Tag Archives: Breaking Bad

ILTVSW Pool Party 2015

19 Juil

FRA/ENGLISH

Well, my friends, the time has come. To raise the roof and have some fun. Throw away the work to be done. Let the music play on. Play on, play on. Everbody sing, everybody dance. Lose yourself in wild romance. We’re going to party. Karamu, fiesta, forever. Come on and sing along ! Alllllllllll night long … Eh ben oui, enfin plutôt… eh ben non, pas de bal de promo cet été sur ILTVSW mais une pool party ! La conjugaison du réchauffement climatique et du principe de réalité.

Grâce aux premières étoiles de l’été et à quelques Mojitos, Lubiie de Lubie en série, Astiera de Séries addict so what?, Yann de Séries, le blog !, Jérémy de Time of the season et Stéphane des Plumes asthmatiques ont plongé sans hésiter, un immense merci à eux !

Plonger avec des stars de la blogosphère séries, juste ce qu’il fallait pour ne pas me laisser abattre par le blues de fin d’année. Surtout qu’ils ne sont pas venus seuls mais avec leurs personnages préférés.

Promis, on vous a concocté une pool party dans les règles de l’art. Prom queen, drames & love story … Come on ! Et bel été à tous !

To my readers, exceptionally ILTVSW will only be French speaking this week. The blog is hosting a TV Pool Party with French TV bloggers. But as soon as next week things will be back to normal meaning French & English. English speaking bloggers you are welcome to contact me to guest post. Happy summer to you all !

 

 

ILTVSW. C’est la fin de l’année qui sont les prom queen & king 2014?

Astiera. Sans conteste, il s’agit de Noah et Alison, dont l’histoire d’amour m’a fait vibrer dans la première saison de The Affair. J’ai tout de suite plongé avec eux dans leurs eaux troubles et passionnées. Ils m’ont fait pleurer, ils m’ont attendrie, ils m’ont enflammée !

Lubiie. Annalise Keating de How to get away with murder, une femme belle, talentueuse et qui en impose : une reine dans l’âme. A ces côtés, peut-être pas aussi fier mais certainement l’homme de l’année, Saul Goodman ou Jimmy pour les intimes de Better call Saul.

Jérémy. Cette année, la reine, c’est Maura Pfefferman de la formidable Transparent. Femme née dans un corps d’homme. Bouleversante, hilarante, elle le mérite, c’est son année. On ne peut pas l’oublier avec sa grande taille, sa démarche particulière et ses vêtements un peu trop larges, mais c’est avant tout sa bienveillance et son courage que l’on retient. Je vais inventer un drôle de couple. Le roi de la promo cette année, c’est Alex Pappas de Togetherness. Il est finalement assez complémentaire avec Maura. La même gentillesse et douceur. Ce qui touche avant tout chez Alex c’est sa lose, qui provoque immédiatement la compassion. On a envie de le prendre dans nos bras, d’être son pote, un vrai bon gars. Un loser magnifique. Cette fois Alex, t’es le roi.

Yann. Pour ce duo, je ne retiendrai qu’une personne. Loin de moi l’idée de tricher mais sa dualité, qui n’en est finalement plus une, lui permet de l’emporter aisément dans mon choix ! Morton L. Pfefferman est un homme ou plutôt devais-je dire était un homme. Il, enfin elle, est désormais une femme qui se nomme Maura. Dans Transparent, elle se livre avec un mélange de pudeur, de sincérité et d’intense émotion. On comprend alors comment un Parent peut s’affirmer Trans tout en restant le guide spirituel d’une famille et en particulier pour ses enfants qui se cherchent. Mais pardonnez moi car j’en oublie déjà l’emploi du féminin. Vite chère Maura, j’ai hâte de te retrouver !

Stéphane. L’incontestable prom queen de cette saison c’est Jane Villanueva interprétée par l’excellente Gina Rodriguez dans Jane The Virgin. Elle a ravi mon petit coeur de sériephile dès son premier sourire. Pour le prom king, c’est un peu plus serré mais je crois que je dirai Cary Agos et son interprète Matt Czuchry. Sa prestation dans la première partie de la saison 6 de The Good Wife est juste impressionnante ! Ils forment un beau couple, je trouve.

 

 Lena Dunham, tu m’as un peu déçu cette année …

 

ILTVSW. Forcément, certains n’ont pas été à la hauteur de leur réputation & d’autres ont montré un potentiel que l’on ne soupçonnait pas…

Astiera. En bonne whovienne (même si je suis récemment convertie et que ma conversion a été hérétique), j’ai dû dire adieu à Eleven, mon Doctor et apprendre à laisser la place dans mon coeur à Twelve, son successeur. Mais si cette 8e saison est bien moins ratée que la précédente, je dois l’admettre, Twelve n’a pas encore trouvé sa place dans mon coeur, malgré quelques fulgurances, dont Steven Moffat, malgré tous ses défauts, a le secret. Mais je serai tout de même au rendez-vous de la saison 9, je n’ai pas encore dit mon dernier mot ! Côté grosse déception, j’appelle la saison 2 de Sleepy Hollow : des personnages secondaires sacrifiés ou crées sans aucune cohérence pour disparaître aussi vite, une intrigue inintéressante, alambiquée, bref, le charme n’a guère opéré. Les derniers épisodes laissent présager une reprise en main et une saison 3 dans l’esprit si fun de la première saison, on y croit !  Même son de cloche du côté de la saison 3 d’Elementary : les scénaristes nous ont pondu un trio bancal et avorté assez platement, cantonnant Sherlock et Watson à des gimmicks. Là encore, la fin de saison annonce une direction intéressante. Côté « très agréable surprise alors que sur le papier, j’étais franchement pas séduite », je vote pour Outlander et The 100. La première est tout sauf une romance cul cul la praline et présente des personnages féminins et masculins très intéressants, dont la sexualité est montrée de façon très intéressante. La fin de saison va très loin et est à contre-courant de ce que l’on voit si souvent (n’est-ce pas GOT ?). La deuxième est tout sauf une série pour ados décérébrés et propose là encore des personnages féminins et masculins variés, intelligents et traités à égalité. J’ai dévoré les deux premières saisons et n’en peux plus d’attendre la 3e qui n’en finit pas de se faire attendre !!!

Lubiie. Les Girls n’ont pas été au top cette année tout comme celles d’Orange is The New Black qui se sont un peu laissées aller par rapport à l’année dernière. Une baisse d’intensité qui profite à la pépite australienne de Wentworth. Prison moins glamour mais des nanas qui déchirent derrière les barreaux. Et du côté de Westeros, rien de folichon excepté peut-être la fin de cette saison presque salvatrice ? Matt Leblanc et la Veep ont été encore plus drôles et voir leurs frasques permet d’égayer les lundis moroses. Les espions de The Americans ont mené à bien leurs missions encore une fois, toujours aussi mystérieux que fascinants. En parlant d’espion, un frenchy Malotru a lui aussi assuré dans Le bureau des légendes. Tout comme l’équipe de Laure Berthaud qui est montée d’un cran dans Engrenages. Par ailleurs, le peps de Kimmy Schmidt a été communicatif et la troublante famille Rayburn, de Bloodline, a révélé des secrets aussi inavouables que croustillants.

Jérémy. Lena Dunham, tu m’as un peu déçu cette année avec cette quatrième saison de Girls un peu fade et paresseuse, mais je t’adore quand même va … tu gardes ton regard de Droopy un peu fou et ton phrasé reconnaissable entre mille. Mais j’espère que tu vas un peu sortir de ton petit confort quand même, pour ton bien, celui de ta série et surtout le nôtre, car nous sommes de gros sérievores égoïstes! Pas si éloigné que ça de Lena Dunham, il y a Mindy Kaling dont la troisième saison de The Mindy Project m’a un peu laissé sur ma faim. La magie opérait moins qu’en saison 2, même si le couple formé par Mindy et Danny est le plus mignon de l’univers. La fantaisie semblait un peu forcée, les seconds rôles pas toujours bien utilisés -un défaut récurrent. J’aime toujours Mindy d’amour, mais bon… Par contre surpris par deux vétérans des networks, Grey’s Anatomy et The Big Bang Theory, qui dans leur genre respectif, continuent de faire le boulot, proposer des variations intéressantes, et demeurent passionnantes à suivre, même au bout de 8 et 11 saisons. Puis il y Sense 8, dernière claquasse en date, qui prend le parti de l’humanisme candide et de l’amour.

Yann. Sur le front de la déception, j’attendais mieux en ce qui concerne la tendance à la mode : les adaptations de comics. Des séries comme The Flash, Gotham ou Constantine ne m’ont pas convaincu. En ce qui concerne les bonnes surprises, je ne m’attendais pas à la force d’American Crime, à l’inventivité de Man Seeking Woman, à la loufoquerie du P’tit Quinquin, ni à la générosité de Sense8. Ces quatre là sont pour moi d’authentiques coups de coeur de la saison !

