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ILTVSW craque aussi pour/also loves… Roadies

26 Juin

FRA/ENGLISH

La famille parfois, c’est bien. Une zone de confort. Un endroit qui nous donne le courage d’essayer des trucs nouveaux. De donner leur chance à des inconnus. De nous planter. De nous relever. De nous planter encore et de nous relever encore. Peu importe puisque la famille est là. On peut compter sur elle.

Je ne fais pas ici référence à la famille famille. Ce qui se passe chez les Taylor dans Friday Night Lights, même si on les aime aussi profondément que sincèrement, c’est pour de faux, non ? Ou, si c’est pour de vrai, cela nécessite, au moins, un engagement à temps plein. Non, la famille que j’ai en tête est la famille que l’on se choisit. Les gens qui nous font du bien.

Cette semaine, ce sont les gens de Roadies. La nouvelle série de Showtime. Il est capital de dire tout de suite ce qu’elle n’est pas. Elle n’est pas une série d’auteur qui nous emmène dans des endroits dont nous ignorerions jusqu’à l’existence. Elle ne nous permet pas non plus de repenser notre relation à l’autre ou de réfléchir aux challenges que doit affronter le monde moderne.

Roadies est juste un divertissement. Elle raconte la vie quotidienne de gens ordinaires et normalement insatisfaits qui se lèvent le matin pour aller bosser dans les coulisses des concerts. Des gars et des filles sans qui le spectacle ne serait pas possible. Des gars et des filles qui, à part leur boulot, nous ressemblent.

Et ces jours-ci, être diverti, ça fait du bien. Il ne s’agit pas de déni. Mais du constat que les êtres humains ont besoin de leur dose de feel good de temps en temps pour trouver le courage d’affronter le réel. Et d’essayer de faire de leur environnement immédiat un monde meilleur. Dans lequel les gens ont plaisir à vivre ensemble. À leur toute petite échelle…

Potentiel BFFF (Personnage préféré pour toute la vie): bon. Regarder : pour sourire, rire et aimer.

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

 

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Titre/Title : Roadies
Créateur/Creator : Cameron Crowe
Cast : Carla Gugino, Imogen Poots, Luke Wilson
Maths : 1 saison/season
Chaîne/Network : Showtime

Sometimes, we just need family. As a comfort zone. A place where we can try new things. Trust people we just met. Screw up. Fall. And, well, screw up again and fall again. But it’s gonna be OK. Because we have family. As in people we can rely on. Obviously I am not talking of family family. What happens in the Taylor’s family in Friday Night Lights, as much as we truly & deeply love these people, is not for real, is it ? Or if it is, it must be the result of a full-time commitment. No, the family I have in mind, is the family we choose. As in people we are happy to hang out with. 

This week I am thinking of the people of Roadies. The new Showtime show. It is important to say what it is not. It is not an author show that will take us to places we haven’t heard of or makes us rethink our relationships or the challenges that modern world faces. Roadies is just entertainment. The every day life of regular and unsatisfied folks living their dreams behind the scenes of the musical world. They are the guys that make the shows possible yet nobody knows them. And most of all, they are like us.

God knows these days it feels good to be entertained. Not to be in denial. Just because we humans need to feel good from time to time to have the courage to face reality. And try to make our immediate environment a better place. Where people actually enjoy being together. At our own little scale. 

BFFF (Best fiction friend forever) potential: good. Watch to smile, to laugh and to love.

Next week in ILTVSW… Oops, not decided yet, sorry.

ILTVSW guest star (VF) : Hagai Levi co-créateur de The Affair

11 Oct

Hagai Levi, le co-créateur de The Affair, a donné une master class en avril dernier à Paris au Festival Séries Mania.

Fin mai, au début du tournage de la saison 2, ILTVSW a eu la chance de pouvoir réaliser une interview Skype avec lui. Et de parler universalité, savoir-faire et littérature de Tel Aviv à Paris.

Dominic West (Noah) Ruth Wilson (Alison) dans The Affair © Showtime

ILTVSW. Dans votre écriture, vous explorez toujours des enjeux universels à travers le prisme de l’intimité, pourquoi ce choix ?
Hagai Levi. Je suis effectivement toujours intéressé par des thèmes très universels mais, à l’instant où je les aborde, ils ont toujours une résonance très personnelle pour moi. Il ne s’agit pas de donner un point de vue de principe philosophique ou d’une autre nature sur ces enjeux. Chaque fois qu’on choisit d’aborder un thème très universel, il faut être extrêmement spécifique et, d’une certaine manière original, dans la manière dont on le traite. Car ce thème a déjà été traité de nombreuses fois dans chaque autre série, roman ou film… Je mets souvent très longtemps à trouver la bonne manière de le faire. Le plus souvent, la solution n’est pas l’histoire en elle-même mais le concept. Je me demande : « Comment vais-je faire ça ? » « Quelle forme convient le mieux à cet enjeu ? ».

