and nights doing in « Studio 60 on the Sunset Strip », a show that takes place on the set of… a sketch-comedy TV show.

Even more complicated, you have decided that TV should be about smart and subtile. I know, people could hardly help laughing when you told them this was your ambition. So you had to warn them: « Hey, I make my living from writing jokes but this isn’t, could you, please, stop smiling, thank you ». You want viewers of course but you want them to remain good people. Which in your « twin friends » language means people able to think and articulate a sentence with at least one subject/verb pair and discuss life not exclusively in terms of right or wrong. Despite the commercials issues. Tremendously complicated. But still not difficult enough.

So you both have chosen to fall for « wrong right » women. Meaning, beautiful and brilliant girls who might one day make you happy. But it’s going to be a long long road to happiness. Absolutely not simple for you. So delicious for us to watch. Please do not give up, guys. Fight for the show and the girls!!! As long as you do, we will be there. Thanks.

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry.

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