Bonne nouvelle. Notre espérance de vie atteindra bientôt 100 ans. Non, n’abandonnez pas votre lecture. C’est une vraie info. Et, une vraie bonne nouvelle. Mais, pour en prendre toute la mesure, il faut que vous fassiez un peu de boulot sur vous-même et dépassiez quelques préjugés. Non, n’arrêtez pas de lire. Je ne juge pas. J’ai dû affronter un défi identique. C’est la raison pour laquelle j’ai bien failli passer à côté de mon dernier crush télévisuel.
Comme vous, j’étais terrorisée par la perspective de vivre centenaire. Je me disais que si cela devait arriver pourquoi consacrer mes jours heureux à l’observer sur un petit écran. Les êtres humains sont condamnés à vivre sans cheveux, sans dents et même sans vie sexuelle virtuelle, un jour. Rapidement après, ils meurent. Et juste avant ça, leur rêve le plus fou est qu’on leur offre une couche propre. Donc, merci mais non merci. Mais Dieu a inventé la Terre en une semaine et 4,5 milliards d’années plus tard environ, il a créé Netflix et changé mon point de vue sur la perspective de vieillir avec une épatante série Grace and Frankie.
Donc Grace (Jane Fonda) et Frankie (Lily Tomlin) sont vieilles. Ce qui signifie que quand elles parlent de la sécheresse vaginale cela peut durer tout un épisode. Mais elles le vivent très bien parce qu’elles ont d’adorables maris Robert (Martin Sheen) et Sol (Sam Waterston) jusqu’à ce qu’elles … n’en aient plus. Parce que leurs partenaires s’aiment et ont décidé de vivre leur vie de couple homosexuel. Ce n’est jamais simple de se faire larguer. A soixante-dix ans, c’est ce que l’on appelle un euphémisme. Evidemment cela va être un challenge pour elles. Et un authentique plaisir pour nous téléspectateurs. Pour la même raison que nous aimons regarder des films d’horreur. Comme c’est excitant d’affronter notre peur de la mort et de la solitude par procuration. Le faire à San Diego, ça aide. Dans une maison droit sortie d’un film de Nancy Meyers, ça aide aussi.
Si nous cherchons encore le secret du bonheur, Marta Kauffman l’a trouvé pour nous. Quand nous étions jeunes, elle nous avait permis de nous sentir à la maison à NYC en inventant les meilleurs amis imaginaires que nous n’ayons jamais eus. Elle récidive avec Grace and Frankie. Elle nous offre la meilleure version de ce que l’amitié peut être. Et la vieillesse, aussi. En en faisant une expérience drôle et réelle. Comme elle l’a expliqué dans une interview au Hollywood Reporter à lire ici. C’est la raison pour laquelle, je craque pour la série. Et que je prie désormais tous les matins pour que le jour où les cheveux blancs prendront enfin le contrôle arrive plus vite.
Chers gens de Netflix, je sais que Ted Sarandos, votre boss des contenus, était à Cannes la semaine dernière, pour parler, vous savez, de la réglementation européenne et de la création. Il ne devrait pas se faire trop de mauvais sang à ce sujet. En France aussi, on fait du business. Il devrait jeter un coup d’oeil sur nos programmes télés et il se sentirait tout de suite mieux. L’audace n’est pas la règle. Le business, c’est sacré. Tout bien considéré, il y a une loi qu’il devrait prendre en compte. Dans nos films, quand un truc n’est pas réel, il y a toujours une phrase d’avertissement. L’équivalent de ce que l’on appelle dans le code civil l’altération frauduleuse de la réalité. Si dans un certain nombre de décennies, je ne ressemble pas à Jane Fonda ou je n’habite pas dans une maison qui s’ouvre sur l’océan Pacifique et qui est toujours impeccable même si personne n’y fait jamais le ménage, je ne peux pas promettre que je ne donnerai pas un petit coup de fil à mon avocat. Vous savez comme nous sommes, nous, les Français …
La semaine prochaine sur ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée
Titre/Title: Grace and Frankie
Créateurs/Creators: Marta Kauffman & Howard J. Morris
Cast: Jane Fonda, Lily Tomlin, Martin Sheen, Sam Waterstone,
Chaînes/Network : Netflix
Good news people. Our life expectancy will soon reach a hundred years. No, do not quit reading. It is actually a news. And yes, a very good one. But to fully understand you need to do some work on yourself and overcome your prejudices. No, do not quit reading, I am not being judgmental here. I had the same issues. That’s why I nearly missed my latest TV crush.
Like you this a hundred years new frontier scared the hell out of me. I thought if this need to happen, why should I spend my happy time watching it years before on a small screen. I get it, one day human beings have to live with no hair, no teeth and not even a virtual sex life. And soon after they die. And just before they do, their craziest dream is to get a clean diaper. But God invented the Earth in one week and 4, 5 billions years later approximatively, he invented Netflix. And changed my perspective about getting old with an amazing show Grace and Frankie.
So Grace (Jane Fonda) and Frankie (Lily Tomlin) are old. Which means that when they talk about vaginal dryness it can last a whole episode. But they do not care because they have lovely husbands Robert (Martin Sheen) and Sol (Sam Waterston) until they have not. Because it turns out their partners love each other and dump them to openly live their same sex couple life. It is never a pleasant experience to get dumped. At seventy years old, it is way more than obvious. This is going to be a challenge for them. And a great pleasure for us viewers. For the exact same reason we love to watch horror movies. How exciting to face our own fear of death & loneliness. Doing that in San Diego helps a lot. In a Nancy Meyers movie kind of house might help too.
If we do not know the secret of our happiness Marta Kauffman sure does. When we were younger she made us feel safe in NYC creating the best imaginary friends we ever had. She is doing it again in Grace and Frankie. She offers us the best version of what a friendship can be. And aging too. Trying to make it fun and real. Like she explained here in an interview to The Hollywood Reporter. And she does. That’s why I fell for her show. And pray every morning since to make sure that my grey hairs finally taking control moment happens sooner.
Dear Netflix people, I know Ted Sarandos was in Cannes last week to talk about, you know, European regulation and creation. He shouldn’t be too worried about that. People make business in France too. He should have a look to our TV programs and he would feel a lot better. Not that much boldness. Business first. Coming to think of it, there is a law he should consider, though. In our movies, when something is not the reality, there is a warning sentence. In a certain amount of decades, if I don’t look like Jane Fonda or live in a beach house in front of the Pacific Ocean that is always clean even though no one seems to bother cleaning, I cannot make the promise I will not give a quick call to my lawyer. The French, you know how we are …
Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.
ILTVSW. Vous avez dit avoir créé Modern Family à un moment de votre vie un peu difficile. La frustration est-elle selon vous un ingrédient indispensable à la création d’une bonne série ? Steve Levitan. Je pense qu’être dans cet état d’esprit permet de remettre en cause les schémas classiques, de creuser plus profondément et d’être plus enclin à prendre des risques. C’est un bon cadre, cela permet de se débarrasser de tous les trucs que l’on fait d’habitude, que les gens attendent de nous ou même des méthodes traditionnelles et de se concentrer sur la vérité d’un projet. L’examiner sans prendre garde aux facteur extérieurs et se focaliser sur l’histoire, les personnages et réussir à exprimer ce que l’on veut dire.