Stéphane. Je dois avouer que j’ai été surpris par Téa Leoni cette année. Je la connaissais pour avoir été Mme Duchovny qui a forcé David à prendre ses distances avec The X-Files (du moins dans mon souvenir) et pour avoir été la Fille à Scandales donc quand j’ai vu qu’elle était le premier rôle d’une série qui avait tout pour me plaire, j’avais peur. Eh bien, elle a prouvé que j’avais tort. Alors oui, il lui a fallu quelques épisodes pour rentrer dans le costume de Madam Secretary mais au final, Téa s’est imposée et elle livre de belles performances tout en émotions. Du côté des ceux qui n’auraient pas été à la hauteur, j’ai beau me creuser la tête mais personne ne me vient à l’esprit. Je pense que c’est une bonne chose, non ?

 

Maura Pfefferman – Transparent © Amazon

 

ILTVSW. Il y a aussi ceux qui ont quitté l’antenne pour toujours et que l’on pleurera au moins pendant les dix prochaines années, c’est atroce !

Astiera. Evidemment, je ne peux pas ne pas parler de Mad Men. Mon histoire d’amour avec Mad Men a été tumultueuse, teintée de passion dévorante et de désillusion. Durant les trois dernières saisons, je pensais bien que plus rien ne raviverait la flamme si vibrante des débuts. Et puis, il y a eu les derniers épisodes. Et puis, il y a eu les larmes sur mes joues et le sourire sur mes lèvres durant le dernier épisode. Et histoire de faire le grand écart, j’ai également dit adieu à mes petits chouchous d’Atlantis. Oui, oui, la série de la BBC qui revisite sans complexe (et sans vergogne) la mythologie grecque. Il est certain que l’émotion ne fut pas la même à Atlantis que sur Madison Avenue, surtout que les scénaristes nous ont pondu une fin ouverte et à cliffhanger, espérant sans toute sauver la série de l’annulation…

Lubiie. Madame Leslie Knope, Parks and Recreation, je vous serai à jamais reconnaissante de m’avoir fait croire que la politique pouvait être au service du peuple. J’aimerais que de fiction vous deveniez réalité mais est-ce possible ? En 2017 ? Du moins, vous avez créé l’illusion et pour ça, un énorme Merci ! Goodbye Don Draper et vos comparses. Mad Men n’est plus ! Un grand vide dans le paysage sériel…

Jérémy. Je dois être le seul, mais assez triste de voir Forever annulée par ABC. C’était un procédural honnête et attachant, qui comblait le vide laissé par The Mentalist dans le même genre. Je suis assez friand de ces séries inoffensives qui respirent la télévision à l’ancienne. Le casting était très bon et le scénario proposait une simple mais émouvante réflexion sur l’amour, la mort et la famille. Puis également bien remonté contre Sundance Channel après l’annulation de The Red Road après 2 saisons. On ne parlait pas beaucoup des amérindiens à la télé, il y avait les formidables Jason Momoa et Julianne Nicholson et cette ambiance de soap sombre et mystérieux.

Yann. AMC m’a tué, de cette petite mort du sériephile ! Alors oui, la fin de Mad Men est à la hauteur d’une série remarquable mais à la question « Est-ce que la série avait encore des choses à dire ? » Je réponds par un tonitruant OUI, Mad Men pouvait et devait continuer ! Son créateur, Matthew Weiner, et ses scénaristes auraient très certainement brillé même en laissant les années 60 derrière eux. Adieux donc à Don, Peggy, Pete, Joan, Roger, Betty… je ne vous oublierai jamais.

Stéphane. Leslie Knope n’est plus. Ron Swanson n’est plus. Raylan Givens n’est plus. Boyd Crowder n’est plus. Cela fait des mois que les séries sont terminées et pourtant je suis encore hanté par leurs series finales. Je vais mettre un sacré bout de temps pour me remettre de la fin de Parks and Recreation et de Justified ! Non, je ne pleure pas… j’ai une poussière dans l’oeil !

 

 C’est tellement nul que c’est génial !!!

 

ILTVSW. L’été, c’est aussi le moment de retrouver ou de se faire des nouveaux copains alors qui on invite au barbecue?

Astiera. Sans aucune hésitation : Henry, Freddie et Dean de Cucumber !! Je n’attendais pas grand-chose en commençant cette série protéiforme signée Russell T Davies explorant la communauté LGBT de Manchester. Eh bien, j’ai été complètement conquise et j’ai adoré passer plusieurs semaines en leur compagnie. Ils m’ont fait rire et pleurer. Ils m’ont interrogée. Ils étaient mes meilleurs potes. J’invite également mes petits Musketeers préférés, histoire d’apporter un peu de panache, même si Athos risque fort de siffler tout l’alcool. Mais on lui pardonne, il est tellement irrésistible lorsque son âme est torturée !

Lubiie. Pour bavarder entre copines, rien de mieux que les Devious Maids Carmen, Rosie, Zola y Marisol. Toujours impliquées dans des histoires invraisemblables, c’est un guilty pleasure de connaître les derniers potins d’un été sur l’autre. Soyons plus sérieuse avec Daniel Holden qui revient dans Rectify avec son regard intense et toujours aussi captivant d’une année sur l’autre. Puis, le docteur Masters et sa collaboratrice Virginia donnent toujours envie d’en apprendre plus scientifiquement parlant dans Masters of Sex. Coté nouveautés, le club de The Astronaut Wives paraît valoir le coup d’être intégré tout comme ces Narcos même s’ils sont dangereux ou bien ce héros Nick Wasicsko de Show Me A Hero…

Jérémy. Je dois dire que je suis super content de retrouver mon nanar estival The Last Ship. On se retrouve entre amis, comme un petit rituel, des chips, des boissons fraiches, et des rires bien gras. C’est tellement nul que c’est génial. Dans le même genre pendant l’automne j’ai Once Upon a Time. Bon, sinon, j’aime les bonnes séries et cet été on va être servi ! BoJack Horseman revient plus dépressif que jamais, Rick et Morty vivront de nouvelles aventures délirantes, tandis que Daniel Holden reviendra me faire pleurer pour une saison 3 de Rectify. Je sens que je vais me régaler !

Yann. Cette période estivale est l’occasion de retrouver True Detective. Le terme de retrouvailles n’est peut être pas le plus adapté. Un nouveau lieu, de nouvelle têtes et une histoire renouvelée, elle aussi. Pourtant, pas de doute possible, me voilà encore happé par récit d’une noirceur extrême. Me voilà encore absorbé dans des mystères chaque semaine… J’entendais quelqu’un dire récemment que l’irruption du débat et des théories étaient le propre des grandes séries ! Du côté des nouveautés, le pilote de Mr Robot est une belle réussite. Pourvu que la suite soit du même tonneau et nous tiendrions enfin une oeuvre juste et prenante sur le hacking !

Stéphane. Si on fait un barbecue cet été, j’invite forcément tous mes copains de Major Crimes. Je les adore ! Provenza, Flynn, Buzz, Captain Raydor, Sykes, Rusty, Tao, Julio, ils sont là chaque été et c’est un plaisir de les retrouver sous le soleil de Los Angeles même si ce sont à chaque fois des histoires macabres qu’ils m’apportent. Il y a une humanité qui se dégage de ce show, c’est juste magnifique. Sinon je veux bien rencontrer le Elliot de Mr Robot ! Le personnage est juste fascinant ! Et on peut inviter aussi tout le cast de UnReal, j’ai plein de choses à dire à Constance Zimmer !

 

Don Draper – Mad Men © AMC

 

 

ILTVSW. Et la rentrée alors, on a hâte de faire connaissance avec qui ?

Astiera. Je triche car je les connais déjà, mais j’ai tellement hâte de retrouver Mulder et Scully !!!!!!!!!!!!!!

Lubiie. Intriguée par Heroes Reborn par nostalgie de la saison 1 et une pointe de curiosité même si je ne me fais pas tellement d’illusion sur le résultat final. Chaque année, ma confiance est donnée aveuglément à la talentueuse Shonda Rhimes, productrice de The Catch avec Mireille Enos en héroïne. Le super-héros de cette année est une fille, c’est Supergirl qui devra faire ses preuves car côté costume, elle n’assure pas pour le moment. De réputation, Blindspot, Wicked City et Blood and Oil suscitent de l’intérêt. Puis, mon coup de cœur CW va pour Crazy ex-Gilfriend dont le visuel sympathoche donne envie au premier abord. Enfin, envie de grandeur avec Versailles pour le côté frenchy !

Jérémy. À la rentrée, je n’attends personne en particulier, je veux juste être bousculé, ému, je veux vibrer, je veux de l’intelligence et de l’audace ! Et comme chaque année, j’ai le fol espoir de voir les networks sortir de leur torpeur. Avec l’annulation d’Hannibal, on a un début de réponse…

Yann. Je ne vous cache pas que les nouveautés annoncées du côté des networks ne me séduisent pas au vu des bandes annonces. Si j’étais vous, je miserai plutôt sur le retour de Fargo (FX) qui se transpose à Sioux Falls !

Stéphane. Je dois dire que je me suis peu renseigné sur les séries de la rentrée. J’essaie une nouvelle technique d’approche. Donc pour le coup, je n’ai hâte de faire connaissance avec personne. En revanche, j’ai hâte retrouver pas mal de monde, tous les copains qui reviennent pour une nouvelle saison.

Il faut que l’Académie m’appelle, j’ai plein de bons conseils à leur donner !

ILTVSW. Lesquels de nos BFFF méritent un Emmy?

Astiera. Joshua Jackson The Affair qui porte les traits Cole avec force et émotion. Mads Mikkelsen Hannibal qui est à la fois terrifiant et diablement attirant. Keri Russell et Matthew Rhys The Americans qui ont magistralement habités une saison 3 absolument parfaite.