ILTVSW. Pour votre dernière série The Affair, la forme était donc plus importante au début de votre travail que le sujet en lui-même ?
Hagai Levi. L’idée que l’histoire allait examiner toute cette affaire à rebours était effectivement présente dès le début car je voulais dire quelque chose au sujet d’une liaison ou du mariage. Quelque chose qui était assez ironique : on peut fuir son mariage mais pas se fuir soi-même. On peut se remarier avec quelqu’un d’autre et se retrouver exactement dans la même situation. C’était là dès le début comme l’idée des perspectives différentes. C’était l’ADN de ce travail.

Je ne me prends pas au sérieux mais je prends la vie sérieusement 

ILTVSW. Vous dites que vous écrivez des dramas parce que vous prenez la vie sérieusement. Diriez-vous que c’est la définition de drama ? Quel sens lui donnez-vous ? Mad Men s’achève cette semaine et Matthew Weiner prend aussi tout cela très sérieusement…
Hagai Levi. … Même si la fin de la série, en elle-même, est assez cynique, ne trouvez-vous pas ? La publicité et la méditation, hein ? Je suis quelqu’un d’optimiste mais cette conclusion m’a rendu très triste. Je considère que le monde de la publicité est très cynique et corrompu, donc l’idée qu’après un tel parcours c’est la seule chose que puisse faire Don Draper est très dévastatrice. Bien sûr, on peut l’interpréter de différentes façons mais il a un sourire très particulier, ne trouvez-vous pas ? Quoi qu’il en soit, je trouve que c’est une bonne définition. Je vais devoir y penser un peu plus pour pouvoir affirmer que c’est LA définition de drama. Je suis quelqu’un d’extrêmement non cynique vous savez. Je déteste le cynisme. Je pense que c’est horrible. Je pense aussi que certains des auteurs qui font de la comédie sont très cyniques. Il leur arrive de créer des séries formidables mais ils paient un prix. Un peu comme s’ils vivaient à côté de la vie en ne prenant rien au sérieux. D’un autre côté, les auteurs de drama peuvent avoir l’air ridicules tellement ils prennent leur vie au sérieux. Mais à choisir… Je ne me prends pas au sérieux mais oui, je prends la vie sérieusement. C’est différent.

ILTVSW. Comment définiriez-vous le cynisme 
Hagai Levi. Pour moi, le cynisme consiste à nier le bon et l’âme dans la vie d’un individu. Le nier et en rire. Autrement dit, considérer qu’il n’existe rien de plus important que l’intérêt. House of cards est pour moi la série la plus cynique que je n’ai jamais vue et c’est pour cette raison que j’ai arrêté de la regarder après deux épisodes. D’ailleurs, ce genre de séries passe à côté de quelque chose car il leur manque le conflit très basique entre le bien et le mal. C’est simpliste, superficiel et pas très intéressant car en l’absence de ce combat intérieur, on ne peut pas s’identifier. C’est cela le cynisme pour moi. Nier l’existence de cette part presque divine chez tout être humain. Je ne veux pas donner l’impression d’être new age, religieux ou autre mais pour moi, en tant que personne, essayer quelque chose qui est plus grand et meilleur que moi, c’est l’essence de la vie. Se moquer de cela, c’est être cynique. Il arrive que l’on ait besoin de ça de temps en temps dans la vie. J’ai adoré Seinfeld qui a probablement été la série la plus cynique jamais écrite. Louis CK n’est pas cynique. Son écriture est très honnête et sincère contrairement à celle de Seinfeld. Il est donc possible d’être très drôle mais avec beaucoup de coeur. On ne devrait rire que de soi-même ou de très puissantes institutions. Mais si l’on se moque de la vie normale alors l’on rate quelque chose dans sa vie.