ILTVSW. Cela signifie-t-il qu’un auteur doit sortir de sa zone de confort pour trouver une vérité ? Steve Levitan. En dehors de sa zone de confort, on développe, je ne devrais pas le dire, mais vous savez, un évaluateur de conneries. Les idées qu’on ne remettrait pas en cause normalement paraissent inexactes ou approximatives. Etre sur ce terrain permet d’atteindre la vérité plus facilement et, certainement, d’avoir moins peur de creuser toujours plus loin pour la trouver.
Ecrire de la comédie, c’est mieux à plusieurs
ILTVSW. Vous avez affirmé que c’était compliqué d’écrire seul, la comédie rend-elle cela encore plus difficile ? Steve Levitan. Absolument. Je pense qu’écrire de la comédie, c’est mieux à plusieurs. Modern Family ne serait pas ce qu’elle est, sans notre formidable groupe d’auteurs. Nous passons notre temps à tester des idées les uns sur les autres. L’un d’entre nous tente un truc et cela fait jaillir une idée chez un autre et un troisième construit dessus et finalement on obtient un résultat qu’une seule personne n’aurait pas imaginé. Rassembler tous ces cerveaux permet d’obtenir une écriture étonnante et différente. C’est la raison pour laquelle je pense que la comédie est mieux écrite en groupe. Cela dit, cela ne signifie pas que certains de mes films préférés n’ont pas été écrits par Woody Allen. Le partenariat entre deux auteurs fonctionne très bien aussi et puis il y a Tootsie. Certains d’entre ceux-là sont même parmi mes films préférés. Mais la plupart de mes séries préférées, dans la catégorie comédie, sont toutes le fruit du travail d’un groupe d’auteurs.
ILTVSW. True Detective a fait la preuve que d’excellentes dramas pouvaient être écrites par un seul auteur, c’est donc inconcevable avec la comédie ? Steve Levitan. Carl Reiner s’en est sorti au début en écrivant 13 épisodes de The Dick Van Dyke Show à l’époque mais il a finalement eu recours à d’autres auteurs. Aujourd’hui, c’est très différent, vous savez … David Kelley l’a fait avec Ally McBeal mais c’est un cas particulier. L’écriture en équipe semble être la meilleure manière de travailler. Personne ne peut être assez drôle toute une saison et tout seul. Si vous recrutez les bonnes personnes, vous trouvez des auteurs qui ont des points forts que vous ne possédez pas et construisez à partir de cela. Cela vous permet de varier les compétences et les points de vue.
ILTVSW. Est-ce la raison pour laquelle Louis CK n’écrit que des saisons courtes pour sa série ? Steve Levitan. C’est un bon exemple. Même s’il écrit avec Pam Adlon, sa série est le fruit de sa vision singulière et il est indiscutablement un homme très très drôle mais la série est devenue plus sombre. J’ai entendu dire que la dernière saison serait plus légère.
Je préfère échouer à cause de mes convictions que de celles d’un autre
ILTVSW. Devient-on meilleur dans l’écriture de blagues avec l’expérience ? Steve Levitan. Vous développez certainement une sorte de radar même s’il n’a pas toujours raison. Il n’y a d’ailleurs pas de « bon » et de « mauvais ». En revanche, je peux dire que je préfère une blague à une autre contrairement aux autres auteurs dans la pièce. S’ils sont vraiment convaincus qu’ils ont raison, je les suis en général. Mais avec le temps, on développe un certain sens des choses. D’ailleurs l’essentiel du ton d’une série naît de cela. Il arrive que je ne comprenne pas une blague, qu’elle n’ait pas de réalité pour moi, c’est une question d’expérience et de confiance en soi, il est important de savoir se fier à son intuition. Il m’est arrivé de me tromper. Mais je préfère échouer à cause de mes convictions que de celles d’un autre.
ILTVSW. Quand l’intime est-il devenu possible à la télé ? Et que cela vous a-t-il permis ? Steve Levitan. Je ne suis pas certain de savoir quand cela a commencé. je pense que The Office a joué un rôle considérable dans cette évolution. Je pense que cela a ouvert le chemin à notre série de nombreuses manières. Notamment en habituant les téléspectateurs au point de vue plus sensible et plus intime rendu possible par l’usage d’une seule caméra. Le câble a certainement joué un rôle important, aussi. L’usage d’une seule caméra a souligné le caractère plus faux des séries à multiples caméras. Certaines d’entre elles peuvent être très bonnes mais il est plus difficile de produire un effet de réalité et d’être organique dans ce dispositif qu’avec une caméra unique. Il y a un vieil adage qui prétend qu’une série à caméra unique n’a pas besoin d’être aussi drôle que les autres. C’est tout à fait faux et on l’a vu souvent à la télé il y a quinze ans. En réalité, c’est l’inverse. Il faut être plus subtil donc les blagues sont indispensables et la série doit être très rythmée mais l’auteur ne peut pas se reposer dessus et les acteurs ne doivent pas les surjouer. D’ailleurs, je dis toujours aux acteurs qui viennent en invités sur la série, car je n’ai plus à l’expliquer à nos acteurs, d’imaginer qu’ils sont à bord d’une voiture, pourchassés par la police, et qu’ils ouvrent la porte, laissent tomber quelque chose à l’extérieur et reprennent la route. Sans en faire toute une histoire.
ILTVSW. La fameuse opposition blagues vs émotions est toujours un grand dilemme pour les auteurs de comédies. Quand vous devez choisir que privilégiez-vous dans votre écriture ? Steve Levitan. Je pense qu’il faut mériter les moments émotionnels en équilibrant avec des moments de pure comédie. C’est le secret. Si l’on compte trop sur l’une ou l’autre, il plus difficile de toucher le public. Des séries brillantes comme Seinfeld ou 30 Rock qui reposaient sur la comédie devaient être plus drôles que toutes les autres pour conserver leurs téléspectateurs. Une série qui est sentimentale et pas très drôle ne parviendra pas à les séduire. Mais il est possible de combiner les deux. Quand on y parvient, le public est plus réellement attaché à la série. Cela permet de l’emmener en promenade et de lui offrir toute une variété d’émotions. De : « Je ris, comme je ris, c’est génial ! » à tout à coup : « Waouh, les larmes me montent aux yeux » puis boum : « Quelle blague, je ris à nouveau ». Le public se sent comblé et cela permet de vraiment se connecter avec lui. Il est possible d’atteindre les deux objectifs en même temps mais s’il faut choisir, il faut d’abord être drôle et ensuite jouer la carte de l’émotion.