Lubiie. Ils sont regrettés et pour leur dernière round, le Emmy goes to… Leslie Knope et Don Draper.

Jérémy. J’ai envie de donner tous les Emmys du monde à Anson Mount de Hell on Wheels. On ne parle que très peu de cette série et encore moins de son interprète principal, mais c’est un cowboy à l’ancienne beau, ténébreux et maudit. Un peu l’équivalent dark de Timothy Olyphant de Justified. Il a l’accent chantant du sud, le regard bleu acier d’une tristesse infinie et il porte sur ses épaules une très belle série. Dans un tout autre registre, on trouve Bob Odenkirk, le formidable Saul Goodman de Breaking Bad qui a maintenant sa propre série. Il y a beaucoup plus dans ce personnage que le simple avocat véreux et Odenkirk le joue à merveille. Bon et comme d’habitude, donnez tout à Jon Hamm, Elisabeth Moss, Louis C.K, Julia Louis-Dreyfus ou Jeffrey Tambor.

Yann. Je donnerai toutes les statuettes possibles à Mad Men et à son cast. C’est un peu « cliché » de récompenser pour l’ensemble de son oeuvre mais c’est précisément ce que je souhaite.

Stéphane. Je crois que je donnerai un Emmy à mes prom queen & king, ils les méritent amplement ! Puis un autre aussi à Rose McIver, la Liv Moore de iZombie. Et un à Jay Baruchel aussi ! Et Timothy Olyphant et Amy Poehler ! Carrie Coon, Amy Brenneman et Justin Theroux de The Leftovers mériterait aussi d’en avoir. Comme Allison Janney pour sa saison brillante dans Mom ! Bref, il faut que l’Académie m’appelle, j’ai plein de bons conseils à leur donner !

 

Saul Goodman – Better call Saul © AMC

 

Pour combattre le blues du lendemain de fête, vous pouvez aussi retrouver mes talentueux invités sur Twitter…

 

@Lubiie auteure de Lubie en série

@astiera auteure de Séries addict so what?

@yann_k auteur de Séries, le blog!

@JeremyCoifman auteur de Time of the season

@serieseater auteur des Plumes asthmatiques

 

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

BFFF Weekly 54: Friendship can be at first sight too

22 Fév

FRA/ENGLISH

Cher Jimmy

Merci. Merci d’être honnête. La plupart du temps, la TV est obsédée par les méchants, les gentils et les circonstances extrêmes. Le déferlement Marvel cette saison sur le petit écran en est la plus récente manifestation. Avec vous Jimmy McGill, de la série Better call Saul, c’est tout le contraire qui se produit. Nous prenons conscience que, selon toute probabilité, nous allons devenir des anti héros du quotidien. Autrement dit, nous ne parviendrons pas tous au sommet. Même les petits malins qui ont choisi d’étudier le droit pour la sécurité. Car, à l’échelle de notre expérience commune, l’échec se hisse en pole position. Et, vous, Jimmy, vivez les choses comme elles sont. Sans fards. Sauf dans vos délicieuses plaidoiries. C’est pour cela qu’après trois épisodes seulement, vous êtes déjà l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine.

Votre vie craint et c’est très émouvant à regarder. Vous voir, vous, un avocat, vous battre pour joindre les deux bouts est une expérience épique et intime à la fois. Il faut, pour en prendre la mesure, avoir admis qu’on ne devient pas loser parce qu’on le mérite mais parce que l’existence adore nous jouer des tours. Du coup, les choses du quotidien relèvent d’une volonté héroïque et peuvent même finir par prendre une dimension poétique.

Lorsque nous sommes gamins, on nous raconte que si nous finissons nos épinards, tout ira bien dans la vie. Personne ne devrait pouvoir mentir ainsi impunément à un enfant. Même si, d’une certaine manière, ce mensonge est l’un des cadeaux les plus précieux que l’on puisse recevoir. Plus tôt nous prenons conscience de l’importance d’apprendre à gérer le médiocre, mieux nous serons capable de nous en sortir. Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter de rêver. Simplement que nous avons à notre disposition une représentation assez exacte de la réalité.

Voyez-vous Jimmy, vous êtes un homme brillant. Votre bagout vous permet de vous sortir des situations les plus désespérées en payant le prix minimal. Avec un tel talent, vous devriez être président, présentateur du JT ou pubard star comme un autre beau parleur prénommé Don. Pourtant, vous n’êtes rien de tout cela. Il faut reconnaître que vivre à Albuquerque ne vous simplifie pas la vie. Mais, vous êtes un homme courageux. Vous ne vous lamentez pas sans fin sur votre sort. Ce qui est remarquable compte tenu des costumes en Tergal mal coupés et des mocassins en daim défraîchis (névrose personnelle à ne pas régler, note de l’auteur) que vous portez pour vous rendre au tribunal. Vous prenez la médiocrité très au sérieux. Parvenez à en faire un art. Votre vie est un show et vous en êtes la star.

Il y a deux manières d’envisager les distributeurs, les snacks et le mauvais café. Y voir du mauvais café et des snacks. Ou y voir du mauvais café, des snacks et n’en avoir rien à faire car on continue à croire qu’un jour, la magie fonctionnera et que l’on parviendra à construire son petit rêve américain dans son coin. C’est hautement improbable. Mais cela n’a aucune importance car, entre-temps, on aura réussi à faire d’une trajectoire médiocre, un truc qui s’appelle une vie.

La semaine prochaine sur ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

PS: Ici l’interview que Vince Gilligan a accordé à ILTVSW avant le dernier épisode de Breaking Bad

 

Bob Odenkirk (Jimmy McGill/Saul Goodman)

 

 

Titre/Title : Better call Saul (2015)
Créateurs/Creators : Vince Gilligan & Peter Gould
Cast : Bob Odenkirk (Jimmy McGill/Saul Goodman)
Maths 1 : saison/season
Chaîne/Network : AMC

Dear Jimmy

Thank you. Thank you for being honest. Most of the time TV is about bad guys, good guys and extreme circumstances. This year’s massive Marvel invasion of small screens says it all. With you Jimmy McGill, from the show Better call Saul, we learn that the odds are high that we are going to be the anti heroes of our lives. In other words, not everyone is going to make it to the top. Not even those who thought they were making a safe move going to law school. In fact, failure is what we share the most. And yet TV keeps telling us that we should shoot for the moon. But you Jimmy are telling the truth and that’s why you are one of my BFFF/Best fiction friends forever after three episodes only.

Your life sucks yet it is very touching. Because watching you, a lawyer, struggling to make ends meet is both an epic & intimate experience. If we admit that losers exist not because they deserve to be but because life is playing games with us, making it through the day is actually heroic and, with you, somehow even poetic.

We are kind of always told as kids : « If you finish your spinach life is going to be OK ». No one should be able to get away with lying to a kid. Even if in some ways that lie turns out to be the most precious gift ultimately. The sooner you understand the art of mastering « average » the better your life is going to be. It doesn’t mean that you must stop dreaming, though. Just that you have the exact picture of reality.

See, Jimmy you are a brilliant man. Basically you can talk your way out of the worst situations. With such a skill you should be president, TV anchor or in the advertising business like another great speaker called Don. But you are not. Albuquerque where you live is not making things easy for sure. But you are a brave man. You don’t seat endlessly feeling sorry for yourself. Despite the Tergal suits and old suede loafers (personal neurosis not to be fixed, note from the author) you must wear to go to court. You take « average » seriously. And make it an artwork. Your life is a show. And you star in it.

There are two ways of looking at vending machines, snacks & bad coffee. You can focus on bad coffee and snacks. Or decide to see bad coffee and snacks and don’t care because you keep believing that one day magic is gonna work and that you are going to build a little American dream of your own. It probably won’t happen but, in the mean time, you will have made from an average ride, a thing called a life.

Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

PS : Here the interview Vince Gilligan gave to ILTVSW before the final episode of Breaking Bad

Retrouvez ce billet dans la sélection hebdomadaire Séries Mania

ILTVSW Summer Prom 2014

22 Juin

FRA/ENGLISH

Well, my friends, the time has come. To raise the roof and have some fun. Throw away the work to be done. Let the music play on. Play on, play on. Everbody sing, everybody dance. Lose yourself in wild romance. We’re going to party. Karamu, fiesta, forever. Come on and sing along! Alllllllllll night long … Oups, dis donc, vous tombez en plein bal de promo ce soir sur I love TV so What?

Grâce aux premières étoiles de l’été et à quelques Mojitos, Cécile de Femmes de séries, Lubiie de Lubie en série, Astiera de Séries addict so what?, Yann de Séries, le blog !, Jérémy de Time of the season et Guillaume de Lucarne ont déjà quitté leurs Stilettos ou abandonné leurs vestes de smoking …

Passer une soirée avec des stars de la blogosphère séries, juste ce qu’il fallait pour ne pas me laisser abattre par le blues de fin d’année. Surtout qu’ils ne sont pas venus seuls mais avec leurs personnages préférés.

C’est promis, on vous a concocté un bal de promo dans les règles de l’art. Prom queen, drames & love story … Come on ! Et bel été à tous !