Hagai Levi

ILTVSW. Les formations d’écriture apprennent que le conflit oppose l’obstacle et la volonté. Dans votre travail le conflit semble avoir lieu entre le désir et la morale. Une forme plus spirituelle de conflit, moins mécanique…
Hagai Levi. Je n’y avais jamais pensé sous cet angle mais je pense que vous avez raison. C’est l’enjeu de la vie pour moi. C’est toute ma vie. C’est ce à quoi je me confronte et que j’essaye de comprendre. C’est très naturel. Il y a une autre définition qui est souvent utilisée et qui consiste à rechercher le conflit intérieur et inhérent à un personnage. Par exemple, un mafieux victime de crise de panique peut être l’objet d’une série entière alors que ce conflit n’a rien de technique. Si vous voulez nourrir cinq saisons, vous avez besoin de quelque chose de bien plus profond qu’un simple obstacle. Quelque chose de profondément inhérent au personnage afin que ce conflit puisse durer pendant de très nombreux épisodes. Quand vous avez un détective qui est tellement sensible qu’il ne peut pas supporter la mort, vous savez que vous tenez quelque chose. Comme dans True Detective. Comme dans Homicide dans laquelle les détectives s’effondrent encore et encore car ils ne peuvent plus affronter ces tragédies. Encore une fois, c’est ce que je recherche. Il s’agit toujours de la bataille morale. C’est tellement plus intéressant que quelqu’un qui veut quelque chose mais ne peut l’obtenir, n’est-ce pas ? Et quoi, ensuite ? On pourrait dire de The Affair que c’est un gars qui veut cette fille et qu’il y a un obstacle car il est marié et qu’elle est mariée. Mais pour moi, le point le plus intéressant est quand il arrive à l’avoir. Là, ça devient intéressant (rires).

Quand on utilise des archétypes cela nécessite énormément de travail de les casser

ILTVSW. Vous utilisez des archétypes mais vous vous débrouillez pour ne jamais en faire des stéréotypes…
Hagai Levi. Je travaille le plus souvent sur des thèmes très universels et il est arrivé que, oui, au début les personnages soient des archétypes ou stéréotypes dans In Treatment ou The Affair. A partir de ce moment-là, il y a un long chemin à faire pour atteindre mon but principal qui est d’éviter les stéréotypes. C’est vraiment une question de boulot, vous savez. Souvent on attend d’un personnage qu’il fasse ci ou ça et vous vous décidez qu’il fasse le contraire. Quand on utilise des archétypes cela demande beaucoup de travail de les casser. J’en ai totalement conscience et ce n’est qu’une question de travail.

ILTVSW. Cette conscience que vous avez, est-elle due au fait que vous avez étudié la psychologie ? 
Hagai Levi. Cela aide, c’est sûr. Vous avez plus d’outils à votre disposition. Mais même sans cela, cela devrait être important. La plupart du temps, les stéréotypes sont OK dans l’industrie de la télévision américaine. On en voit tellement mais comme c’est une industrie, les gens qui décident trouvent que cela n’a pas d’importance. C’est une bonne chose si cela a du succès. 99 % des séries sur les Networks sont basées sur des stéréotypes. Pour pouvoir les casser, il faut d’abord le vouloir, en fait. Il m’arrive de penser que c’est chez moi une question d’ego. Je déteste faire quelque chose qui a déjà été fait (rires) qu’il s’agisse d’un personnage, d’une forme ou d’un thème.

© HBO

ILTVSW. Pensez-vous qu’au bout du compte, l’écriture n’est que l’auteur lui-même et devrait l’être. Que c’est la seule manière d’atteindre une vérité et une authenticité. Ou, au contraire, le savoir-faire peut-il suffire ?
Hagai Levi. Je pense que l’on surestime le savoir-faire. Il y a tellement de séries que les gens qualifient de formidables alors que tout ce qu’on peut voir c’est qu’elles sont simplement très bien faites. Il n’y a aucun point de vue personnel, ni prises de position personnelles dedans. Donc, pour moi, le savoir-faire n’est pas très important. Vous pouvez faire des choses étonnantes avec, c’est vrai. Mais pourquoi perdrais-je mon temps à regarder quelque chose qui est juste très bien réalisé ? J’ai beaucoup mieux à faire. True Detective (saison 1) est un bon exemple. La série est très bien faite. Mais y-a-t-il quelque chose de nouveau dans son thème ? Je ne le crois pas.

ILTVSW. Pourtant, Nic Pizzolatto met beaucoup de lui-même dans son écriture…
Hagai Levi. C’est intéressant. Je l’ignorais. Ecoutez, j’aime vraiment True Detective donc je ne veux pas dire du mal de la série. Mais lorsque l’on arrive aux derniers épisodes, à la solution, encore une fois, il s’est agit d’un serial killer. Il y a eu de nombreux moments de vérité dans la série mais la conclusion a été un peu décevante. Je pensais que j’allais apprendre quelque chose de nouveau sur le bien et le mal, la nature religieuse du Sud qui a un impact évident sur le paysage politique actuel ou l’âme américaine.