ILTVSW. Vous arrive-t-il de vous lever le matin et de ressentir la peur de ne plus être drôle, de perdre votre humour, votre talent pour la comédie ? Ou même de vous demander : serai-je capable d’être drôle aujourd’hui ? Steve Levitan. Ce matin (rires). Il faut bien avouer que la comédie a tendance à être un truc de jeunes. Sans doute parce que la comédie ressemble beaucoup à la mode. Pour permettre aux téléspectateurs d’être vraiment scotchés, il faut avoir le Zeidgeist, savoir saisir l’air du temps et donc grandir dans son époque, y vivre et l’expérimenter pleinement et comme les autres. Lorsque l’on vieillit, on se sent plus isolé. Evidemment que cela me préoccupe et que j’ai conscience qu’à un moment donné ma comédie semblera un peu datée. Je pense que j’aurais toujours le sens de l’humour mais peut-être appartiendra-t-il à une autre ère ? J’y pense, oui. Et je fais au mieux pour demeurer pertinent et comprendre le monde dans lequel nous vivons. Je travaille avec des jeunes auteurs et j’ai le sentiment que cela nous permet de représenter des voix multiples et de n’exclure personne. Mais il arrivera un jour où personne ne voudra plus me parler (rires) … Il y a des gens formidables qui m’inspirent comme Norman Lear, que j’admire tellement, et qui arrivent à trouver différentes manière de rester dans l’air du temps.
Titre: Modern Family (2009 – ) Créateurs: Steve Levitan, Christopher Lloyd II Cast: Ed O’Neill, Sofia Vergara, Julie Bowen, Ty Burrell, Jesse Tyler Ferguson, Eric Stonestreet, Sarah Hyland, Ariel Winter, Nolan Gould, Rico Rodriguez Chaîne: ABC
ILTVSW. You said that you created the show at a moment of your life when you were not having a great time. Does it take that feeling to create a great show ? Steve Levitan. I think being in that mindset maybe opens you up to break patterns and to dig a little bit deeper and being more open to taking chances. And that is a good frame of mind to be and to say at the end of the day, let’s strip down all that external stuff, what we usually do or what we think people are expecting of us or the normal way of going about things and let’s just get back down to the truth. What’s the truth of the situation and let’s just stop caring about those external factors and focus on the story, the characters and trying to say something that you perhaps want to say.
ILTVSW. Does that mean that a writer must go out of his comfort zone to find truth ? Steve Levitan. You develop a stronger, I shouldn’t say this word but … you know, bullshit meter. Things that normally would fly, things that normally would be OK you feel that : « no that’s not exactly right, that’s not exactly what happened » and maybe by being a little bit more strip bare you can get to the truth easier and you are less afraid of digging and finding it.
Writing comedy is better with other people
ILTVSW. You talked about how hard it is to do the job on your own, does writing comedy make it even harder ? Steve Levitan. Yeah. I believe writing comedy is better with other people. Because Modern Family would not be what it is without our amazing group of writers. We bounce idea out of each other all the time. Somebody says one thing and that sparks an idea over there and than somebody builds on it over there and suddenly you have something that no one person could have thought of but by putting those minds together you got something really amazing and different. That’s why I think comedy is best done in a group. A good group. And a cohesive group but a group. Now that’s not to say that some of my favorite things haven’t been written by Woody Allen. Sometimes it is a partnership of two people and that’s very good and there is Tootsie. Some are my favorite movies of all times. But most of my favorite TV shows, comedies, they are all mostly done by groups of writers.
ILTVSW. True Detective proved recently that excellent TV drama could be written by a single writer, is this impossible with comedy ? Steve Levitan. Carl Reiner went away and wrote thirteen episodes of The Dick Van Dyke show back in the day now he ended up having writers at some point. But in this day and age, you know … David Kelley did it with Ally McBeal but it’s kind of a different thing. It just seems to be the best way to do it. Nobody can be that funny on their own. If you are hiring well, you find people who have strengths that you don’t have and build on it so you make sure you have people with different abilities and points of views.
ILTVSW. Could that be the reason why Louis CK only writes short seasons of his show ? Steve Levitan. That is a good example. Even though he does write with Pam Adlon, it’s a singular vision and again he is certainly a very very funny man but he ended up getting darker, the show got darker. I have heard that this season was going to be lighter.
I’d rather fail on my on terms than on somebody else’s
ILTVSW. Do you think you get better at picking the jokes with experience ? Steve Levitan. You just develop this radar and it is not always right. Actually there is no right and wrong. I could say : « I like it better that way, let’s go that way » and there could be three other writers in the room saying : « no, it’s that way ». If I don’t think strongly about it and they do, I’ll go with them. But over time you just develop a sense of things. So much of the tone of a show is determined that way. I’ll say : « I just don’t get it, it doesn’t feel real to me » and that comes with time and also having the confidence to listen to your own gut is important. And that comes with time as well. I have been wrong but I’d rather fail on my own terms than on somebody else’s.
ILTVSW. When did small and personal become OK on TV ? And what made it possible for you ? Steve Levitan. I am not sure when that started happening. I mean The Office was a big part of it. I think it opened the door for our show in a lot of ways. Got people use to the smaller single camera sensibility. Cable opened that door a lot. I think that single camera makes multi camera feel more false. There can be very good multi camera but it is even harder to make it feel very real and organic in that setting than in single camera where it is sometimes harder to be really funny. The old adage, and where a lot of single cameras went wrong fifteen years ago, was that they thought that in single camera it didn’t have to be as funny and it is actually very false. The reality is in single camera you probably have to be funnier because you have to be more subtile and so the jokes have to be really there and they have to be rapid pace but you can’t land on them, you can’t hit them so hard. So I always say to actors, not that I have to say it to our actors now, but the guest actors or whatever, don’t hit that joke so hard. Pretend you are driving alone and the cops are chasing you and you just open the door and drop something out and keep going. Don’t make a big deal about it.
ILTVSW. Jokes versus emotion is a great dilemma for comedy writers … At the end of the day which one is the most important for you ? Steve Levitan. I think you have to earn your emotional moments by balancing it with really strong comedy and that is the key. If you rely too much on one it is harder to engage an audience. So brilliant shows like Seinfeld and 30 Rock that really relied on comedy, they had to be even funnier than everybody else to make an audience stay with them. A show that is sappy and not very funny people say : « it’s fine but I am not compelled to watch it ». But you can give people both. They have a much stronger connection to the show. You are taking them on a ride and you are giving them a chance to experience a range of emotions from « I am laughing, I am laughing isn’t this great ! and then all of a sudden, wow I am tearing up and then boom you just hit me with a great joke and I am laughing again ». People feel satisfied and that is when you really make a connection with the viewer. I think it is possible to go for both at the same time but I think that you have to number one be funny and close number two to allow the viewer to feel something.