To my readers, exceptionally ILTVSW will only be French speaking this week. The blog is hosting a TV Prom with French TV bloggers. But as soon as next week things will be back to normal meaning French & English. English speaking bloggers you are welcome to contact me to guest post. Happy summer to you all !

 

 

ILTVSW. C’est la fin de l’année qui sont les Prom queen & king 2014?

Cécile. Si on respecte la logique des couples et des séries, je vote pour Virginia Johnson et Bill Masters. Par contre le bal de promo risque d’être un peu salé avec ces deux-là !! Et si on fait les foufous et que l’on croise les séries, je tente un truc audacieux : Alicia Florrick et Oliver Queen ! Ouais, je suis trop une rebelle, moi !

Astiera. Mon roi de la promo est sans conteste Hannibal Lecter. Oui, oui, un psychopathe de la pire espèce, cannibale de son état. Mais comment résister à l’Hannibal magnétique, terrifiant et tellement sensuel décrit par Bryan Fuller et si formidablement interprété par Mads Mikkelsen ? Et, dans cette saison 2, cela a été un véritable festival. J’en suis encore toute transportée ! Pour l’accompagner, je ne vois qu’une seule reine possible : Catherine Cawood, héroïne de la géniale minisérie anglaise Happy Valley. L’écriture de Sally Wainwright et l’interprétation de Sarah Lancashire sont tout simplement magnifiques et donnent vie à un personnage qui l’est tout autant. Durant six épisodes, j’ai pris un plaisir fou à plonger dans cet univers à la fois banal, médiocre, violent, tendre et touchant (si, si, je vous assure, tout ceci à la fois) et à partager les peines, joies, colères, forces et faiblesses de cette femme si enthousiasmante !

Lubiie. Le bal de promo, c’est à chaque fois des petits nouveaux pour remplacer la génération précédente : cette année, Cillian Murphy a marqué les esprits en leader du clan Shelby dans Peaky Blinders et à ses côtés la captivante, Virginia Johnson qui ensorcèle l’assemblée dans Masters of Sex. Cependant, si les anciens comptent toujours, en supplément du King, le mystique Don Draper (Mad Men) et Julia Louis-Dreyfus (Veep) en Queen de l’humour.

Yann. J’ai choisis une reine de promo très récente ! C’est une actrice dont on ignorait tout avant ce rôle. Il s’agit d’Allison Tolman. Non seulement, elle fait des débuts éblouissants mais elle parvient à faire oublier une comparaison qui devait pourtant planer comme une épée de Damoclès au dessus de son rôle de Molly dans Fargo. Si la série s’est adroitement positionnée par rapport au film originel, son personnage était l’alter ego de celui qui avait été si brillamment interprété par Frances McDormand. Tolman dépasse l’illustre actrice pourtant oscarisée pour ce rôle et Fargo (la série) lui doit beaucoup. Pour le roi, ce sera Matthew McConaughey sans hésiter. Un acteur qui transforme en or tout ce qu’il touche actuellement et qui livre une performance impressionnante via l’abîmé Rust Cohle dans True Detective. J’ai été bouleversé par la série et McConaughey en est responsable en grande partie.

Jérémy. Marrant que tu poses cette question, car ce que j’ai en tête, ce n’est pas une série, mais un homme et une femme qui dansent au son du My Way de Frank Sinatra. Don Draper et Peggy Olson ont toujours eu des scènes formidables, avec ce mélange d’attraction et de répulsion. Mais celle-ci, lors du sixième épisode de la saison 7, de par son apaisement teinté de mélancolie fait mouche et restera comme un des plus beaux moments de la saison. Ces deux-là sont le cœur de Mad Men. Le nôtre de cœur est en miette. Plus que sept épisodes avant la fin … Bon et un big up a Mindy Kaling, The Mindy Project, que j’adore.

Guillaume. J’ai bien envie de synchroniser nos calendriers et célébrer Sue Heck et Darrin (The Middle). Un couple qui brille par leur innocence, une naïveté si élémentaire qu’ils semblent atteints d’angélisme. Bien sûr, cette attitude comme acte de résistance, j’aurai pu l’appliquer au couple Ben & Leslie (Parks & Recreation), lui son regard un peu ahuri et sa folie geek contraste avec sa rigueur comptable mais elle, Leslie, c’est peut-être la version adulte de Sue Heck. Elles possèdent cette même hargne qui confond parfois enthousiasme et entêtement mais on se dit que le monde serait meilleur peuplé de Sue et de Leslie. Sue et Darrin, c’est un couple improbable, fait l’un pour l’autre. Quelques grammes de candeur dans notre quotidien cynique.

 

 Ben alors Franck Underwood, c’est pas la forme ?

 

ILTVSW. Forcément, certains n’ont pas été à la hauteur de leur réputation & d’autres ont montré un potentiel que l’on ne soupçonnait pas …

Cécile. On commence par les bonnes nouvelles. J’ai été particulièrement bluffée par Arrow cette année qui a complètement et parfaitement embrassé son côté comics alors même que la saison 1 n’était pas géniale. Mais là, évolution des personnages et des interprétations, structures narratives intelligentes et choix gonflés sont au rendez-vous. Dans la catégorie déception, le final de Dexter est tout en haut de la liste ! Non mais franchement, cette dernière scène, c’est n’importe quoi !

Astiera. Je risque de me fâcher avec la maîtresse de maison, mais tant pis, je me lance : la rupture ne cesse de se préciser chaque saison un peu plus entre moi et Don Draper. Je sais, je sais, je frôle le crime de lèse-majesté, mais telle est la vérité : depuis la saison 4, rien ne va plus entre nous. Le Don que j’avais tant aimé me déplaît, me déçoit, m’indiffère. Je n’ai même pas terminé de regarder la première partie de la saison 7, c’est dire … La bonne surprise est venue de Lester Nygaard. Je l’avoue, je n’ai pas vu le film Fargo (bouh, c’est mal, je sais) et je n’avais donc absolument aucune idée de ce que la série Fargo pouvait donner, si ce n’est que j’allais y retrouver mon Martin Freeman adoré. Mais je craignais que ce Lester reste cantonné à être un loser, un type médiocre et banal. Eh bien il l’est assurément, mais je ne soupçonnais pas une seule seconde qu’il deviendrait tout autre et que Martin Freeman allait être aussi flippant. Et j’adore ça !

Lubiie. Ted et sa bande de copains de How I Met Your Mother ont fait une sortie désastreuse après neuf ans. Matt Leblanc était hilarant cette année et cette troisième saison d’Episodes est réussie après deux saisons précédentes irrégulières. Après des saisons 1 convaincantes, ils continuent dans l’excellence pour The Americans, Devious Maids et Veep !

Yann. J’ai été déçu par le retour de Frank Underwood. House of Cards ne parvient pas à se renouveler efficacement et c’est un premier faux pas pour Netflix en quelque sorte. Par contre, Amazon a frappé fort avec 5 nouveaux pilotes dont 4 commandés (Mozart in the Jungle, Transparent, Bosch, The After) qui s’annoncent très prometteurs. Le saut de qualité par rapport à leurs deux premiers efforts (Alpha House et Betas) est tout simplement spectaculaire. Il faudra compter avec Amazon dès cette année !

Jérémy. Évidemment la saison 2013-2014 a réservé son lot de déceptions. Mais également de grosses satisfactions. Et, c’est ça que je retiens avant tout, je suis quelqu’un de positif ! Hannibal et The Good Wife repoussent les limites de ce qu’on a l’habitude de voir sur des grands networks tandis que True Detective, Banshee, Looking ou Louie déploient leur science du récit et un charme fou. Bon, j’ai quand même goûté à mon lot de séries de network un peu caca, des prods JJ Abrams douteuses (Revolution, Almost Human), des dramas ronronnants (Chicago PD, Intelligence) et des comédies datées (Friends With Better Lives). Ouais, bon, en fait plein de trucs pourris. Mais, c’est ce qui rend les bonnes séries si agréables à regarder pour un sériephage, on mate tellement de mauvaises séries …

Guillaume. Syndrome de la page blanche pour Richard Castle, cette année. Est-ce l’organisation de son mariage avec Kate qui a rendu l’écrivain si … responsable ? Le mot lâché fait mal. Sa dimension juvénile cadenassée par l’aspect contractuel de l’amour et c’est tout un univers qui fait le grand plongeon. Castle a passé une saison en apnée, en espérant qu’il remonte rapidement à la surface pour retrouver son souffle insolent et sa posture ludico-post-moderne. L’apathie qui avait gagné la bande du Big Bang s’est envolée, alors que je pensais le mal incurable. Le groupe devenu équation sans inconnue a retrouvé sa dynamique et l’osmose renouvelée a permis des échanges chimiques propres à exciter les zygomatiques. Les miracles existent et on peut le prouver scientifiquement. Autre miracle : Sherlock émouvant ! Dans sa relation avec Watson et un discours de garçon d’honneur aussi diablement aliéné que sincèrement touchant. Il y a un cœur qui bat derrière cet amas de processeurs et barrettes de mémoire vive. Comme un fantôme dans la machine.

 

Martin Freeman – Fargo

 

 

ILTVSW. Il y a aussi ceux qui ont quitté l’antenne pour toujours et que l’on pleurera au moins pendant les dix prochaines années, c’est atroce.