ILTVSW. Quelles séries font plus que cela selon vous ?
Hagai Levi. La barre est toujours The Wire. Avec The Wire, qui n’était pas si bien réalisée que cela quand vous la regardez aujourd’hui  – ce que j’ai fait, je ne l’ai regardée qu’il y a deux ans, elle n’est pas aussi étonnamment faite que d’autres séries – vous voyez le monde différemment après. Et je ne crois pas qu’il y ait assez de cela à la télévision. Mad Men était comme ça. Rectify l’est aussi. La première étape pour réussir est de ne pas utiliser le genre. Il faut écrire autre chose. On dit que c’est l’âge d’or de la télévision. Je pense que c’est l’âge d’or du savoir-faire à la télévision, c’est sûr. Mais pas suffisamment dans son essence. La télé n’a pas rejoint la littérature où il y a tellement de variété. OK, il y a plein de romans policiers mais ils ne constituent qu’une petite part de la littérature. Il y a tellement de livres sur toutes sortes de sujets. Vous pouvez lire un livre et, waouh, vous vous sentez élevé et inspiré. Vous ne trouvez pas assez cela à la télévision.

ILTVSW. Vous travaillez sur un film consacré à Etty Hillesum, pourtant le mal n’est pas un sujet intéressant pour vous. Cette femme a eu un parcours incroyable mais elle est morte assassinée dans un des endroits les plus diaboliques dans l’histoire de l’humanité, comment allez-vous aborder ce sujet ?
Hagai Levi. Tout d’abord, ce n’est pas que je ne suis pas intéressé par le mal. Simplement la fascination pour le mal de certaines séries américaines est très perturbante. Ils n’essayent pas d’explorer le mal, ils s’en amusent. C’est extrêmement regrettable selon moi. Cette femme a eu une manière très spécifique de gérer le mal. Ce film ne sera pas du tout sur l’Holocauste mais sur d’autres choses. C’est un film qui pose la question de comment rester un être humain dans chaque circonstance même les plus horribles. D’une certaine manière, c’est un film sur le renoncement. Elle aurait pu se rebeller mais a choisi un autre chemin. Un chemin qui peut se résumer ainsi : je peux être tellement autonome et autosuffisante que je me fiche des circonstances. Oui, le mal existe mais je ne gaspille pas mon énergie ou mon temps à la haine ou la revanche ou à penser à la revanche. J’essaye de construire quelque chose en moi qui est si fort que je peux tout surmonter. C’est comme cela qu’elle a supporté le mal. Elle a dit et répété : le mal est en nous pas à l’extérieur de nous, donc nous devons d’abord nous occuper de nous-mêmes pour l’effacer et, ensuite, le monde sera meilleur. Ce qui se passe à l’extérieur n’a aucune importance, c’est l’enjeu de ce travail. Et comme vous pouvez le comprendre, il est très difficile d’en faire un film. Donc, je me bats.

Titre : The Affair (2014 –    )
Créateurs : Hagai Levi, Sarah Treem
Cast : Dominic West, Ruth Wilson, Maura Tierney, Joshua Jackson
Chaînes : Showtime, Canal Plus séries (France)

© 2015 ILTVSW – ne pas reproduire sans autorisation préalable d’ILTVSW

La semaine prochaine dans ILTVSW… Oups, pas encore tranché, désolée.

ILTVSW guest star (VO) : Hagai Levi co-creator of The Affair

4 Oct

Hagai Levi, the co-creator of The Affair, gave a master class last April in Paris at the Festival Séries Mania.

At the end of May, ILTVSW was lucky enough to set a skype meeting with him when the second season started shooting and talk universality, craft and literature from Tel Aviv to Paris.

Dominic West (Noah) Ruth Wilson (Alison) in The Affair © Showtime

ILTVSW. In your writing you always explore universal issues but also always do it through the prism of intimacy, why that ?
Hagai Levi. I am always interested in very universal themes but they are always very personal for me. It’s not like if I decided to address some very important philosophical or whatever issues but things that are very important for me at this moment in my life. Whenever you deal with something that is very universal you have to be very very specific and in a way original in the way you handle it because it has been handled so many times in every other TV show or book or film… Usually it takes me a lot of time to find the right way, the right form to deal with it. Usually it is not about the story but about a concept. How will I do it ? What is the right form for this issue ?

ILTVSW. So for your latest show The Affair, the form of the storytelling was more important at the beginning than the subject ?
Hagai Levi. The idea that the story was going to look at the whole thing backwards was really there at the beginning because I wanted to say something about an affair or about marriage, something which was quite ironic, the fact that you can run away from your marriage but you can’t run away from yourself. You can find yourself living married with a new one and get to the exact same point. That was there from the beginning as was the idea of the perspectives. In the very initial core of the work.