ILTVSW. Are there some mornings when you wake up and feel the fear of losing that fun of yours, your comedy talent and ask yourself will I be able to be funny today ? Steve Levitan. This morning (laughs). I think that if you really look at comedy, it tends to be a young person’s game. Because I think comedy is a lot like fashion. The Zeidgeist you have to be growing up in that time and really out there and living and going through all these experiences that everybody else is. As you get older you get a little bit more insulated. So that concerns me that sometimes when I will reach a certain age where my comedy feels a little bit dated. I think I will always have a sense of humor but will it be of a different era ? I think about that and I do my best to stay relevant and to understand what’s going on in the world and to work with young writers so I feel that we are representing many voices and being inclusive. But there will come a day when nobody wants to talk to me (laughs) … There are amazing people like Norman Lear for inspirations, who I look at with such admiration. They found different ways to stay relevant with the years.
Titre: Modern Family (2009 – ) Creators: Steve Levitan, Christopher Lloyd II Cast: Ed O’Neill, Sofia Vergara, Julie Bowen, Ty Burrell, Jesse Tyler Ferguson, Eric Stonestreet, Sarah Hyland, Ariel Winter, Nolan Gould, Rico Rodriguez Networks: ABC
Bonne nouvelle, les gens ! Le fameux « Il n’y a pas de problème car, devinez quoi, il y a toujours une solution » n’est pas uniquement le pitch du prochain hit de Noël de Walt Disney mais, peut-être, la vérité de l’année. Ou, au moins, du mois de janvier. Et même si cela ne devait concerner que la semaine à venir, cela serait, de toute manière, positif. Prenons donc un moment pour l’apprécier.
Surtout ceux d’entre nous qui sommes à la fois tout excités par la nouvelle saison de Girls et totalement déprimés car ce retour signifie également que la série aura une fin, un jour. Et que, c’est mathématique, plus nous regardons d’épisodes plus nous nous rapprochons de l’épilogue. Constat qui subséquemment (oui, j’ai fait mes devoirs pendant les vacances de Noël) implique que nous allons devoir accepter de retourner à la réalité de notre solitaire existence bancale (*) et essayer, tant bien que mal, de survivre dans notre monde étrange. Une perspective tellement triste que des larmes de mélancolie ont noyé celles de mon rhume de saison lorsque j’en ai pris conscience.
Mais si, malgré tout (oui, le changement climatique est une chose effrayante mais ce n’est pas ce que j’ai en tête), j’ai réussi à revenir de vacances avec un grand sourire sur le visage, c’est parce que j’ai une nouvelle formidable à partager. Quand nous aurons fini de nous apitoyer sur notre sort devant une bande de futurs trentenaires, nous aurons le plaisir fou de nous plonger dans les bizarreries de quasi quadragénaires.
Grâce à Togetherness, la nouvelle série HBO, croyez-moi, il n’y aura bientôt rien de plus sexy que de fêter ses 70 ans malgré les dommages collatéraux (mon intuition me dit que l’équation seins/pesanteur est la partie positive du problème). Principalement car, avouons-le, depuis que Carrie Bradshaw a pris sa retraite sur HBO, le sexe n’est plus un truc rigolo. Pour être précis, plus un truc rigolo à pratiquer. Pour une fois, nous le héros de notre vie > le héros du petit écran. Ce qui est assez rare et enfin équitable. En gros, dans Togetherness, notre vie pourrie n’est rien à côté de la sienne. Cela fait un bien fou. Surtout, lorsque l’un des personnages principaux en question est interprété par la divine Amanda Peet.
La meilleure nouvelle apportée par la série est qu’en dépit de la tristesse inhérente (les devoirs, aussi) à l’âge adulte, nous avons toujours l’opportunité d’expérimenter des petits plaisirs de la vie dont nous n’imaginions même pas l’existence. Comme celui de shooter dans une canette vide sur une pelouse entourés de nos amis sous Prozac (ou bientôt) et sans les enfants.
Il faut que tout change pour que rien ne change. Cette réplique célèbre d’un film inoubliable ne doit être vraie qu’envisagée à grande échelle. Car, du point de vue de l’intime, inutile de nous fatiguer à essayer. Toute tentative n’aura aucun effet, positif ou négatif, sur ce qu’est intrinsèquement (😉) l’expérience humaine. Grâce à Togetherness et aux frères Duplass, ses créateurs, nous savons que les truc pourris du quotidien sont la chose que nous avons en commun à 20, 33 ou 42 ans. Rien ne changera cela. Mais cela n’est pas forcément une mauvaise nouvelle car, au bout du compte, c’est aussi cela qui nous rassemble.
La semaine prochaine dans ILTVSW … Oups, pas encore tranché, désolée.
(*) Chéri, pour mon premier post de l’année 2015, je tente la figure de style. Il s’agit là d’une hyperbole. Elle se classe dans la catégorie des amplifications. Rien de personnel, donc.
Titre/Title: Togertherness (2015)
Créateurs/creators: Jay Duplass & Mark Duplass
Cast: Amanda Peet, Melanie Lynskey, Mark Duplass, Steve Zissis
Maths: 8 épisodes/episodes
Chaîne/Network: HBO, OCS en France
Good news, people ! The « there is no such thing as a problem because guess what, there is always a solution » is actually not only the pitch of the Walt Disney next Chrismas hit but maybe the truth of the year. Or at least of the month. Anyway, it is good news even if just for the week to come so let’s appreciate it.
For all of us who are both totally excited by the new season of Girls and totally depressed because it means that the show is going to end one day. And mathematically the more episodes we watch, the closer we get to its end. Which subsequently (yes, I did some homework during Christmas break) means that we are going to go back to our fucked up people loneliness (*) trying to make it through the day in our weird world. And that is such a sad perspective that tears of melancholia drowned the tears from my cold when I realized it.
But if, despite of everything (yes climate change is very frightening but, no, it is not that), I managed to comeback from my vacation with a large smile on my face, it’s because I have an awesome news to share. When we will be done feeling sorry for ourselves in front of a bunch of twenty close to thirty something, we will have the insane pleasure to dive into the forty something weirdness. Thanks to Togetherness, the new HBO show, believe me there will soon not be sexier perspective than the one of reaching 70 despite the collateral damages (my intuition tells me that the boobs issue is the best part of the problem). Mainly because let’s face it on HBO since Carrie Bradshaw retired sex is not anymore a funny fun thing. Meaning it is still funny to watch. Not to experience. And that’s only fair that for once we the heroes of your own life > the hero of the small screen. Meaning that our shitty life is nothing compared to his. It feels great. Especially when one of the characters is played by the absolutely perfect Amanda Peet.
The best news is that despite the inherent (homework too) sadness of the adult experience we still get to enjoy small things in life that we do not even imagine. Like shooting in a can on a lawn with depressed (or soon to be) friends and without the kids.
Things need to change in order that nothing changes. A powerful line in an unforgettable movie. Well, that must be a large scale truthness. Because on the intimate level don’t bother to make a change, man. It will have zero effect good or bad on what is intrinsically (😉) the human experience. Thanks to Togetherness and the Duplass brothers, its creators, we now know that this all daily shit is the one thing we have in common at 20, 33 or 42. Nothing is going to change that. But it doesn’t have to be bad news because, at the end of the day, it’s what brings us together.