Cécile. Je sens qu’on veut me faire parler de Breaking Bad avec cette question insidieuse !!! Mais non, ça ne va pas marcher étant donné que je n’ai vu que le pilote de la série (lequel d’entre vous vient de me jeter une merguez, là ?!). J’ai très mal vécu l’annulation de The Borgias qui remonte déjà un peu. Arrêter une série à la saison 3 alors que la fin était prévue dans la 4, c’est d’une bêtise incroyable. Et puis c’était d’une qualité fabuleuse.

Astiera. Le seul personnage dont j’ai suivi la trajectoire et à qui j’ai dû dire adieu durant cette saison 2013-2014 a été Dexter, et comment dire, je ne vais pas le pleurer les dix prochaines années … En revanche, Debra, c’est une autre histoire (faible je suis) !

Lubiie. La famille Chances de Raising Hope sera regrettée et pour longtemps. Cette série « so cute » était un bouffé d’air dans la semaine. Being Human US fait partie aussi des séries que je pleure. C’est tout simplement sentimental, véritable passion pour la saison 1, j’ai eu la chance d’interviewer les trois acteurs principaux : ma première interview et en anglais ! Alors, je dis au revoir avec un pincement au cœur à ces trois colocataires hors normes…

Yann. Je ne sais pas si l’on peut citer Birgitte Nyborg comme faisant partie de cette promo. Elle me manque, Birgitte ! Borgen me manque. Le Danemark me manque.

Jérémy. Comme des millions de personnes, je pleure encore l’annulation de Community, même si un espoir de reprise par Hulu persiste. Finalement, c’est du côté des comédies qu’on perd le sourire. Terminées The Neighbors, Raising Hope et How I Met Your Mother, quand bien même elle sentait un peu le rance. Pourquoi les séries qu’on aime doivent-elles forcément passer à la trappe ? Pourquoiiiiii ! ?

Guillaume. Les mains tremblantes et l’oeil humide, je dois coucher ces quelques mots. La prochaine rentrée, il faudra faire sans les Chance (Raising Hope). Et c’est un poids qui vous tombe sur les épaules. Bien sûr, il y a d’autres familles (les Heck sont encore là) mais les Chance … c’était les Chance. Une famille fonctionnelle … à sa manière. Une composition white trash si attachante. L’Amérique profonde, quasi redneck mais bourrée d’amour. Ils pouvaient nous donner toutes les raisons du monde de détester leur ignorance, moquer leur « réussite », craindre leur environnement. Mais, à la fin, j’aurai souhaité vivre chez eux. Aucune chance (sic) de s’y ennuyer et celle de bénéficier du plus beau et sincère des soutiens. Maladroit peut-être mais si l’amour est juste, ses voies ne sont jamais aussi écorchées (et hilarantes) qu’à Natesville.

 

 Plonger à nouveau dans  le regard de Daniel Holden

 

ILTVSW. L’été, c’est aussi le moment de retrouver ou de se faire des nouveaux copains alors qui on invite au barbecue?

Cécile. Tous les clones de Orphan Black ! Par contre, il faudra garder un œil sur Helena, elle aime bien jouer avec le feu ! Pour que la fête soit plus folle et que notre équipe de beach-volley soit complète, je propose d’inviter Sharon et Provenza de Major Crimes, Joss de Mistresses, les garçons de Falling Skies et les petits nouveaux de The Last Ship. The Strain est sur la liste mais ça peut mal tourner. Pour cette journée particulière, on demandera à Barbe Noire (Crossbones) de nous prêter son île, c’est plus simple !

Astiera. Autour du barbecue, je vote pour inviter le sheriff Walt Longmire. Un cow-boy taiseux pure souche, ténébreux, torturé par son passé et sexy, que demander de plus ? Bon, ok, ok, il risque fort de passer la soirée dans son coin avec sa bière et son steak, mais peu importe, il doit être là ! Pour lui tenir compagnie, rien de mieux que les minets « what thé fuck » de Teen Wolf. Derek sera tout aussi taiseux et tout aussi sexy (et très certainement top less à un moment donné de la soirée. Oui, je suis une incorrigible midinette, j’assume). Et mon Stiles d’amour saura nous charmer avec ses sarcasmes et son irrésistible humour. Une bonne soirée en perspective en somme !

Lubiie. Toujours confiante dans les choix de HBO, The Leftovers paraît être une valeur sûre et une série prometteuse. Halt and Catch Fire a démarré fort avec un premier épisode plein de promesses. Hâte de voir la suite de la série australienne Devil’s Playground. Diffusée en août en Australie, j’attends depuis le festival Séries Mania les épisodes avec impatience ! Tyrant de FX donne envie et par curiosité, Extant est à voir même si le thème de la série est moins à mon goût.

Yann. L’été s’annonce très consistant. Il y a surtout Daniel Holden de Rectify. Les attentes sont fortes et j’espère que la série sera à la hauteur de ce qui constitue à mes yeux le tout meilleur en 2013. Je suis très curieux de découvrir Barry Al Fayeed, ce fils de dictateur exilé de retour dans son pays pour Tyrant (FX). Et enfin, je ne manquerai pas les débuts du Docteur John W. Thackery interpreté par un certain Clive Owen sous la direction d’un certain Steven Soderbergh dans The Knick (Cinemax).

Jérémy. Bon, il n’est pas forcément nouveau, mais on n’avait pas eu le temps de bien le connaitre l’année dernière. Mais ce qu’on en avait vu nous avait laissés sans voix. Daniel Holden et Rectify reviennent. Forcément c’est un évènement et forcément je serai au rendez-vous. À vrai dire, beaucoup ne pensent qu’au prochain épisode de Game Of Thrones ou The Walking Dead, moi, je n’attendais qu’une chose me plonger à nouveau dans le regard de Daniel Holden.

Guillaume. Il y a l’idée de réunir Walt Longmire (Longmire) et Daniel Holden (Rectify) et penser que ces deux-là pourraient se guérir mutuellement. Bien sûr, il faudra savoir apprécier les silences. Le vieux taciturne shérif et le réservé ex-condamné. Deux êtres à fleur de peau qui vont devoir s’apprivoiser comme deux animaux sauvages. C’est peut-être par leur spiritualité que les portes s’ouvriront et laisseront s’écouler le flot des mots/maux. Et pour soulager l’intensité un peu grave, on peut faire confiance à Provenza et Flinn (Major Crimes). Les partenaires sont comme un vieux couple et leurs petites chamailleries comme leur capacité à provoquer quelques catastrophes seront gage de rires francs. Toutefois, si la situation devenait sinistre, ils retrouveraient leur sérieux, aussi imperturbables que leur capitaine Raydor.

Viola Davis/How to get away with murder

Viola Davis – How to get away with murder

 

ILTVSW. Et la rentrée alors, on a hâte de faire connaissance avec qui?

Cécile. Avec Barry Allen alias The Flash, l’épisode backdoor était très réussi dans Arrow. J’ai hâte de jeter un œil à la très prometteuse A to Z avec Cristin Miloti. Les retours de Tea Leoni et Katherine Heigl piquent ma curiosité mais je m’attends un peu au pire. Par contre la bande annonce de How to get away with Murder avec Viola Davis est très prometteuse. Evidemment ma passion pour BSG me conduit du côté de Outlander de Ron Moore.

Astiera. À la rentrée, j’ai hâte de découvrir un seul personnage, j’ai nommé Twelve ! Et oui, en indécrottable Whovian et fangirl de Moffat que je suis, j’ai très très envie de voir où ce nouveau Doctor va nous emmener ! Si j’étais une peste, j’écrirais que cela pourra difficilement être plus brouillon que la 7e saison de Doctor Who (oui, je suis une mauvaise fangirl). Mais je fais confiance à l’amour de Moffat pour la série et le personnage et au talent de Peter Capaldi pour faire battre mon petit coeur.

Lubiie. Fidèle à Shonda Rhimes, How to get away with murder est la série tant attendue ! Et comme elle a travaillé avec le génie, Bad Judge, la série de Kate Walsh en héroïne semble bien rigolote. Fan de super héros, je tenterai l’aventure Flash ainsi que celle de Batman avec Gotham. De toute façon, sériephile trop curieuse, je prends des forces cet été pour attaquer la saison des pilotes en plein forme !

Yann. Je ne retiens qu’un seul titre : Transparent (Amazon) de Jill Soloway. Le pilote est un petit bijou et il me tarde de voir la suite qui est actuellement en tournage.

Jérémy. Ce ne sera pas totalement à la rentrée, mais à la mi-saison, pourtant l’un des rares nouveaux projets de 2015 qui me fait rêver reste Galavant du génial Dan Fogelman. On pense très fort aux Monty Pythons, mais on reconnait également le style du créateur de The Neighbors. Une comédie musicale dans un univers médiéval totalement décalé, c’est complètement fou ! Et j’attends qu’enfin Matthew Perry renoue avec un succès à la hauteur de son talent. Tu peux y arriver Matthew, même Matt LeBlanc l’a fait avec Episodes ! Ah, oui, et on invite Rainn Wilson, car même si Backstrom s’annonce classique, ce mec peut vraiment donner une ambiance incroyable à notre petite fête sérielle !