I don’t take myself seriously, I take life seriously

ILTVSW. You say that you write drama because you take life very seriously. Would say it is the definition of drama ? How would you define it ? Mad Men is ending this week and Matthew Weiner is also taking this whole thing very seriously…
Hagai Levi. Although, the ending of the show itself is quite cynical wouldn’t you say? The commercial and the meditating, right ? I am an optimistic person myself but it was a very sad ending for me. I see the world of commercials as a very cynical and corrupted world so for me the idea that after all this journey this is only thing Don Draper can do is very devastating. You can interpret it in many ways but it’s a very specific smile wouldn’t you say ? Anyway. It is a good definition I have to think about it much more to say that this is the definition of drama. I am a very non cynical person, you know. And I hate cynicism. I think it’s awful. And I think sometimes people who make comedies are very cynical as people. Sometimes they can make amazing shows but they pay a price. It is like living beside life in a way. And not taking anything seriously. In drama it can be very ridiculous how people take their life seriously but when I have to choose between two options yes, I don’t take myself seriously, I take life seriously. It’s different.

ILTVSW. How would you define cynicism 
Hagai Levi. Cynicism for me is denying the good, the soul in a person’s life. Denying it and laughing about it. Meaning there is no something which is more than interest. House of cards is I think the most cynical show I have ever seen and that’s why I stopped watching it after two episodes. For me, by the way, these kind of shows are missing something because this very basic conflict between the good and the bad is missing. It’s simplistic and superficial and although it is not very interesting because if you don’t have this battle inside of you then I am not interested and I cannot identify. Anyway. This is cynicism for me. It’s denying this almost divine part in yourself. I wouldn’t want to sound new age or religious or something but for me as a person trying something that is bigger and better than myself is the essence of life. Mocking this is for me being cynical. Sometimes you need cynicism in your life. I loved Seinfeld which is again probably the most cynical show ever. Louis CK is not cynical. His writing is very honest and very sincere as opposed to Seinfeld for instance. So you can be very funny but still with a lot of heart. You should always laugh about either yourself or very powerful institutions but if you mock the normal life then you miss something in your life.

Hagai Levi

ILTVSW. In drama writing schools they teach that conflit is between obstacle and will. But in your writing conflict seems to be between morality and desire. A more spiritual form of conflict as opposed to a mechanical one…
Hagai Levi. I didn’t think about it this way but I think you are right. This is life for me. This is all my life. This is what I am dealing with and trying to understand. It is very natural. There is another definition which is usually used which is I really look for internal and inherent conflict in a character. When you say there is this mobster who has panic attacks, you can put a whole series on this conflict but it is not something technical. If you want to feed five seasons you need something that is much more deep than just an obstacle. Something inside the main character so inherent in him that this conflict can carry so many episodes. When you have a detective who is so sensitive that he cannot tolerate death then you know you have something. Like in True Detective. Like in Homicide in which the detectives collapsed again and again because they couldn’t handle these tragedies. Again this is what I am looking for. For me it is always a moral battle. It is so much more interesting than someone who wants something and can’t get it, right ? And then, what ? You could say about The Affair that it’s a guy who has this will about this woman and that there is this obstacle because he is married and she is married. But for me the most interesting point is when he has her. Now it is becoming interesting (laughs).

When you use archetypes it is really a lot of work to break them

ILTVSW. You use archetypes, yet you manage never making them stereotypes ?
Hagai Levi. I usually go for very universal themes and sometimes, yes, in the beginning you have archetypes or you could say stereotypes characters in In Treatment or in The Affair whatever. From this point there is a very long way to reach my main goal which is to avoid stereotypes. So it is really about work, you know. A lot of time a character would be expected to do this or that and you choose to make him or her go another way. When you use archetypes it is really a lot of work to break them. I am very very aware of the archetypical nature of these characters and from this point it is just work.

ILTVSW. This awareness you have it because you studied psychology ? 
Hagai Levi. Well, it helps. Because then you have more tools to play with. But again it should be important. In a lot of places in the American TV industry stereotypes are OK. There are so many stereotypes out there and since it is an industry, they say whatever. It is good if it works. If you look at 99 % of the shows in the networks they are based on stereotypes. So first you need to want to break them and then you can do it, you know. Sometimes I think it has something to do with my ego. I really hate to do something that has been done (laughs). Either it is a character, a form or a theme.