Next week in ILTVSW … Oops, not decided yet, sorry.
(*) Darling, in 2015, I am trying something new. It’s a stylistic device called an hyperbole. The point is to exaggerate. It is not to be taken personally.
You better watch out. You better not cry. Better not pout. I’m telling you why. Santa Claus is coming to town. He’s making a list. And checking it twice. Gonna find out Who’s naughty and nice. Santa Claus is coming to townnnnnnnnn !!!!Non, ne rafraîchissez pas la page, vous êtes bien sur I love TV so what ? Ce soir, j’ai décidé de recommencer à croire au Père Noël. Comme il n’est pas impossible qu’une fois encore je sorte désappointée de cette affaire, j’ai invité quelques plumes stars de la blogosphère séries pour ma désormais traditionnelle (considérons que deux éditions = une tradition) before Christmas party. Ensemble, nous boirons pour ne pas oublier que de toutes les manières, pour nous, le père Noël est déjà passé. C’est vrai, non ? 2014 a été une année riche en émotions fortes pour les sériephiles.
J’ai le grand plaisir de recevoir les très élégantes Cécile de Femmes de séries , Livia de My TV is rich !, Alix du Daily Mars. Et je remercie Yann de Séries, le blog ! et Stéphane des Plumes asthmatiques d’avoir accepté de porter un smoking pour moi. Une soirée de rêve en perspective que nous allons partager avec nos personnages préférés et … vous.
Tchin et joyeux Noël à tous !
To my readers, exceptionally ILTVSW will only be French speaking this week. The blog is hosting a Christmas party with French TV bloggers. But as soon as next week things will be back to normal meaning French & English. English speaking bloggers feel free to contact me if you wish to guest post ! Happy holidays to you all !
ILTVSW. Les sériephiles vont-ils se saouler au champagne pour tenter d’oublier 2014 ou, au contraire, pour essayer d’accepter les nouveautés 2015 ? Autrement dit 2014 a-t-elle été un grand cru ?
Alix. Je ne sais pas pour vous les copains, mais moi, je lève mon verre à cette année 2014. Comme tous les ans, tout n’est pas à garder. Pourtant, 2014 a quand même été remplie de nouveautés enthousiasmantes. J’ai passé de très très beaux moments avec You’re the Worst, Transparent, Looking, The Affair, Detectorists, The Knick, Inside n°9, Dates et bien d’autres.
Cécile.C’est peut-être le lait de poule qui parle à ma place mais je suis très satisfaite de mon année sérielle bien que les nouveautés de la rentrée 2014 soient pratiquement toutes restées sur le carreau après le pilote. Je ne garde que The Flash, Madam Secretary et How to get away with Murder mais sans grande conviction. Plus tôt dans l’année, je suis tombée sous le charme de Mom, Faking it et de The Honourable Woman. La CW frappe fort avec The 100, une véritable surprise. Quant aux séries plus anciennes, elles se sont dans l’ensemble toutes maintenues à un bon niveau (Masters of Sex, Orphan Black, OITNB, The Walking Dead, GoT, Downton Abbey) ou ont carrément dépassé mes attentes. Arrow est devenu particulièrement passionnante, Grey’s Anatomy fait un début de saison 11 de folie, The Good Wife se réinvente continuellement et même Once Upon a Time, qui est pourtant souvent écrite et jouée avec les pieds, m’intéresse grâce à l’arc « Reine des Neiges ». Oui, le Ravi de la crèche, c’est moi !!!
Livia. 2014 a été un grand cru sur de nombreux aspects. Sur un plan quantitatif, l’année est venue confirmer la multiplication de l’offre en séries, avec une concurrence accrue et des ambitions manifestes de s’imposer dans un marché en mutation. On parle beaucoup de Netflix, mais Amazon avec Transparent a, par exemple, frappé fort, en proposant une série extrêmement intéressante qui démontre toutes les possibilités ouvertes par ces nouveaux venus. Outre les productions originales, ces acteurs récemment débarqués dans l’univers du sériephile l’habituent aussi aux miracles … c’est-à-dire aux résurrections – qui sont une raison supplémentaire de se sentir gâté – : Netflix a ainsi poursuivi sur cette voie –le récent sauvetage de Longmire pour une saison 4 -, mais on peut aussi citer Amazon qui s’y met également et en profite pour introduire de nouveaux modèles de financement avec la saison 3 de Ripper Street par exemple, sauvée de l’annulation de la BBC en Angleterre : la série est actuellement proposée sur la plateforme d’Amazon, mais elle sera aussi par la suite diffusée sur BBC1. De nouvelles chaînes pointent aussi le bout de leurs programmes : aux Etats-Unis, par exemple, WGN America a alterné le pire et le meilleur, mais elle a certainement réussi quelque chose avec la première saison de Manhattan. En Angleterre, c’est Channel 5 qui a renoué cette année avec les créations originales, proposant un cop show dont l’originalité est de reposer sur la semi-improvisation de ses acteurs, Suspects : de quoi apporter un peu de fraîcheur dans un genre policier surexploité !
Yann. Pour ma part, ce sera mi-champagne mi-foie gras, ou plutôt devrais-je dire mi-figue mi-raisin. La rentrée n’a pas répondu à mes attentes. Les networks continuent de me décevoir et si le câble était en verve – surtout sur la première partie de l’année – j’aurais aimé avoir au moins un ou deux petits coups de coeur à l’automne !
Stéphane. Un grand cru, je ne sais pas mais sûrement une sacrée année ! Ca faisait longtemps que je n’avais pas autant vibré grâce à des nouveautés : True Detective, The Leftovers, You re the worst, Manhattan, The Knick, The Honourable Woman, Detectorists, Outlander, Série Noire, Olive Kitteridge … Puis, il y a eu The Good Wife, avec sa saison 5 et sont début de la saison 6, qui a elle seule sauve une année de sériephile. Bref, je suis passé par toutes les émotions en 2014 et qu’est-ce que j’aime ça ! Ce fut un vrai tourbillon exacerbé par de nombreuses prises de risques, des choix artistiques, des histoires et des personnages passionnants.
Magie des Christmas specials
ILTVSW. Noël, c’est le moment où jamais de pardonner, non ? Quels scénaristes méritent que l’on fasse un petit effort et que l’on poursuive leur série ?
Alix.The Big Bang Theory, comme beaucoup de séries qui ont déjà beaucoup de saisons, est assez inégale. Après une longue période un peu lassante la fin de la saison 7 m’avait vraiment redonné goût à la série. Le début de saison 8 est loin d’être aussi bonne. Et pourtant, pourtant, il faut leur pardonner. L’existence même du personnage d’Amy Farrah Fowler mérite beaucoup de pardon pour les moments flottants de la série. Ce petit bout de femme, scientifique, qui n’est pas un canon de beauté classique, a envie d’être aimé sentimentalement et physiquement et elle n’hésite pas à le dire. Elle aime son homme, Sheldon, entièrement, sans vouloir le changer. Elle respecte le rythme différent qu’il impose à leur relation mais ne cache pas pour autant ses attentes et ses envies. Pour elle, Chuck Lorre et Bill Prady sont pardonnés.