Guillaume. … Avec des gens sortis de leur case. Le jeune Jim Gordon et l’enfant Bruce Wayne de Gotham, Flash, John Constantine. Place aux êtres extraordinaires, même si l’appréhension pointe. La chair va-t-elle se hisser au niveau du papier ? Je sais qu’il faudra leur laisser du temps pour exister comme ceux de Arrow ou Marvel Agent’s of S.H.I.E.L.D. Qu’il n’y a que dans Last Action Hero que le passage d’une dimension à l’autre se fait de façon aussi aisée. Mais ils portent en eux les promesses d’une existence passée bien remplie et la perspective de tracer leur propre futur.

Une torture cette question …

ILTVSW. Lesquels de nos BFFF méritent un Emmy?

Cécile. Lizzy Caplan comme Tatiana Maslany méritent un Emmy, voire deux. Allez, on va dire quatre chacune. Il faut bien avoir un truc à mettre sur la cheminée !

Astiera. Je ne peux décemment pas participer au bal de promo 2014 de nos BFFF préférés et ne pas citer Sherlock ! Malgré toutes les imperfections de cette saison 3 (je suis décidément une très mauvaise fangirl), je suis toujours autant attachée à ce personnage (et aussi à son interprète, of course). Qu’y puis-je s’il est mon high-functioning sociopath d’amour ? Mais en cette saison 2013-2014, j’ai aussi été emportée par le Tommy Shelby de Peaky Blinders. Un homme torturé, blessé, dangereux, magnétique, amoureux, romantique. Bref, Tommy mérite l’Emmy ! Et j’aime toujours autant Philipp Jennings, l’espion si touchant et complexe de The Americans. Dans cette saison 2, il s’est encore plus révélé, laissant voir encore un peu plus sa vulnérabilité, ses points de rupture, tout en continuant à remplir sa mission avec une grande efficacité.

Lubiie. Même si la série n’a pas été un coup de cœur, True Detective reste un « must see » et je reconnais que le travail bluffant de Matthew McConaughey dans le rôle de Rust Cohle. Côté actrice, Tatiana Maslany réalise une véritable prouesse avec ses clones dans Orphan Black, l’un d’eux mérite bien un Emmy.

Yann. J’ai beaucoup aimé Lizzy Caplan pour son rôle de Virginia Johnson dans Masters of Sex ! Son personnage est magnifique et elle lui donne beaucoup de charme, d’humour et de convictions.

Jérémy. Question difficile, tellement de talents ! Je dirais que Julianna Margulies est au-dessus dans la catégorie féminine, Peter Dinklage, Jon Hamm, Bryan Cranston, Matthew McConaughey sont là. Mais n’oublions pas la présence et le regard incroyable de Jason Momoa (The Red Road), et la performance de l’immense Adam Driver (Girls). Non, mais c’est une torture cette question ! Trop d’affection pour tous ces personnages et acteurs. Mon Dieu ! J’allais oublier Julia Louis-Dreyfus et Louis C.K qui sont deux génies, rien de moins !

Guillaume. Cette année, pour mériter l’éloge suprême, il fallait être incomplet. Derrière sa façon presque cérémonieuse d’agir, pointe la douleur sourde de Rust Cohle (True Detective). C’est un père perdu dans des concepts philosophiques aliénés et une vision du monde misanthropique. L’illustration d’un parent qui ne devait pas survivre à sa fille et qui a plongé dans une apathie autodestructrice. Quelle composition déchirante!

 

Matthew McConaughey – True Detective

 

Pour combattre le blues du lendemain de fête, vous pouvez aussi retrouver mes talentueux invités sur Twitter…

 

@Ccilep auteure de Femmes de séries

@Lubiie auteure de Lubie en série

@astiera auteure de Séries addict so what?

@yann_k auteur de Séries, le blog!

@JeremyCoifman auteur de Time of the season

@gehenne auteur de Lucarne

 

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

Breaking Bad final: interview de Vince Gilligan

29 Sep

Breaking Bad c’est fini aujourd’hui et c’est triste. Avant la diffusion du dernier épisode de la série intitulé Felina sur AMC, ILTVSW a choisi exceptionnellement de publier à nouveau l’entretien que Vince Gilligan lui avait accordé début septembre à l’occasion du Festival du film américain de Deauville.

Version française

Vince Gilligan s’est rendu à Deauville le week-end dernier dans le cadre du Festival du film américain et de la Saison 4, événement consacré aux séries. Le créateur de Breaking Bad, qui suit Walter White un professeur de science condamné par un cancer du poumon qui devient dealer pour subvenir aux besoins de sa famille, a donné une formidable masterclass. Le 29 septembre prochain la chaîne du câble AMC diffusera le dernier épisode d’une série devenue culte alors qu’en France il faudra patienter jusqu’au 21 décembre date à laquelle OCS lancera la dernière saison. Interview de l’un des auteurs les plus pointus de la télé américaine d’aujourd’hui que ILTVSW a eu la chance de rencontrer près d’une demi-heure.

ILTVSW: En 2008 lorsque vous avez créé Breaking Bad c’était déjà l’âge d’or de la télévision américaine pour les scénaristes, des séries comme les Sopranos ou Six Feet Under étaient déjà de considérables succès. Votre projet avait-il pour but de proposer quelque chose de radicalement différent ou étiez-vous simplement concentré sur votre désir de raconter l’histoire de Walter White?

Vince Gilligan. Un peu des deux. Ce petit homme Walter White m’intriguait et je voulais explorer son histoire. Ce qui est drôle lorsque l’on écrit pour la télévision, c’est que l’on ne connaît pas toute l’histoire au début. Il s’agit d’explorer l’histoire et d’apprendre à connaître le personnage. C’était ce que j’avais envie de faire. Mais je souhaitais également que la série soit différente. Historiquement, les règles de la télévision voulaient que les personnages ne changent pas. Prenez M.A.S.H., Pierce est la même personne dans la saison 1 que dans les saisons 9, 10 ou 11. Les téléspectateurs aux Etats-Unis ont longtemps apprécié cela. Lorsqu’ils allumaient leur télévision, ils voulaient savoir ce qu’ils allaient retrouver et qui ils allaient retrouver. Je savais cela et je me suis dit que cela serait sympa de créer une série dans laquelle le personnage principal dans le premier épisode n’est pas le même que dans le dernier épisode. En d’autres termes, un personnage qui changerait dans chaque épisode, qui deviendrait une nouvelle personne. De sorte que si un téléspectateur ne voyait que le premier épisode et le dernier épisode de la série, il se dirait : Mais je ne reconnais même pas ce gars, que lui ait-il arrivé? Il est différent, il se comporte autrement, il était bon maintenant, il est mauvais… C’est ce que j’ai voulu faire.

ILTVSW: Votre parti pris constituait un réel challenge…

V.G. Effectivement, c’était un challenge. Je voulais me mettre à l’épreuve pour voir si je pouvais créer quelque chose de nouveau et d’original. Nous le savons tous c’est extrêmement difficile d’y parvenir car presque toutes les histoires ont déjà été racontées. Il n’existe en effet qu’un petit nombre d’émotions humaines et toutes les combinaisons entre elles ont quasiment été explorées. Pourtant, nous les auteurs nous continuons d’essayer. C’est exactement ce que j’ai fait avec Breaking Bad, essayé d’être différent.

ILTVSW: Cette histoire d’un homme brisé relevait-elle également du défi pour vous sur un plan plus personnel?

V.G. Comprendre la psychologie de Walt et son comportement n’était pas difficile pour moi. Nous partageons de nombreux points communs. Je n’ai rien de commun avec Heisenberg l’homme qu’il devient. Mais Walter, dans le premier épisode, et moi-même sommes plus semblables que j’aimerais l’admettre. C’est une personne bien intentionnée, il est un peu timide, manque de courage, il n’avance pas dans sa vie avec une force tranquille, c’est même tout le contraire, il est comme somnambule. A la fin du premier épisode, il dit : Je suis réveillé. Je peux comprendre ce sentiment.

ILTVSW: Pourtant ce que vous décrivez n’a pas grand chose à voir avec votre vie…

V.G. Bon, vous savez, pas en ce moment (silence). Quoique cela m’arrive de ressentir cela aujourd’hui encore et certainement au moment où j’ai créé la série. J’allais presque avoir quarante ans et je me sentais très quadragénaire. Je me disais : Mince, il y a des tas de trucs très sympas que je ne ferai jamais. Je n’ai jamais parcouru l’Europe sac sur le dos, je n’ai jamais appris à piloter un avion, ni atteint le sommet de l’Everest, je ne serai jamais président des Etats-Unis… A mesure que vous vieillissez, vous réalisez que vos possibilités deviennent plus limitées. Je pense que Walter White ressent cela aussi. C’est la raison pour laquelle il était facile pour moi de le comprendre.

ILTVSW: L’écriture de la série est brillante comme la réalisation et le jeu des acteurs mais au-delà de cela comment expliquez-vous le fait que Breaking Bad soit devenue un phénomène de la pop culture?

V.G. Je n’en sais rien. J’aurais aimé avoir une belle réponse à cela. Cela me trouble et cela me rend heureux que la série soit devenue un tel phénomène. D’ailleurs, j’ai mis des années à m’en rendre compte. Alors que la série existe depuis six ans, je n’en ai pris conscience que l’an passé. Et il m’a fallu ce voyage en Europe pour prendre la mesure réelle de son succès. Cela fait maintenant trois semaines que je suis en Europe et aujourd’hui est mon dernier jour ici et je peux vous dire que je ne savais pas que nous avions autant de fans en dehors des Etats-Unis. C’est extraordinaire.