© HBO

ILTVSW. Do you believe that ultimately writing is about the writer himself and has to be. That it is the only way it can be true and feel authentic. Or craft can do the trick ?
Hagai Levi. I think craft is overrated. There are so many shows on television that people refer to as great shows and all you can see is that they are very well done but I don’t see any personal point of view behind them or personal statement or whatever. So for me, craft is not very important. You can do amazing things with craft but why should I waste my time with something which is only well done. I have much better things to do. True Detective (talking about season 1) is a good example. It is really well done. But is there anything new in its theme ? I don’t think so.

ILTVSW. Yet, Nic Pizzolatto puts a lot of himself in his writing…
Hagai Levi. It’s interesting. I didn’t know that. Listen, I really like True Detective so I don’t want to say bad things about it. When it comes down to the last episodes, to the solution of the whole thing, again it was about another crazy serial killer. You had a lot of moments that were really true in the show but in the end it was a bit disappointing. I thought I was going to learn something new about good and bad, the religious nature of the South which is so relevant to current politics, or the American soul.

ILTVSW. Which shows do much more than just being well crafted ?
Hagai Levi. The bar is always The Wire. With The Wire, which wasn’t so well done by the way when you watch it today which I did, I watched it only two years ago and it is not amazingly done as other shows, you look at the world differently after watching it. And I don’t think there is enough of that in television. Mad Men was one of these shows. Like Rectify. I think the first step to do that is not to do a genre show. It is writing something else. They say it is the golden age of television. I think it is the golden age of television in the craft, for sure. It is not enough a golden age in the essence. TV is not yet in the place where literature is where there is so much variety. OK you have all these detective books but it is a very small part of literature. You have so many books about so many things. You can read a book and wow, you have this elevation, this inspiration. You do not have that enough on television.

ILTVSW. You are working on a movie about Etty Hillesum, yet evil is not an interesting matter to you. This woman had an incredible journey but died in the most devilish place you can think of, so what is going to be your take ?
Hagai Levi. First of all it is not like I am not interested in evil. The fascination for evil of some of the American shows that were interested in evil is very disturbing. It is not « let’s explore evil », it is more like « let’s make fun of it ». And this is very very wrong for me. This woman has a very specific way to deal with evil. This film is not going to be about the holocaust at all but about other things. It is about how you can be a human being in every circumstances, even in the most horrible circumstances. In a way it is about giving up, you could rebel but she has chosen an other way. Which was : I can be so autonomic and self-content in a way so I don’t care what are the circumstances. So yes there is evil but I don’t waste my energy or time on hatred or revenge or thinking of revenge. I try to build something inside me which so strong so I can live or die anything. That’s her way of coping with evil. She said again and again : evil is inside us not outside so first you have to take care of yourself, to erase the evilness inside you and then the world will be better. It doesn’t matter what is happening outside, that is the issue of this. And as you can understand it is very very hard to make a film from this idea so I am struggling.

Title : The Affair (2014 –    )
Creators : Hagai Levi, Sarah Treem
Cast : Dominic West, Ruth Wilson, Maura Tierney, Joshua Jackson
Networks : Showtime, Canal Plus séries (France)

© 2015 ILTVSW – not to be reproduced without a prior authorization from ILTVSW

Next week in ILTVSW, the French version.

BFFF Weekly 52: Sorry really is the hardest word

1 Fév

FRA/ENGLISH

Chère Carol,

Je suis sincèrement désolée. Je suis une mauvaise personne. Je ne crois pas en Dieu (à tout hasard, si Vous existez, la phrase précédente n’est pas une affirmation politique mais plutôt un truc métaphysique si l’on admet que l’intuition féminine n’a rien de rationnel et s’accorde sur le fait que c’est un très joli mot). Cela dit, je tente la confession car Carol de la série Episodes, vous êtes l’un de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine et je souhaite vraiment que vous me pardonniez.

C’est dangereux les premières impressions. Quand je vous ai rencontré, je me suis dit : donc, on peut vivre le vrai rêve hollywoodien c’est-à-dire prétendre que le yoga est cool mais choisir de faire sa gym en se promenant dans Runyon Canyon, sur les hauteurs de Los Angeles, avec sa BFF en abordant exclusivement des sujets existentiels comme … l’Homme (comprendre ici prosaïquement individu de sexe masculin). Et, comme les cool kids, dédaigner le tapis rouge car c’est dans les writers’ rooms que les choses excitantes se déroulent réellement … Et, pourtant, être au fond du trou. Magistralement. Autrement dit, être une fille qui passe sa vie à dire oui pour conserver son fauteuil de décideuse dans un studio ou en obtenir un plus grand. Même si cela implique d’accepter des trucs à se faire élire miss d’un service de pré gériatrie ou de porter des chaussures à plateforme en dehors de Halloween …

Oui, j’allais être cette fille hautaine, Carol. Et vous tenir un discours moralisant. « Carol, tu dois arrêter. Tu n’es pas simplement une jolie blonde qui fait du 32 (en jeans, pas en escarpins), il faut commencer à utiliser un truc appelé le cerveau ». Et puis, j’ai eu une révélation.