Cécile. Je n’ai jamais autant abandonné de séries que depuis la rentrée de septembre. Je crois que je deviens grande et mature et que j’arrête de regarder pour regarder. Ca vaut bien un cadeau de Noël, ça non ?! Donc, en gros, je poursuis toutes celles citées plus haut mais aussi Scandal (Team Shonda), Vampire Dairies, Chicago Fire, Sleepy Hollow, About a Boy … Je me force clairement avec Modern Family et The Affair.Je boude possiblement définitivement les scénaristes de Revenge, Castle, Bones, Elementary et American Horror Story. Na!
Livia. La série que Noël va (encore) sauver dans mes programmes, cette année, c’est certainement Downton Abbey. Julian Fellowes peut donc dire merci aux fêtes. La nouvelle saison diffusée cet automne a confirmé un certain essoufflement, une répétition de recettes qui ne se renouvellent pas et finissent par lasser à force de voir s’user à l’écran les mêmes ressorts narratifs. Mais, comme nous sommes en Angleterre, un cadeau attend le sériephile au pied du sapin : le fameux Christmas special. Rendez-vous incontournable s’il en est : s’il y a un trait grâce auquel on reconnaît le sériephile, c’est son incapacité naturelle à dire non à un Christmas special. Ceux de Downton Abbey ont pourtant pu traumatiser durablement – et plomber toute une semaine de fêtes soudainement reconvertie en phase de construction de pyramides de mouchoirs. Mais, ils ont aussi su faire vibrer notre cœur trop émotif : souvenez-vous, jadis (en 2011), de Mary et Matthew sous la neige devant leur château. Tout est donc possible. On sait seulement que, quoiqu’il advienne, on ne restera pas insensible devant le Christmas special de Downton Abbey. Et donc, j’ai beau avoir laissé filer la saison 5 après son premier tiers cet automne, je sais que je n’y résisterai pas : portée par l’esprit des fêtes, je vais m’empresser de finir la saison précédente à temps pour pouvoir déballer ce cadeau … Un petit effort pour Downton Abbey !
Yann. Je pense qu’il faut accorder son pardon au duo Benioff/Weiss, les showrunners de Game of Thrones ! Aujourd’hui, de nombreux observateurs avisés tombent à bras raccourcis sur une série à l’ampleur débordante. L’adaptation d’un matériau original complètement éclaté tient pourtant la route. Et puis, je ne saurai trop encourager un duo qui continue de refuser la facilité de scènes d’action au profit de tirades politiques jamais gratuites !
Stéphane. Kurt Sutter, incontestablement. J’ai aimé ce qu’il proposait il y a longtemps avec Sons Of Anarchy (plus particulièrement les saison 2 et 3). Et aujourd’hui alors que sa série est sur le point de se terminer, que j’ai du mal, beaucoup de mal à tenir mais je vais trouver en moi la force de lui pardonner et d’aller au bout. Parce que je sais qu’il peut être bon, très bon et parce que je me le dois bien. Je pense à Michael Hirst et Vikings aussi. Je suis un grand fan du monsieur mais j’ai du mal à trouver la foi pour terminer la saison 2 malgré toutes ses qualités. J’y arriverai un jour. C’est certain.
ILTVSW. Quel (s) personnage (s) devrai (en) t recevoir le plus gros cadeau de l’année ?
Alix. Dans les personnages auxquels je suis vraiment attachée, certains ont beaucoup souffert cette année, d’autres ont fait souffrir. Alicia Florrick, Cary Agos, Louie et les personnages de Southcliffe sont de ceux là. Ils subissent le monde qui les entoure, ils en sont aussi les acteurs, pas toujours pour le meilleur. Mais tout ce qui leur arrive est définitivement pour la bonne cause : nous émouvoir et nous faire réfléchir sur nos actions, sur le monde et pour ça ils méritent les plus beaux cadeaux.
Cécile. Je crois que Nessa Stein de The Honourable Woman et Bill Masters de Masters of Sex ont grand besoin d’un peu de réconfort après l’année qu’ils viennent d’avoir. Je propose « Se recontruire en 10 leçons » pour elle et un « Docteur Maboul » pour lui histoire qu’il ne perde pas la main !
Livia. Le personnage à qui j’offrirai le plus gros cadeau de l’année est sans doute celui qui va nous obliger à dire « au revoir » au cours de cette période qui devrait pourtant être dédiée aux fêtes. Miranda s’apprête en effet à conclure sa comédie à l’occasion de deux Christmas specials. Depuis 2009, durant ses trois saisons, cette série a représenté la fiction anti-blues par excellence. Un petit joyau d’humour, de décalage et de sincérité, auquel je me suis certainement attachée plus que de raison, mais dont les épisodes se revisionnent avec une fraîcheur et un plaisir intacts. Miranda mérite assurément d’être fêtée à la hauteur de tout ce qu’elle a été ces dernières années.
Yann. Pour moi, ce sera Maura (Jeffrey Tambor) dans Transparent. Elle nous livre sa vie et ses émotions avec tant d’intensité. Au delà de sa transformation, c’est une fantastique performance d’acteur à observer.
Stéphane.Je suis un grand fan de The Good Wife et cela sera donc forcément Alicia Florrick. Elle a vécu une année 2014 terrible et elle mérite que le Père Noël lui offre le plus gros cadeau. Je suis pour en donner un tout aussi énorme au capitaine Laure Berthaud d’Engrenages. Comme pour Alicia, 2014 ne lui a pas fait de cadeau et elle traverse les saisons de la série de Canal Plus en s’enfonçant chaque fois un peu plus dans la noirceur. La saison 5 ne lui a vraiment pas fait de cadeau. Elle mérite un peu de légèreté et de rires. Je pense aussi que toute la galerie de personnages désespérés de The Leftovers mérite notre attention. Un petit cadeau pourrait leur redonner le moral et illuminer ce moment crucial de l’année !
Toute la Maison Blanche privée de bûche
ILTVSW. Quel (s) personnage (s) sera/seront privé (s) de bûche au réveillon ?
Alix.Cette année, c’est toute la Maison blanche que je prive de dessert. D’abord, car je suis fatiguée d’observer la stratégie des loups. Ensuite car lorsqu’ils parviennent à chaque épisode à sauver le monde en 40 minutes chrono, c’est presque pire. L’héroïne ou le héros américain qui règle tout, même dans les moments de doute, ça me navre et j’attends avec impatience que l’un d’eux se plante, vraiment. Donc House Of Cards, Scandal, Madam Secretary, State of Affairs, ils pourront finir le repas entre eux dans le bureau ovale. Et ça fera plus de bûche pour nous.