ILTVSW: Pour quelle raison la série fait-elle écho chez autant de téléspectateurs?

V.G. Je peux formuler quelques hypothèses. Je vais les partager mais je crains de ne pas vraiment connaître la réponse et cela m’effraie car en tant qu’auteur on a envie de pouvoir connaître de nouveaux succès. Celui-là sera difficile à reproduire car je ne sais pas si j’en ai vraiment tiré une leçon. Je pense d’abord que la série fait écho autour du monde car l’acteur qui joue Walter est particulièrement excellent et facile à apprécier. Son visage inspire la compassion même lorsqu’il fait des choses terribles. Il y a de l’humanité en Bryan Cranston qui touche les gens de manière universelle. Quoi qu’il fasse ils l’aiment. L’autre raison réside je pense dans le fait que Walter White se bat réellement pour faire les choses comme il faut dans le premier épisode et, même si dans les suivants le bien ne l’intéresse plus, il continue de se battre et de travailler dur pour réussir. Rien n’est facile pour lui. Je crois que l’on apprécie les gens qui sont bons dans leur travail, qui triment, surmontent de gros obstacles et qui ne renoncent pas. Des gens qui ont la vie dure mais qui persévèrent. Sans doute car pour nous tous, c’est une remarque très générale mais très vraie sur le genre humain, la vie est très dure de temps en temps. Donc lorsque nous voyons quelqu’un d’autre expérimenter cela et ne pas baisser les bras, nous nous disons : Je peux comprendre cela, je peux regarder cela.

ILTVSW: Donc paradoxalement, il y a un message d’espoir dans Breaking Bad?

V.G. Un message d’espoir, d’un certain point de vue peut-être, oui. J’aime cette idée (rires).

ILTVSW: Vous dites que la force des chaînes de télévision du câble aux Etats-Unis n’est pas la liberté qu’elles offrent mais le petit nombre d’épisodes qu’elles commandent?

V.G. C’est vrai. Nous disposons au maximum de 13 épisodes et ces deux dernières années nous n’en avons eu que 8. Plus vous avez de temps pour écrire chaque épisode et plus vous avez de chance qu’il soit meilleur. Sur les chaînes nationales aux Etats-Unis, les séries, dont certaines sont excellentes, se déroulent sur environ vingt-quatre épisodes par an. J’ai travaillé sur l’une d’entre elles et j’en suis très fier (X Files, NDLR). Quelqu’un qui ne l’a jamais fait ne peut pas comprendre à quel point l’emploi du temps est dingue. Cela ne s’arrête jamais. C’est comme jouer à un jeu vidéo dans lequel vous conduisez une voiture à 200 km/h en essayant d’éviter les obstacles. Impossible de faire une pause pour réfléchir et livrer votre meilleur travail. C’est la raison pour laquelle je ne pourrai pas y retourner comme showrunner.  Je suis trop vieux pour cela, c’est trop dur, c’est trop de travail.

ILTVSW: On dit que la télévision est le média des scénaristes mais vous dites des choses intéressantes sur votre manière de travailler à la façon du cinéma. L’écriture visuelle est-elle la plus importante à vos yeux?

V.G. Je crois que ce que j’ai voulu dire c’est que la télévision est un média de scénaristes mais un scénariste est un conteur d’histoires comme l’acteur ou le réalisateur. J’aime me considérer comme un réalisateur mais je suis d’abord un scénariste. En tant que scénariste, j’aime peindre l’image visuellement. On considère que cela relève strictement du travail du réalisateur. Je ne le pense pas. Je suis convaincu que c’est le travail du scénariste de voir dans sa tête tout ce qu’il écrit, voir tout son film ou sa série avant même que quelqu’un ne lise son travail. C’est une part considérable de mon travail. Si je ne le fait pas avant de le donner aux acteurs ou aux réalisateurs c’est que je n’ai pas terminé mon travail. En tant que showrunner, ce qui prouve que je suis un peu control freak, j’aime pouvoir dire au réalisateur la scène devrait se dérouler ici plutôt que là.

ILTVSW: Le dernier épisode de Breaking Bad sera diffusé le 29 septembre prochain. Ecrire cet épisode est-ce une forme de piège?

V.G. Mon sentiment était très ambivalent. Je ne voulais pas que la série s’arrête. Je voulais qu’elle continue pour toujours mais je savais qu’il fallait y mettre un point final. Cette histoire demandait une fin. Le piège était ma peur de rater. La peur de ne pas réussir à écrire un dernier épisode qui rende les gens heureux, non je devrais plutôt utiliser le mot satisfait. Heureux ou triste ne sont pas des sentiments aussi profonds que satisfait. Je voulais qu’après avoir regardé le dernier épisode les téléspectateurs demeurent un moment dans leur fauteuil et se disent : Quelle fin! Juste comme il le fallait. Je voudrais que les gens ressentent cela.

ILTVSW: Cela a-t-il nécessité un certain courage? Avez-vous pris des risques?

V.G. Je pense que nous avons pris de gros risques. Mes six auteurs et moi avons passé plus d’un an à parler des derniers épisodes et plusieurs mois à travailler sur le dernier. Nous y avons consacré tout ce temps car nous voulions considérer toutes les possibilités. Nous nous sommes demandés : Le final doit-il être un choc total, une surprise que personne n’a vue venir? Ou au contraire le final le plus satisfaisant est-il celui que tout le monde voit venir mais qui convient parfaitement à la série? Je ne vous dirai évidemment pas l’option que nous avons finalement retenue mais toutes ces questions devaient être posées. Il fallait nous demander : Quelle est réellement la bonne fin pour Breaking Bad?

ILTVSW: Avez-vous été tenté de frimer un petit peu?

V.G. Oui, dans ce genre de circonstances, vous voulez frimer un peu. C’est un besoin humain et j’y suis sensible. J’ai écrit et dirigé le dernier épisode. Cela a été très difficile pour moi. Chaque fois que je réalise, j’ai l’impression que c’est la première fois, que c’est un truc nouveau. Mais j’ai le sentiment d’avoir été chanceux de pouvoir le faire et je suis satisfait du dernier épisode. Nous avons frimé un peu et pas seulement dans le dernier mais dans les 8 derniers, et cela a été agréable. J’espère que nous n’avons pas trop frimé. On veut que tout soit parfait. On veut que les proportions du final soient les bonnes.  Mais on veut aussi frimer un tout petit peu.

© 2013 ILTVSW – La reproduction, partielle ou entière, de cet entretien n’est pas légale sans l’accord préalable de ILTVSW.

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

ILTVSW guest star: Vince Gilligan, le créateur de Breaking Bad

15 Sep

Version française

Vince Gilligan s’est rendu à Deauville le week-end dernier dans le cadre du Festival du film américain et de la Saison 4, événement consacré aux séries. Le créateur de Breaking Bad, qui suit Walter White un professeur de science condamné par un cancer du poumon qui devient dealer pour subvenir aux besoins de sa famille, a donné une formidable masterclass. Le 29 septembre prochain la chaîne du câble AMC diffusera le dernier épisode d’une série devenue culte alors qu’en France il faudra patienter jusqu’au 21 décembre date à laquelle OCS lancera la dernière saison. Interview de l’un des auteurs les plus pointus de la télé américaine d’aujourd’hui que ILTVSW a eu la chance de rencontrer près d’une demi-heure.

ILTVSW: En 2008 lorsque vous avez créé Breaking Bad c’était déjà l’âge d’or de la télévision américaine pour les scénaristes, des séries comme les Sopranos ou Six Feet Under étaient déjà de considérables succès. Votre projet avait-il pour but de proposer quelque chose de radicalement différent ou étiez-vous simplement concentré sur votre désir de raconter l’histoire de Walter White?

Vince Gilligan. Un peu des deux. Ce petit homme Walter White m’intriguait et je voulais explorer son histoire. Ce qui est drôle lorsque l’on écrit pour la télévision, c’est que l’on ne connaît pas toute l’histoire au début. Il s’agit d’explorer l’histoire et d’apprendre à connaître le personnage. C’était ce que j’avais envie de faire. Mais je souhaitais également que la série soit différente. Historiquement, les règles de la télévision voulaient que les personnages ne changent pas. Prenez M.A.S.H., Pierce est la même personne dans la saison 1 que dans les saisons 9, 10 ou 11. Les téléspectateurs aux Etats-Unis ont longtemps apprécié cela. Lorsqu’ils allumaient leur télévision, ils voulaient savoir ce qu’ils allaient retrouver et qui ils allaient retrouver. Je savais cela et je me suis dit que cela serait sympa de créer une série dans laquelle le personnage principal dans le premier épisode n’est pas le même que dans le dernier épisode. En d’autres termes, un personnage qui changerait dans chaque épisode, qui deviendrait une nouvelle personne. De sorte que si un téléspectateur ne voyait que le premier épisode et le dernier épisode de la série, il se dirait : Mais je ne reconnais même pas ce gars, que lui ait-il arrivé? Il est différent, il se comporte autrement, il était bon maintenant, il est mauvais… C’est ce que j’ai voulu faire.