J’ai fait connaissance involontaire avec le bitume. Littéralement. Une énorme chute devant des tonnes de gens forcément morts de rire. Parce que oui, cela aurait pu être eux mais cela a été vous … Et comme dans un bon film de Woody Allen, j’ai atterri dans une autre dimension. J’ai réalisé que j’avais tout faux. Que c’est vous qui devriez être mon mentor, Carol.

En général, c’est vrai, les mentors sont sages et parfaits. C’est n’importe quoi, en fait, non ? Sérieusement qui peut bien croire que même Boudha survivrait dignement à disons une humiliation publique dans un environnement aussi hostile qu’Hollywood. Un monde dans lequel la définition du Zen est qu’un type comme Ari Gold arrive à contenir le mot qui commence par un F au moins pendant le cinq premières minutes de l’office de Chabbat.

Carol, la vérité est que nous avons désespérément besoin de filles comme vous pour nous aider à gérer nos challenges, nos tentatives et nos échecs. Pas seulement car cela fait du bien de nous rappeler qu’il existe gens qui croient sincèrement que tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Mais, surtout, car rire est le meilleur moyen de commencer à nous sentir mieux …

La semaine prochaine sur ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Kathleen Rose Perkins (Carol Rance) with Tamsin Greig (Beverly Lincoln)

 

 

Titre/Title : Episodes (2011 – )
Créateurs/creators : David Crane et Jeffrey Klarik
Cast: Kathleen Rose Perkins (Carol Rance)
Maths : 4 saisons/seasons
Chaîne/Network: Showtime, OCS en France

Dear Carol,

I am so sorry. I am such a bad person. I do not believe in God (if You do exist though, the previous sentence was not a political statement but more a metaphysical stuff if we admit that there is nothing to be rationally understood in feminine intuition and also accept the fact that it is such a lovely word). But I am trying the confessing technique because Carol from the show Episodes you are one of my BFFF/Best fiction friends forever and I really would like you to forgive me.

First impressions are dangerous. When I first met you I thought to myself : so you can be living the the true Hollywood dream, meaning pretending yoga is so cool but secretly chose to hike and chat mainly about existancial stuff like … men with your BFF in Runyon Canyon, LA. Or, like the cool kids, don’t give a damn about the Red carpet because, as we all know, the really hot stuff is mainly happening in writers’ rooms. And yet, be a mess. A huge mess. Who basically keeps saying « yes » to preserve her TV exec job while trying to get a bigger one. Even if it implies things that could get her elected Miss of a pre geriatric unit or wearing platform shoes in other circumstances than Halloween …

I was going to be that patronizing person Carol. And give you the talk. « Listen Carol you need to stop. See you are not only a perfect size – 4 lovely blond. You must start using a thing called brain. » And, then I had a revelation. I involuntarily met with a Parisian sidewalk. Literally. The kind of huge fall in front of a ton of people who can help laughing out loud. Because, yes, it could have been them but it’s you … And like in a good Woody Allen movie I traveled in another dimension. And realized I was 100% wrong … You should be the one mentoring me, Carol.

Mentors are usually perfect & wise. Isn’t that bullshit ? Because seriously who’s going to believe that even Buddha ever experienced the pleasure of say a public disgrace in the Hollywood kind of hostile world you live in and managed to keep his dignity. An environment where Zen is say Ari Gold not saying the F word during the first five minutes of the Shabbat service …

So Carol, the truth is that we desperately need girls like you to help us to deal with challenges, attempts and failures. Not only because it feels good to remember that some people actually do believe that what doesn’t kill us makes us stronger. But most of all because laughing is the best way to start feeling better …

Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

BFFF Weekly 48: Second chances should come by three

19 Oct

Chère Libby

FRA/ENGLISH

Tout le monde mérite une deuxième chance. Personne ne devrait l’ignorer. Mais ce que j’ai récemment découvert, c’est que cela peut ne pas suffire. Il arrive qu’il soit opportun d’envisager d’accorder une troisième voire une quatrième chance. Libby de la série Masters of Sex, je ne vous en remercierai jamais assez. La moindre des choses est donc de vous inviter à faire partie du cercle de mes BFFF/Personnages préférés pour toute la vie à qui j’écris chaque semaine.