Cécile. Olivia Pope m’agace assez profondément depuis quelque temps (ce qui n’a rien à voir avec le talent de son interprète) donc bim, pas de bûche. De toute façon, elle s’en fiche, elle ne tourne qu’au vin et au pop-corn !
Livia. Je ne prive personne de bûche : it’s Christmas !
Yann. Le commandant Tom Chandler (Eric Dane) dans The Last Ship n’aura pas de bûche. Il est lamentable dans cette série déjà franchement en perdition et qui aurait mérité d’être torpillée …
Stéphane. Hannibal Lecter n’aura pas de dessert ! Il a été un très vilain personnage de série cette année. Encore plus manipulateur, cruel, tordu et violent que dans la saison 1. Et puis il y a ce dernier (splendide) épisode de la saison 2 de Hannibal …Ouais, je le prive sans aucun remords de bûche pour ce moment d’anthologie et ce traumatisme qu’il m’a fait vivre.
ILTVSW. Finalement, les mini-séries sont-elles des cadeaux ou des escroqueries pour les amateurs de séries?
Alix. C’est un cadeau ! Ces dernières années les mini-séries m’ont offert des univers essentiellement de larmes. Les Anglais en sont très friands avec The Missing, Happy Valley, Southcliffe. Je ne suis pas complètement convaincue que je supporterais toute cette souffrance pendant 22 épisodes par an. Mais à découvrir en quelques épisodes, quel catharsis de souffrir avec eux ! Et puis, le format est parfois un bon galop d’essai. Broadchurch et Into the flesh y ont gagné une suite … Alors, finalement la frontière n’est qu’à un renouvellement.
Cécile. Ni l’un ni l’autre, mon capitaine ! Je ne suis pas particulièrement passionnée par ce genre mais elles ont leur intérêt.
Livia. Vivant à l’heure anglaise depuis des années, j’ai une inclination toute particulière pour le format court offert par la mini-série. Elle représente l’assurance d’une histoire complète, d’une œuvre finie … Mais aussi, de façon très pragmatique, elle correspond mieux au rythme de visionnage que j’affectionne désormais : construite sur quelques semaines – soit un ou deux mois -, elle n’impose pas une fidélité sur l’année entrecoupée de pauses et autres hiatus. En fait, je suis devenue incapable de regarder « en direct » une saison comportant 22 épisodes. Face à une telle série, soit je la rattraperais en plusieurs temps, soit je la mettrais de côté pour l’été, mais impossible de respecter à la lettre le rythme des grands networks américains … Cependant, dans le même temps, il n’en reste pas moins que je suis tombée dans la marmite sériephile dans les années 90 et au début des années 2000. Les saisons longues, la loyauté qui se forgeait peu à peu, cette impression – propre au format – de vivre sur le long terme aux côtés de personnages qui finissent par grandir, voire vieillir, avec nous, ce sont autant de sensations que l’on ne retrouve pas dans l’événementiel inhérent à la programmation brève des mini-séries. Ainsi, si les longs formats me parlent moins, l’impact durable que cela permettait de faire naître me fait me sentir un brin nostalgique en songeant à mes années sériephiles d’ « autrefois ». Au fond, les mini-séries seront donc des cadeaux ou des escroqueries suivant votre manière de consommer les fictions du petit écran … Quel type d’engagement cherchez vous lorsque vous vous installez devant une série ? En outre, attention aussi à ne pas oublier un point propre aux mini-séries : il faut prendre garde à celles qui, par l’onction d’une bonne réception publique/critique, se changent soudain en séries au long cours, renouvelées par une chaîne qui voit d’un bon œil la fidélisation de son public pour l’année suivante. Ainsi, les frontières entre les formats sont parfois bien poreuses (pour le meilleur, et parfois pour le pire …).
Yann. La mini-série est un beau format, je trouve ! Elle peut être un échec comme tout autre série mais elle a souvent l’avantage d’avoir une durée adaptée à son idée de départ. Cette année, The Honourable Woman et Olive Kitteridge étaient fantastiques. Elles portent haut les couleurs de la mini-série et puis, ce format n’est pas une fin en soi puisque l’excellente Top of the Lake va muer de mini-série à série à part entière !
Stéphane. C’est un savant mélange des deux. Si elles sont parfaites comme Olive Kitteridge, on voudrait qu’elles durent plus longtemps. Mais, c’est ce qui fait leur magie, un nombre d’épisodes réduit, une histoire bien écrite, des acteurs de prestige, c’est très frustrant. Mais, j’ai trouvé la solution : la regarder encore une fois presque dans la foulée. Je finis ce repas, je vous offre un flocon d’Ariège et en attendant le Père Noël, je pars retrouver Frances McDormand, Richard Jenkins et Bill Murray pour un deuxième visionnage d’Olive Kitteridge. Par ailleurs, je suis bien content que SyFy se réapproprie les mini-séries de SF/fantastique. J’ai grandi avec elles et c’était génial. Depuis quelques années, elles me manquaient terriblement …
Porosité grandissante entre cinéma et séries
ILTVSW. 2014 n’a-t-elle pas été l’année où l’on a découvert que la writing room n’était pas la solution à tous les problèmes sériels ?
Alix. Sincèrement, je ne sais pas. On compare beaucoup les budgets, les modes d’écriture, les nombres d’épisodes. Malgré ça, je vois que dans tous les clans, il y a des merveilles et aussi des projets moins réussis. Quelques séries écrites par un auteur, tournées avec un réalisateur, nous ont surprises cette année. Mais une writing room peut produire des grandes séries surtout si elles ont beaucoup d’épisodes par an, si on ne veut pas attendre 3 plombes entre chaque saison … mais pour ça il faut quand même un(e) showrunner à la barre pour créer une cohérence, une vision directrice.
Cécile. J’avoue ne m’être jamais vraiment posé la question parce que la série comme le cinéma est le résultat d’un tout. Le scénario, les dialogues sont importants mais tout autant que l’interprétation et la réalisation sans oublier le montage et la musique. Si l’un de ces éléments est mal dosé, mal appliqué, ça ne fonctionne mal, voire pas du tout.