ILTVSW: Votre parti pris constituait un réel challenge…

V.G. Effectivement, c’était un challenge. Je voulais me mettre à l’épreuve pour voir si je pouvais créer quelque chose de nouveau et d’original. Nous le savons tous c’est extrêmement difficile d’y parvenir car presque toutes les histoires ont déjà été racontées. Il n’existe en effet qu’un petit nombre d’émotions humaines et toutes les combinaisons entre elles ont quasiment été explorées. Pourtant, nous les auteurs nous continuons d’essayer. C’est exactement ce que j’ai fait avec Breaking Bad, essayé d’être différent.

ILTVSW: Cette histoire d’un homme brisé relevait-elle également du défi pour vous sur un plan plus personnel?

V.G. Comprendre la psychologie de Walt et son comportement n’était pas difficile pour moi. Nous partageons de nombreux points communs. Je n’ai rien de commun avec Heisenberg l’homme qu’il devient. Mais Walter, dans le premier épisode, et moi-même sommes plus semblables que j’aimerais l’admettre. C’est une personne bien intentionnée, il est un peu timide, manque de courage, il n’avance pas dans sa vie avec une force tranquille, c’est même tout le contraire, il est comme somnambule. A la fin du premier épisode, il dit : Je suis réveillé. Je peux comprendre ce sentiment.

ILTVSW: Pourtant ce que vous décrivez n’a pas grand chose à voir avec votre vie…

V.G. Bon, vous savez, pas en ce moment (silence). Quoique cela m’arrive de ressentir cela aujourd’hui encore et certainement au moment où j’ai créé la série. J’allais presque avoir quarante ans et je me sentais très quadragénaire. Je me disais : Mince, il y a des tas de trucs très sympas que je ne ferai jamais. Je n’ai jamais parcouru l’Europe sac sur le dos, je n’ai jamais appris à piloter un avion, ni atteint le sommet de l’Everest, je ne serai jamais président des Etats-Unis… A mesure que vous vieillissez, vous réalisez que vos possibilités deviennent plus limitées. Je pense que Walter White ressent cela aussi. C’est la raison pour laquelle il était facile pour moi de le comprendre.

ILTVSW: L’écriture de la série est brillante comme la réalisation et le jeu des acteurs mais au-delà de cela comment expliquez-vous le fait que Breaking Bad soit devenue un phénomène de la pop culture?

V.G. Je n’en sais rien. J’aurais aimé avoir une belle réponse à cela. Cela me trouble et cela me rend heureux que la série soit devenue un tel phénomène. D’ailleurs, j’ai mis des années à m’en rendre compte. Alors que la série existe depuis six ans, je n’en ai pris conscience que l’an passé. Et il m’a fallu ce voyage en Europe pour prendre la mesure réelle de son succès. Cela fait maintenant trois semaines que je suis en Europe et aujourd’hui est mon dernier jour ici et je peux vous dire que je ne savais pas que nous avions autant de fans en dehors des Etats-Unis. C’est extraordinaire.

ILTVSW: Pour quelle raison la série fait-elle écho chez autant de téléspectateurs?

V.G. Je peux formuler quelques hypothèses. Je vais les partager mais je crains de ne pas vraiment connaître la réponse et cela m’effraie car en tant qu’auteur on a envie de pouvoir connaître de nouveaux succès. Celui-là sera difficile à reproduire car je ne sais pas si j’en ai vraiment tiré une leçon. Je pense d’abord que la série fait écho autour du monde car l’acteur qui joue Walter est particulièrement excellent et facile à apprécier. Son visage inspire la compassion même lorsqu’il fait des choses terribles. Il y a de l’humanité en Bryan Cranston qui touche les gens de manière universelle. Quoi qu’il fasse ils l’aiment. L’autre raison réside je pense dans le fait que Walter White se bat réellement pour faire les choses comme il faut dans le premier épisode et, même si dans les suivants le bien ne l’intéresse plus, il continue de se battre et de travailler dur pour réussir. Rien n’est facile pour lui. Je crois que l’on apprécie les gens qui sont bons dans leur travail, qui triment, surmontent de gros obstacles et qui ne renoncent pas. Des gens qui ont la vie dure mais qui persévèrent. Sans doute car pour nous tous, c’est une remarque très générale mais très vraie sur le genre humain, la vie est très dure de temps en temps. Donc lorsque nous voyons quelqu’un d’autre expérimenter cela et ne pas baisser les bras, nous nous disons : Je peux comprendre cela, je peux regarder cela.

ILTVSW: Donc paradoxalement, il y a un message d’espoir dans Breaking Bad?

V.G. Un message d’espoir, d’un certain point de vue peut-être, oui. J’aime cette idée (rires).

ILTVSW: Vous dites que la force des chaînes de télévision du câble aux Etats-Unis n’est pas la liberté qu’elles offrent mais le petit nombre d’épisodes qu’elles commandent?

V.G. C’est vrai. Nous disposons au maximum de 13 épisodes et ces deux dernières années nous n’en avons eu que 8. Plus vous avez de temps pour écrire chaque épisode et plus vous avez de chance qu’il soit meilleur. Sur les chaînes nationales aux Etats-Unis, les séries, dont certaines sont excellentes, se déroulent sur environ vingt-quatre épisodes par an. J’ai travaillé sur l’une d’entre elles et j’en suis très fier (X Files, NDLR). Quelqu’un qui ne l’a jamais fait ne peut pas comprendre à quel point l’emploi du temps est dingue. Cela ne s’arrête jamais. C’est comme jouer à un jeu vidéo dans lequel vous conduisez une voiture à 200 km/h en essayant d’éviter les obstacles. Impossible de faire une pause pour réfléchir et livrer votre meilleur travail. C’est la raison pour laquelle je ne pourrai pas y retourner comme showrunner.  Je suis trop vieux pour cela, c’est trop dur, c’est trop de travail.

ILTVSW: On dit que la télévision est le média des scénaristes mais vous dites des choses intéressantes sur votre manière de travailler à la façon du cinéma. L’écriture visuelle est-elle la plus importante à vos yeux?

V.G. Je crois que ce que j’ai voulu dire c’est que la télévision est un média de scénaristes mais un scénariste est un conteur d’histoires comme l’acteur ou le réalisateur. J’aime me considérer comme un réalisateur mais je suis d’abord un scénariste. En tant que scénariste, j’aime peindre l’image visuellement. On considère que cela relève strictement du travail du réalisateur. Je ne le pense pas. Je suis convaincu que c’est le travail du scénariste de voir dans sa tête tout ce qu’il écrit, voir tout son film ou sa série avant même que quelqu’un ne lise son travail. C’est une part considérable de mon travail. Si je ne le fait pas avant de le donner aux acteurs ou aux réalisateurs c’est que je n’ai pas terminé mon travail. En tant que showrunner, ce qui prouve que je suis un peu control freak, j’aime pouvoir dire au réalisateur la scène devrait se dérouler ici plutôt que là.

ILTVSW: Le dernier épisode de Breaking Bad sera diffusé le 29 septembre prochain. Ecrire cet épisode est-ce une forme de piège?

V.G. Mon sentiment était très ambivalent. Je ne voulais pas que la série s’arrête. Je voulais qu’elle continue pour toujours mais je savais qu’il fallait y mettre un point final. Cette histoire demandait une fin. Le piège était ma peur de rater. La peur de ne pas réussir à écrire un dernier épisode qui rende les gens heureux, non je devrais plutôt utiliser le mot satisfait. Heureux ou triste ne sont pas des sentiments aussi profonds que satisfait. Je voulais qu’après avoir regardé le dernier épisode les téléspectateurs demeurent un moment dans leur fauteuil et se disent : Quelle fin! Juste comme il le fallait. Je voudrais que les gens ressentent cela.

ILTVSW: Cela a-t-il nécessité un certain courage? Avez-vous pris des risques?

V.G. Je pense que nous avons pris de gros risques. Mes six auteurs et moi avons passé plus d’un an à parler des derniers épisodes et plusieurs mois à travailler sur le dernier. Nous y avons consacré tout ce temps car nous voulions considérer toutes les possibilités. Nous nous sommes demandés : Le final doit-il être un choc total, une surprise que personne n’a vue venir? Ou au contraire le final le plus satisfaisant est-il celui que tout le monde voit venir mais qui convient parfaitement à la série? Je ne vous dirai évidemment pas l’option que nous avons finalement retenue mais toutes ces questions devaient être posées. Il fallait nous demander : Quelle est réellement la bonne fin pour Breaking Bad?

ILTVSW: Avez-vous été tenté de frimer un petit peu?

V.G. Oui, dans ce genre de circonstances, vous voulez frimer un peu. C’est un besoin humain et j’y suis sensible. J’ai écrit et dirigé le dernier épisode. Cela a été très difficile pour moi. Chaque fois que je réalise, j’ai l’impression que c’est la première fois, que c’est un truc nouveau. Mais j’ai le sentiment d’avoir été chanceux de pouvoir le faire et je suis satisfait du dernier épisode. Nous avons frimé un peu et pas seulement dans le dernier mais dans les 8 derniers, et cela a été agréable. J’espère que nous n’avons pas trop frimé. On veut que tout soit parfait. On veut que les proportions du final soient les bonnes.  Mais on veut aussi frimer un tout petit peu.

© 2013 ILTVSW – La reproduction, partielle ou entière, de cet entretien n’est pas légale sans l’accord préalable de ILTVSW.

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

%d blogueurs aiment cette page :