J’ai l’intuition que de votre côté aussi de l’océan Atlantique, les belles blondes doivent affronter des blagues moyennement drôles ou, pire, totalement hilarantes. C’est la manière dont nous, l’écrasante majorité des êtres humains, gérons le fait qu’aucune bonne fée n’a jugé utile de se surpasser avec sa baguette magique au-dessus de notre berceau. Ce qui a eu pour conséquence d’attirer très tôt notre attention sur la notion d’effort et le pouvoir de la volonté.  Aucun sourire n’allait suffire à nous permettre d’obtenir dans la vie: a. ce dont nous allions avoir besoin b. ce que nous allions désirer.

Donc, Libby en tant qu’être humain et critique TV moyen, lorsque je vous ai rencontré, j’ai pensé: « OK, c’est la blonde de la série ». Il faut dire que Virginia n’a pas fait grand chose pour me faire changer d’avis. Mais, Libby, vous êtes finalement parvenue à gagner mon amitié avec un truc un peu dépassé: la gentillesse. Une conversation récente avec l’un de mes buddies (si nous avons récemment partagé une pizza, c’est de toi dont je parle ici) m’a fait prendre conscience du fait que la gentillesse peut être mal interprétée. Une faiblesse, au mieux, ou un truc suspect. Ce qui est pour moi une erreur dans les deux cas. Et si la gentillesse était la formule magique du bonheur?

Libby, vous aviez toutes les raisons de devenir une version extrême d’une femme au foyer névrosée. Une serial mother malheureuse qui noierait ses journées dans les commérages ou entamerait une liaison secrète avec le Martini sec. Mais, vous êtes, aussi, une femme intelligente Libby même si votre mari Bill fait semblant de ne pas le voir. Totalement égoïste et égocentrique comme d’habitude (deux d’entre vous girls derrière l’écran ne peuvent plus ne pas être d’accord avec moi après la fin de la saison 2, j’aurais grand plaisir à en discuter, un petit DM?).

Vous n’avez pourtant pas emprunté ce chemin-là. Vous vous êtes ménagée une porte de sortie. Et parce que vous êtes brillante, vous vous êtes débrouillée pour combiner les intérêts du coeur et ceux de l’esprit. Même Pascal n’a jamais réussi à faire ça. Cela dit, je ne sais pas, s’il était blond lui aussi. C’était formidable à observer et pas seulement car c’était de l’excellente TV. Mais, aussi, car cela nous disait à nous les femmes que si vous avez fait ce que vous avez fait dans les Sixties, rien ne peut nous arrêter à l’ère de Netflix. C’est une délicieuse nouvelle!

La semaine prochaine dans ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.

 

Caitlin Fiztgerald (Libby Masters)

 

Titre/title: Masters of Sex (2013 –   )
Créatrice/creator: Michelle Ashford
Cast: Caitlin Fitzgerald (Libby Masters)
Maths: 2 saisons/seasons
Chaîne/Network: Showtime, OCS (France)

 

Dear Libby

Everybody deserves a second chance. We should all know that. But what I recently discovered is that it may not be enough. Sometimes it is an interesting thing to do to give a third or even a fourth one. Libby from the show Masters of Sex I can’t thank you enough for that discovery. The least I can do is to invite you among my BFFF/Best Fiction Friends Forever.

I guess on your side of the Atlantic Ocean pretty blond girls also have to deal with often not funny or even worse hilariously funny blond jokes. That’s the way we, human beings, deal with the fact that no fairy godmother did something to us newborns with their magic wand. Which basically quickly made us understand the notion of effort and the power of will because, no, a smile was never going to be enough to get whatever we would want or need in life.

So Libby as an average human being and TV critic I thought to myself : « OK she is the blond of the show ». Virginia didn’t do anything to help me to change my mind. But Libby you finally won my friendship with something so old-fashioned: your kindness. A recent talk with one of my buddies (if we recently had a pizza together, you are the one I am talking about) made me realize how much kindness can be overlooked. Nice is either a weakness or worse something suspect … Which in both cases is wrong. What if nice was the secret formula of happiness?

Libby you had every reason to become an extreme version of a desperate housewife. A serial unhappy mother who would spend her days gossiping or having a secret affair with dry Martini. But you also are a smart kid, Libby even though your husband Bill can’t see it. Totally egocentric & selfish, as usual (two of you girls behind the screen can’t disagree with me anymore after the end of season 2, it would be lovely to discuss it, a little DM?). But, you didn’t.

What you did is find a way out. And because you are brillant, you managed to combine your brain & heart’s best interests. Not even Pascal was able to do that. I do not know if he was blond, though. That Libby was huge to watch not only because it was great TV. But also because it was telling we, women, that if you did what you did during the Sixties, nothing can’t stop us at the Netflix era, what a feel good news!

Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.

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