Livia. La writing room n’a jamais été qu’un modèle parmi d’autres et n’a jamais constitué la solution miracle, garantie de réussite d’écriture. C’est certainement une solution qui est particulièrement appropriée pour un format long, avec des saisons comportant un nombre d’épisodes important. Mais dans le même temps, on peut aussi constater qu’un modèle qui repose sur les épaules d’un auteur –ou de quelques auteurs se répartissant la tâche- peut fonctionner aussi et a également fait ses preuves, avec succès. Ce dernier modèle est sans doute plus adapté à un format court, notamment l’hypothèse d’une mini-série ou de saison courte – type Angleterre. Dans ce pays, certains cumulent avec réussite les casquettes de créateur/scénariste/réalisateur (Stephen Poliakoff, Peter Kosminsky…) pour des productions événementielles. En 2014, The Honourable Woman, coproduction anglo-américaine BBC2/Sundance Channel, a permis de jeter un éclairage sur ce modèle créatif, mais Hugo Blick, deux ans auparavant, avec The Shadow Line, avait déjà tout aussi (je serais tentée de dire « plus ») brillamment mené à bien cette entreprise. De manière générale, les mutations que connaît actuellement le marché de la fiction expliquent aussi sans doute que les recettes créatives, sous diverses influences, évoluent. La porosité grandissante cinéma/séries avec ceux venus du premier univers qui importent un certain savoir-faire qu’ils adaptent ensuite au format sériel, est par exemple un facteur qui peut conduire à repenser le processus créatif. Et puis l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché des séries y contribue aussi, car ils n’ont pas les mêmes charges à respecter. Mais la problématique est sans doute plus vaste : 2014 a permis de jeter un éclairage particulier sur l’influence que peuvent avoir les évolutions des modes de consommation et des acteurs producteurs de séries sur les modèles de savoir-faire créatif. L’écriture est un enjeu parmi d’autres. La place du visuel a aussi fait parler d’elle, avec toute la question de l’investissement que l’on est prêt à y mettre, je pense ici à The Knick.
Yann.Oui, il me semble que la tradition du collectif de scénaristes est remise en question ! Je crois aussi que dans son désir d’attirer toujours les meilleurs talents, le stade ultime du succès de l’univers sériel sera de séduire les écrivains. Aujourd’hui, les cinéastes ne rechignent plus à oeuvrer pour les séries et les romanciers devraient pouvoir s’y exprimer aussi. Or, ces derniers sont d’authentiques loups solitaires ! Nice Pizzolatto avec True Detective a ainsi fait sensation cette année. Signer une saison complète à lui tout seul pour une oeuvre remarquée de surcroît, ce n’est pas anodin !
Stéphane. Cette question dépend surtout de la longueur de la série. Si c’est une série courte, je trouve qu’avoir une vision unique, une seule écriture est plutôt une bonne chose sans être forcément une obligation. Pour une série plus longue avec une vingtaine d’épisodes par saison, avoir une writing room est obligatoire malgré les inconvénients. Mais ce que j’aime vraiment dans une writing room, ce sont les différents styles apportés et la richesse des thématiques abordées par les scénaristes. Un exemple : j’aime la série Elementary créée par Robert Doherty, j’aime ce que le showrunner propose avec sa série. Cependant, je pense que les meilleurs épisodes du show sont écrits par Craig Sweeny (un ancien de Medium dont j’adorais les scénars déjà à l’époque).
ILTVSW. Alors, alors Netflix en France finalement c’est vraiment le père Noël des sériephiles ?
Alix. Oui et non. Oui parce que la force de Netflix c’est qu’ils veulent toucher tous les publics avec des projets segmentants. N’ayant pas de grille de programme, l’important n’est pas que celle-ci soit cohérente. Ils peuvent produire beaucoup de séries, chaque public les regardera à l’envie en son temps et à son heure et c’est comme ça que Netflix est partout à la fois. Plus de nécessité de plaire à tout le monde, puisque chacun fait ce qu’il veut. C’est fantastique. En attendant, leur liberté est presque totale au niveau de la production de séries originales, de nouveaux formats et pour l’instant cette liberté est encore sous-utilisée. J’espère que les années futures verront Netflix et Amazon en profiter bien plus pleinement, pour que ce soit Noël tous les jours.
Cécile. Comme sans doute à peu près tout le monde, j’ai testé le premier mois. Sans reconduire parce que j’ai déjà vu les séries qui s’y trouvent et que Netflix ne répond pas à ma fringale quotidienne, ce que le téléchargement fait très bien. La seule chose qui a vraiment retenu mon attention c’est l’intégrale de Farscape que l’on ne trouve pas en DVD. Après il faut avouer que c’est bien foutu et fluide mais niveau catalogue, c’est peu engageant surtout par rapport à la version US.
Livia. J’ai déjà des mois, voire des années (!), de séries en retard, mises de côté, et de coffrets DVD achetés et non visionnés que je rêve de pouvoir découvrir (car un sériephile ne vit pas seulement au présent : il y a aussi toutes les incontournables d’un passé parfois même assez lointain qui l’appellent). Par conséquent, pas d’abonnement Netflix en ce qui me concerne. Mais c’est une offre légale que j’aurais adorée avoir à disposition il y a 10 ans … quand j’avais plus de temps à consacrer aux séries (et que l’on se construisait son binge-watching dans son coin). Netflix, sur le principe, c’est donc un père Noël … qui doit quand même encore enrichir et diversifier son catalogue, notamment en permettant de découvrir des œuvres jusqu’à présent difficiles d’accès.
Yann. Ce n’est pas forcément le cadeau parfait pour le sériephile. Les limites du catalogue se font sentir et, depuis environ trois mois, il a peu évolué (surtout sur la partie séries). Les “créations maison” sont très spécifiques et Orange is the new Black serait presque l’arbre qui cache la forê t…Toutefois, l’outil est désarmant de simplicité. J’ai jusqu’ici une expérience utilisateur excellente et … je dois l’avouer, j’ai bien failli succomber au binge-watching !
Stéphane. Netflix propose des séries impressionnantes avec de grands noms du cinéma et de la télévision mais aussi des anciennes séries et rien que pour ça, je dis oui. Mais bon, je ne suis pas abonné et je ne pense pas le devenir … dans l’immédiat.
ILTVSW. Que pouvons-nous nous souhaiter pour l’année à venir devant nos écrans ?
Alix. C’est comme les bonnes résolutions ma brave dame, mon souhait est le même tous les ans, de l’audace, encore de l’audace et toujours de l’audace ! Que nos héroïnes et nos héros changent de décors, de professions, d’espace temps …
Cécile. A l’échelle personnelle, de rester mesurée dans ma consommation sérielle et de continuer à échanger avec ma twitto-sphère. Je nous souhaite de prendre toujours autant de plaisir et de continuer à vivre de belles émotions.
Livia. Des séries, et encore plus de séries … diversifiées, de qualité … pour tous les goûts ! Des séries courtes pour certains sériephiles, longues pour d’autres. Des séries qui nous entraînent vers de nouveaux horizons et qui se font exploratrices, et d’autres qui se réapproprient et déclinent au contraire des recettes autrement plus traditionnelles mais devant lesquelles on prendra tout autant plaisir à s’installer.
Yann. Je souhaite que nous ayons une série aussi réussie que populaire sur les networks à mi-saison, pourquoi pas Wayward Pines ? J’attends beaucoup de Red Oaks sur Amazon dont le pilote était délicieux. Et puis si True Detective et The Knick pouvaient confirmer, je serais comblé !
Stéphane.De l’audace ! De l’audace ! De l’audace ! Je veux de l’audace dans les séries, dans le propos et les histoires comme dans Person Of Interest ou The Good Wife ou encore The Honourable Woman. De l’audace visuelle comme dans The Knick ou True Detective. Sinon, je nous souhaite d’être tous surpris en 2015 !
Merry Christmas !!!
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